tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

27 février 2008

de femme en filles


DSCN3207DSCN3209DSCN3214DSCN3216                                                                                                                                                                                                           c’est comme une boucle » lui avait dit une amie en la voyant avec ses filles. A l’époque, madame L n’avait pas trop bien compris, à part que c’était gentil. Et puis de jour en jour, en regardant ses filles grandir, elle voit ce que son amie voulait dire. Le cycle de la féminité jamais cassé. Une jeune fille, une adolescente où elle surprend quelquefois, le jeune femme en devenir, et sa petite sœur, petite fille qui rêve à quand elle sera « maman, danseuse et photographe » et qui cherche dans chaque geste de sa grande sœur, les signes d’une féminité qu’elle pourrait un jour s’approprier.
Et puis elle, madame L, maman de ces deux là, Une femme qui se souvient de ses quatre ans, de ses treize ans et qui regarde ses filles tracer leur voie, qui essaie de leur donner quelques clés sans trop les brider. Mais il ne faut pas non plus exagérer, la femme ici, c’est encore elle.
Maman de filles, elle l’avait rêvé et elle y est. Deux demoiselles qu’elles regarde se chercher, se trouver, se chamailler aussi comme si tout d’un coup les neuf ans d’écart entre elles s’étaient envolés. Deux filles qui la regardent se maquiller, comme elle aimait tant regarder sa mère se faire belle en attendant la baby-sitter.
Et madame L qui voudrait tant être tranquille dans sa salle de bain, mais qui ne résiste pas au "toc toc » de ses filles qui ont justement, là maintenant, quelque chose de très important à lui dire. Mademoiselle Joséphine qui choisit ces moments d’intimité pour venir discuter de sa vie, de la vie et de philosophie, mademoiselle Blanche qui demande si « exceptionnellement » elle peut regarder sa maman s’habiller. Bon d’accord, pour cette fois. Mais madame L déteste qu’on lui parle quand elle se met du crayon « tu me le prêteras ce rouge à lèvres quand je serai grande, après ?».
Il y a aussi ses petits moments sans elle. Complicité de sœurs, admiration sans limite d’une petite fille pour une plus grande, quand même encore un peu enfant « puisqu’elle se fait encore disputer par les parents ». Alors quelquefois, une bouffée d'émotion la surprend. Encore dix-huit mois et la grande partira, vivre sa vie plus loin. Il faudra expliquer à Mademoiselle Blanche qu'on peut être loin et s'aimer encore fort. Et puis dix-huit moins c'est dans très longtemps aussi. On verra à ce moment là. 
"Joséphine m’a dit.."de plus en plus entendu ici. Et à chaque fois, qu’elle surprend cette phrase, madame L comprend encore mieux ce que son amie voulait dire. Satisfaction pour l ‘une d’être admirée par une petite sœur fascinée et cadeau pour l’autre d’avoir d’autres repères que ses parents. Un cadeau pour l’une et pour l’autre. Et un cadeau pour elle, de voir une relation se tisser, même quelquefois contre elle, au delà d’elle. Alors rêver que cela restera, même après elle.

merci les filles, je n'ai pas d'autres mots que celui-ci.  Et pour l'instant, l'histoire continue soir après soir.

Madame Chiffon7, je ne vous connais pas, je ne sais pas qui vous êtes. Alors il n'y a qu'ici que je peux m'adresser à vous. Votre histoire hier, laissée en commentaire,  était un bijou. Je me suis envolée avec vous en Alaska, du nord au sud de l'amérique, et avec vous, j'ai perdu mon doudou. Une merveilleuse histoire, si joliement racontée, une histoire vraie qu'on a envie de lire à ses enfants, à soi aussi, avant de s'endormir.

Posté par marionl à 15:16 - jour après jour - Commentaires [56] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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