tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

24 février 2008

du soleil

SANY0050SANY0054SANY0057SANY0067                                                                                                      Un petit supplément de vacances, un avant-goût de beaux jours où le soleil rend la vie évidente et légère. Et tout d’un coup, on retrouve les habitudes des matinées ensoleillées. Un café qui se prolonge avec une amie venue passer la nuit avant de repartir à Paris,  des choses à se raconter, des vies qui se retrouvent,  les chevaux qu’on appelle et qui viennent au galop, le potager qu’on a tout d’un coup envie de débroussailler. Ce matin, madame L a plongé sa main dans la menthe poivrée. Elle avait résisté à l’hiver, à côté du petit laurier, maintenant bien enraciné.
La terre était souple et la première ronce est venue toute seule, sans qu’elle ait besoin de trop tirer. Puis le deuxième pied, plus difficile à enlever, mais la racine n’était pas assez profonde pour lui résister. De ronces en orties, elle s’est mise à tout arracher, vouloir nettoyer, retrouver le potager. Sentir quelquefois les épines qui traversaient les gants usés, jurer, mais continuer, avoir envie d’avancer. Chaque année, elle devait reprendre le combat contre les rhizomes et les racines  qui ne s’avouaient jamais battus, qui s’enracinaient jusque dans les pierres du muret, derrière les pots, au milieu des rosiers.
Ce matin, elle avait la nature pour elle, la terre meuble et le soleil et les jeunes pousses des nuisibles pas encore assez fortes  pour longtemps lui résister.
Replonger les mains dans la terre, dégager  de qui avait résisté à l’hiver et pendant que les enfants jouaient, retrouver l’essence de cette vie choisie. C’était là qu’elle devait être, avec monsieur L qui l’avait rejointe. Un tout petit potager qui ne donnait encore presque rien, dont on finirait par être fier, c’est certain. Les mains gantées, les genoux pliés et le dos courbé, elle pensait à ceux qui se demandait encore ce qu’elle était venue faire ici, la soupçonnant même à demi mots d’idéaliser cette vie au vert. Ils n’avaient qu’à venir, ce matin, avec elle, se plonger les mains dans la terre, chercher les racines  et les arracher. Se sentir là, exister. Ils comprendraient.
L’origan repartait, le thym était plus beau que jamais et le chèvrefeuille était tellement fourni qu’il commençait à ployer. Cette année, on aurait peut être plus de temps à consacrer à ce petit lopin. Des petits carrés bordés de pierre qu’il faudrait regarnir. L’aneth avait disparu, la sauge n’avait pas beaucoup aimé l’hiver mais elle allait repartir, comme les fraisiers.  On mettrait de la coriandre. Fraîche, c'étaitl’herbe préférée de madame L. elle aimait  le petit frisson qui l’envahissait quand elle mâchait une des feuilles de cet exotique persil. Bientôt, elle pourrait s’allonger dans l’herbe fraîche, à la fin de journée,le dos et les genoux perclus des douleurs de jardiniers du dimanche, et s’assoupir, bercée par les parfums mélangées de son petit potager.
SANY0072SANY0075

Posté par marionl à 15:50 - jour après jour - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1