tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

15 février 2008

bruxelles

P1000594P1000605P1000606P1000608Bruxelles quand même. Même très fatiguée, madame L avait tellement envie d’y aller. Alors ils sont partis, juste avec Monsieur Marcel. Pour une toute petite journée, réduite à un après-midi,  dans les rues de Bruxelles. Juste avant de partir, madame L avait émis l’idée qu’ils auraient peut être du renoncer. Mais renoncer, elle ne sait pas encore le faire.

A l’arrivée, le froid les a saisis. Après ces quelques jours de printemps en plein mois de février, c’était dur de revenir à l’hiver. Epais brouillard et envie de thé brûlant.

Serré dans son écharpe, monsieur Marcel avait le nez rougi. Il était affamé.

Place du grand sablon, place du jeu de balle, entre antiquaire et brocanteurs, des cabinets de curiosités entrevus et madame L qui aurait tant aimé s’arrêter, si elle avait été en forme, si par moment, elle n’avait pas senti le sol tanguer sous ses pieds. On reviendrait. Pour l’instant, il était quinze heures et il fallait trouver où manger. La cantine en ville. On leur avait indiqué, La cuisine était fermée mais il restait du potage et de grosses assiettes de fromage. Exactement ce qu’il fallait. Bouillon de chicon et camembert. Et monsieur Marcel enfin rassasié. Joli endroit. On pouvait se croire au bord de la mer. De l’autre côté de la fenêtre, on aurait pu voir une photo d’Harry Gruyaert. Ces images de  grande plage du nord aux couleurs à la fois bien là et quand même un peu passées.

Madame L se sentait prête à affronter le froid. Place des sablons. Et un grand magasin très chic, gris, taupe, et vert de gris, jolies couleurs et meubles très bien élevés, juste un peu trop bien élevés pour leur donner envie. Direction Emery and cie, le magasin, dont on leur avait parlé, qu’on leur avait recommandé et qu’il ne fallait pas rater.

Un endroit magique derrière une vitrine ordinaire.  Décor d’un conte, théâtre d’un film inquiétant, une majestueuse verrière et un escalier magistral, une enfilade de pièce derrière de grandes baies vitrées, des couleurs sombres, sourdes et chaudes, des carreaux de ciment, de la vaisselle marocaine et du rêve plein les mirettes de madame L qui ne savait plus où regarder. Monter descendre, se perdre et s’écrouler sur un canapé. Un endroit tellement fascinant qu’on en oublie qu’il y a aussi un prix sur les objets.

Il se faisait un petit peu tard et madame L avait envie d’aller prendre son thé au dernier étage de la bâtisse art nouveau, ancien paquebot « Old England » devenu musée. On est reparti pour affronter le vent sur la grande esplanade du musée , arrivés tellement contents de pouvoir se réchauffer et de rentrer dans ce bâtiment si beau. Fermé à 16h15. Dommage. On reviendrait, mais au printemps, ou en été. Ou en hiver mais beaucoup plus couverts.

Un autre jour, ils auraient traîné, ils se serraient arrêtés dans les petits passages, se seraient perdus dans des rues inconnues mais sous les pieds de madame L, le sol se remettait à tanguer. Même pas la force de jeter un œil à la grand Place.  Elle avait voulu revoir Bruxelles, elle avait revu Bruxelles mais dans la voiture, en rentrant, elle a reconnu que venir, ce jour ci, ce n’était peut être pas une bonne idée.

C’était hier. Aujourd’hui, elle a la tête pleines d’images, des images très belles sans véritables liens entre elles,  souvenirs ouatés, qu’elle garderait toute une année, au moins. Assez de belles images et de tentations inassouvies  pour avoir envie de revenir, plus longtemps et sous un autre temps.

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Posté par marionl à 16:39 - jour après jour - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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