04 février 2008
du style, des rayures et des fleurs



« T’as vu maman comme je suis belle ». Une jupe arrivée de chez maminou, un tee-shirt ramené des Etats-unis par les cousins américains et un colllant à rayures de toutes les couleurs, mademoiselle Blanche avait choisi toute seule sa tenue ce dimanche matin. « Pas de pull, je n’en ai pas qui va avec tout ça ». Jupe d’hiver et petit haut léger, elle était très fière de sa petite tenue bricolée. Elle pouvait descendre l’escalier la tête haute, comme dans un défilé, vu le temps qu’elle avait passé devant son armoire à chercher ses vêtements préférés pour la journée, madame L espérait au moins que la petite fille se plaisait. « je n’aurais pas choisi ça mais pourquoi pas », Madame L se demandait si elle aurait du dire cela. Après tout, à bien y regarder, il y avait du style dans cette silhouette là. Et peut être même qu’un grand couturier aurait pu l’imaginer. Mademoiselle Blanche y avait mis tant d’application et en plus, pour une fois, elle n’avait pas entièrement vidé le contenu de son placard pour trouver sa tenue de la journée.
Si la mère de madame L était là, la maminou « pré-citée », elle lui rappellerait que, petite fille, elle était capable de sortir avec une serviette de table encore nouée autour du cou ou avec son pantalon de pyjama jusque parce qu’elle se trouvait belle avec ça. Ces petites créations maison, ces heures passées devant ses étagères à chercher ce qu’elle voulait enfiler, madame L en gardait un souvenir attendri. Elle avait dû affronter les moqueries, les petits copains de l’école pas toujours sensibles à ces créations, mais elle avait longtemps« persisté » dans l’originalité, comme disait sa maîtresse préférée, avant de se remettre dans le rang.
Comment faire aujourd’hui pour éviter à sa petite fille d’affronter les colibets tout en respectant, en encourageant ses envies de liberté, ses petites créations à elle aussi. L’intérieur d’une armoire, ce qu’on y choisit, c’est beaucoup plus que ce qu’on peut croire au départ.
Alors pour l’instant, madame L avait décidé que le week-end, c’était « figures libres » autorisées dans la maison, et même dehors s'il ne faisait pas trop froid. mademoiselle Blanche prenait tant de plaisir à se faire belle pour sortir. Et pour les jours d’école, elle se donnait le droit d’intervenir dans le choix des robes et des pantalons. On discuterait au moins, discussions de plus en plus agitées au fur et à mesure que le temps passait et que la petite fille grandissait. Mais pour l’instant, mademoiselle Blanche et sa mère arrivaient toujours à se réconcilier autour d’une petite robe et d’un collant. Avant de passer aux chaussures, babies ou bottes, « et si je mettais mes tennis… oranges c’est joli avec ces rayures là ! ». Avec le petit manteau à fleurs, ce sera vraiment parfait. 








