25 janvier 2008
Marguerite D.
Marguerite D vient de fêter ses quatre-vingt treize ans. Elle a un fils, le père de madame L. Marguerite D n’est pas une grand-mère gâteau, pas une grand-mère câlin.
Quand elle emmenait sa petite fille chercher le pain, elle lui serrait la main, les doigts serrés tellement forts qu’il y avait une trace après.
Marguerite avait cinq ans quand sa mère est partie. Partie pour Paris. Elle n’est plus jamais revenue. Fille unique, elle a aimé l’enfant de cœur qui l’avait baptisée. Lui était enfant de l’assistance publique, ils se sont mariés et sont devenus instituteurs, laïcards forcenés.
Marguerite n’a eu qu’un fils. Elle n’en a pas attendu qu’un. Plusieurs fois enceinte. Les enfants n’ont pas survécu. Fille ou garçon, combien de temps ont ils vécu, leur prénom, madame L ne le saura sûrement jamais. Marguerite ne veut pas lui en parler. Toutes ces bribes d’informations glanées, ce n’est pas sa grand-mère qui les lui a données.
Un jour pourtant, un colis est arrivé chez madame L, un petit cadre au point de croix pour la naissance de mademoiselle Blanche. Derrière la toile, la trace de quelque chose cachée. Des photos de Marguerite et son bébé, le père de madame L . une mère qui sourit, une mère ordinaire comme madame L n’avait jamais imaginé sa grand-mère.
Alors Madame L a saisi l’occasion pour lui écrire une lettre. Elle lui disait qu’elle aurait bien aimé connaître toute l’histoire de ses enfants attendus, y en a-t-il, comme on le lui a dit, inscrits sur la carnet de famille ? A quoi n’avaient ils pas survécu ? Elle aurait aimé savoir parce que c’était aussi un peu son histoire. Ce sang là coule aussi dans ses veines, et dans celle de ses enfants.
Marguerite ne dirait rien. Dans la réponse qu’elle a envoyée à sa petite fille, elle parlait de son mari « le seul qui savait et le seul qui saurait, à jamais ». Il était mort quelques années avant.
Alors Marguerite D, continuerait à tricoter pour ses petits enfants, pour leurs enfants, tricoter sans jamais s’arrêter, mais de son histoire, elle ne dirait rien. Elle partirait avec ses secrets.
Et madame L continuerait à vivre avec cette boîte vide.
Ce n’est pas son tableau préféré. Mais devant, elle se sent toujours tellement troublée. Madame L s’est toujours sentie attirée. Au milieu des champs labourés, il y a d’elle. Pourquoi, elle était incapable de l’expliquer. C’est L’angelus de Millet.
Un jour,il n’y a pas si longtemps, elle en a entendu la vraie histoire de ce Millet. A la place du panier, il avait d’abord peint un enfant mort. Madame L a senti le sol se dérober sous ses pieds. Un de ces moments où l’on a presque peur de soi parce que ces choses là, qu’on avait jamais entendues, on les savait déjà. D’abord impossible de respirer, étouffée par la terre noire qui s’était si souvent collée à ses pieds. Puis elle est ressortie du trou qui s’était creusé, à la force des poignets, agrippant la terre, elle a repris de l’air et s’est relevée. C’ était redevenu léger, encore plus léger. Quelques jours plus tard, elle apprenait que l’Angelus de Millet était le tableau préféré de son père. Il ne lui en avait jamais parlé.
Commentaires
tu es boulversante aujourd'hui.
je t'embrasse
Celle des nounours ?
wouaaa
mais je vous comprends !!!!
c'est très déroutant...!mais laisses place à ton imaginaire.
Bises Virginie.
Bonjour,
Petite nouvelle sur ton blog, j'apprécie l'atmosphère apaisante qui s'en dégage....
Cependant, quel trouble à la lecture de ce texte....
Merci pour l'éclairage relatif au tableau de Millet que je ne pourrai effectivement plus regarder avec le même oeil......
c'est tres troublant cette histoire et ce tableau.
Je te comprends, vivre sans savoir doit être vraiment pénible...
Mais le plus important c'est aujourd'hui, pas hier...
ce soir cette note me donne des frissons..
j'espère que la grand mère parlera au moins à son fils!
bonsoir Madame L!
Ton histoire me rappelle le travail de Tracy Chevalier dans son roman, la vierge en bleu, et ce mélange d'un passé inconnu qui hante la narratrice par des sensations, des images...J'aurais très envie de lire la suite de cette histoire.
Très émouvant .... Merci ...
Transgénérationnel
Etonnant... les histoires de familles sont fascinantes, et encore plus ce que l'on ne sait pas. Ma tant a passé sa vie a rechercher sur cette thématique, le Transgénérationnel et le fait que sans savoir tout se transmet. Son livre sur le sujet a un titre un peu lourd, "Comment Paie-T-On Les Fautes De Ses Ancêtres ? - L'inconscient Transgénérationnel" (Canault, Nina). Je ne l'ai pas lu personnelement parceque trop proche de moi... mais le sujet y est bien traité parait'il...
Encore un billet très inspirant, merci madame L.
Je voulais aussi dire a Joséphine (avec un billet de retard, et tout est surement deja oublié ;)) que tant qu'elle aura cette originalité dans son coeur et autour d'elle, elle sera forcemment jalousé. Mais avec le temps, elle en tirera une force ! courage
on dit toujours qu'un secret de famille laisse des traces et qu'on le ressent d'une façon ou d'une autre. j'ai bien l'impression qu'il se manifeste chez toi à travers ce tableau...
parce que les secrets ont une vie propre, même si on veut les taire à jamais: rien ne s'oublie, rien ne se perd...
peut-être un jour ;)
quel passage quand "le sol se dérobe..."jusqu'à la fin!
tant de mystère, de non-dits déjà compris, ressentis...
mais la ressemblance de M. Aimé avec son grand père n'est pas un secret... il y a le même sang dans leurs veines !
très beau post, je me régale de tes petits mots journaliers... merci
Donc je ne suis pas la seule à l'avoir constaté,
la ressemblance d'Aimé et son grand père !!!
Troublant le secret de famille de Marguerite... les secrets de famille le sont toujours un peu... pourquoi ? comment ? qui ?
A l'époque on ne disait rien... et Marguerite est certainement trop âgée pour changer...
Mon papa aussi pense qu'il a un frère ou une soeur quelque part... chaque mois de l'argent s'envolait du compte de ses parents. Sa maman en parlait souvent, criaut après son Mari... mais mon papa n'en a jamais su plus... et il en restera toujours ainsi... secret de famille...
Les secrets de famille sont toujours lourds à porter Marion. Votre grand mère doit avoir le coeur lourd de tout cela et elle parait surement un peu dure à cause de ce chagrin qu'elle porte en elle.
Et merci pour l'explication sur l'angelus de Millet.
La bise à toute la famille L
Maud
Les secrets de famille sont toujours lourds à porter Marion. Votre grand mère doit avoir le coeur lourd de tout cela et elle parait surement un peu dure à cause de ce chagrin qu'elle porte en elle.
Et merci pour l'explication sur l'angelus de Millet.
La bise à toute la famille L
Maud
vous avez son regard.....bises
Que dire Marion, je suis troublée par ce récit.
Ton mot du jour est touchant, troublant, et en même temps si proche de beaucoup de non-dits dans les familles. C'est certainement pour cette raison justement, que c'est touchant...
je suis aussi troublée par ce texte...il remue en moi plein de choses qui ont trait à mon histoire, celle de ma famille...et plus universellement, à ces secrets que les personnes âgées gardent jusqu'à la tombe, et qui se transmettent de manière inconsciente dans les gênes.
J'ai jamais aimé ce tableau...et encore moins maintenant que je connais son histoire.
Par contre, j'aime toujours autant tes jolis mots posés avec délicatesse et tendresse.
Je suis encore tres troublée et tres émue de votre histoire de ce soir. La vie est parfois un lourd secret. Mais que tout ceci doit etre difficile a vivre au quotidien pour votre grand mere.
beautiful blog!
Hello.....
I love your blog.....especially seeing the pictures of your children. They are so sweet and happy looking. It looks like you have a wonderful life together. Thank you for brightening my day so many times!!
Debbie
ce tableau de Millet, ma grand-mère l'a fait en canevas, il est accroché dans son salon. Quand je le vois, je pense à elle et à sa vie de petite fille dans une ferme.
étonnant,
j'avais une vision plus lisse, plus beige-doré de ce tableau. Ton post me fait le regarder differemment, d'une façon plus humaine, plus touchante...
la vie était rude autrefois
j'ai réalisé il y a peu que la contraception n'a été légalisée qu'en 1967 !
oui oui légalisée !!!
Elle est belle cette photo...je crois aue toutes les familles ont des secrets, tres secrets que l'on espere toujours comprendre...et le fluide qui nous fait deviner certaines choses me fait tujours in peu peur moi qui n'en suis pqs demunie a mon grand tourment...je suis peureuse!!
Secret de famille , douleur que l'on voudrait cacher et qui pourtant nous marque même silencieusement , même inconsciemment presque insidieusement ... j'aime ces "petites" coïncidences , ces petites choses inexplicables que l'on sent sans pouvoir vraiment les raconter ... j'aimerais savoir écrire mme vous le faites Madame L. ... cette histoire - encore !!- est touchante , troublante ... encore je reviendrais !!
on a tous des secrets de famille
Bien sur que c est lourd pour vous de ne pas savoir mais c est un choix fait par une dame qui a souffert... bc .. souvent... peut etre est ce sa facon de ne plus se sentir si blessee, si triste de ces pertes.. moi aussi j ai un secret de famille que je ne devoilerais JAMAIS a mes enfants et parents ... mais c est un choix.. peut etre egoiste mais s il se revelait ce serait un coup de poignard dans ma vie... alors c est mon choix ... c est son choix.. aussi difficile soit il pour vous... au moins vous avez l esprit plus tranquille qu elle.
Et si cela vous est tant important demandez lui de l ecrire pour que vous puissiez le lire a sa mort... je ne l ai pas fait Encore , j y pense.. Bon courage.........
ce tableau..sur un service à café...que maman cherit plus que tout...souvenir? histoire? secret?en tout cas ce service fait parti de mon univers...présent...sans savoir pourquoi?!
que j'hériterai un jour!!!!
Quand j'ai lu le titre, j'ai pensé qu'il s'agissait de Marguerite Duras et comme elle est autant aimée que détestée, j'étais curieuse de lire votre récit .. Et non, j'ai alors vu la photo, puis le texte . Il m'a bouleversée, c'est très évocateur de secrets de famille, d'autres grand-mères qui ont eu une vie sans doute très difficile, au-delà de ce qu'on peut imaginer . Detruire, dit-elle .......
Si lourds secrets...
Rien n'existe pas hasard!!! C'est incroyable comme nous ne sommes jamais surprises dans ce genre de situation... Et a quel point il est important de transmettre son histoire avant de s'en aller... Car l'histoire de nos ancêtres nous explique tellement de choses!!! Nous sommes tous nourris de tout ses messages aussi implicite soit-ils!!! Voilà un beau tableau, et de si lourds secrets!!!
c'est donc ton père ce jeune garçon... c'est drôle je viens de finir de lire et je pense à ma grand-mère maternelle morte alors que j'avais 16 ans... tant de secrets emportés, trois enfants de père différents, et qui sait peut-être d'autres... je me suis rendue compte à l'occasion d'un anniversaire pour lequel je cherchais des photos de famille que nous ne devons pas en avoir plus de 4 ou 5... secrets emportés, image effacée ou presque... elle s'appelait Léa...
qu'il est beau ton texte. et bouleversant ce tableau...
Il y a un air de famille dans ces deux regards ;-)
Le sol qui se dérobe, je crois savoir de quoi il s'agit, et la légèreté après, quand on a compris, ne serait-ce qu'une toute petite partie.
Secret de famille, ou secret de soi, de ce qui constitue notre être...
Il y a un air de famille dans ces deux regards ;-)
Le sol qui se dérobe, je crois savoir de quoi il s'agit, et la légèreté après, quand on a compris, ne serait-ce qu'une toute petite partie.
Secret de famille, ou secret de soi, de ce qui constitue notre être...
troublant!
je reviendrais lire demain matin!
C'est très troublant en effet...ces non-dits qui font vaciller...leur manière de se révéler à nous peut-être...
ces lourds secrets qui nous font vivre aujourd'hui...je suis bouleversée par ton histoire !!
Marion, j'ai été très émue en te lisant tout à l'heure. Et puis je viens te relire avant d'aller me coucher car, même si tu postes dans l'après-midi, tu restes le meilleur fournisseur d'histoires du soir de la blogosphère !
Je crois qu'il faut respecter son silence. Elle met sans doute aujourd'hui une certaine fierté à penser qu'elle emportera avec elle son secret. Elle a tenu les années les plus difficiles, pourquoi parlerait-elle à présent ? La mort d'un enfant (a fortiori de plusieurs) est à mon sens l'épreuve la plus terrible (même si on ne compare pas les douleurs, évidemment...). Sa souffrance, elle l'a partagée avec son époux, à défaut de pouvoir partager l'éducation de ces bébés partis trop vite. Ils se sont soudés aussi autour de ces deuils.
Respectons leur souffrance et leur silence. Puisque de toute manière, nous savons, intuitivement.
Bonne nuit.
Incroyable ces transmission...
J'ai fait raconté leur vie à mes deux grands-mères, j'ai pris des notes , je ne sais pas où sont ces notes , je ne pensent pas qu'elles soient perdus ; mais je crois que je les ai volontairement égaré car très lourdes.....
Inconsciemment, on sait ! Toujours !
Comme c'est difficile de devoir ne pas avoir de réponse à ses questions... N'attends pas qu'elle soit partie pour toujours... essaie de savoir, encore et toujours...
Ton texte d'aujourd'hui me touche beaucoup. Je fais de la généalogie. Je crois que cela a quelque chose à voir avec ça...
je cherchais son nom, merci Laura
tu l'as peut être lu mais le livre de Nina Canault est passionnant ...
Si tu ne l'as pas court l'acheter "comment paie t' on les fautes de ses ancêtres "
ça va beaucoup te plaire .
Enfin je crois ...
"Un de ces moments où l’on a presque peur de soi parce que ces choses là, qu’on avait jamais entendues, on les savait déjà"
qu'ajouter ?
Photo.....
Quand j'ai vu la photo..., avant de lire le texte, j'ai cru que monsieur L s'était, en bon photographe, amusé à insérer avec talent son fils dans une vieille photo anonyme.....
Après avoir lu, je me suis replongée dans "Aïe, mes aieux" de Anne Ancelin Schützenberger....
Colette L
A toute époque ce sont des choses tellement sensible la mort d'enfants, nés ou pas encore d'ailleurs ! Ma mère a fait deux fauses couches après moi, mais douloureuses, tardives à 6 mois et à 7 mois… Et bien je ne l'ai su qu'il n'y a qu'une dizaine d'années par une cousine qui pensait que je savais !!!
… Tu ressembles bcp à ta grand-mère…
ton histoire est grave, troublante et terriblement touchante.. une hsitoire qui parle de secrets, de terre mêlée de sang, de souffrance tue. et ton père t'as t il déjà parlé de ce qu'il aimait tant dans ce tableau? Est ce la peine presque assumée et finalement grossièrement voilée?
Moi je pense qu'il aurait été, peut-être, plus facile à ta grand-mère de répondre à tes questions si tu lui avait demandé oralement et non pas par l'intermédiaire d'une lettre... Je sais qu'il est plus facile de communiquer/s'exprimer/oser par écrit mais rien de remplace la parole ! Si j'avais un secret à transmettre je prefèrerais le faire en regardant la personne dans les yeux pour vérifier qu'elle comprend, pour voir se qu'elle ressent... car par écrit une lettre peut être retrouvée et lue par n'importe qui...
Enfin c'est que je crois, je me trompe peut-être...
Ton passage "D’abord impossible de respirer, (...) et s’est relevée" me fait penser à un accouchement.
Les transmissions inconscientes de secrets de famille...Je ne sais pas trop qu'en penser...ça me trouble et ça m'inquiète. C'est trop lourd à porter...Il est beau ce texte Marion. Mais il y a de la souffrance dedans. Celle de ta grand-mère, celle des non-dits, la tienne aussi peut-être.
Je ne savais pas pour l'Angélus. Merci de cet éclairage nouveau.
Ton billet est littéralement envoûtant aujourd'hui. J'aurais voulu qu'il ne s'arrête pas.
des secrets qu'on imagine peut être plus lourds que la réalité...
ton post est magnifique!
Ah, ces secrets de famille qui obsèdent et gâchent la vie, j'en sais quelque chose !
Je lis tous tes messages. A demain.
Je découvre ton blog par Line, puisqu'elle m'a envoyé le lien de ce sujet dont tu parles aujourd'hui.... si tu savais combien il m'interpelle au plus profond de moi, puisque tout m'est revenu en mémoire comme une évidence, cet héritage familial dont ma fille n'est pas responsable mais dont elle subit quand même les contrecoups, des choses avec lesquelles je vis depuis presque 40 ans, bien enfouies au fond de ma mémoire, des questions sans réponses....
Ton texte est très émouvant, c'est un plaisir de te lire, j'ai parcouru d'autres billets sur ton blog et me voilà devenue une de tes nouvelles lectrices !!!
Bon week-end.
je ne sais comment te remercier de ce que m'apporte ta lecture quotidienne! toujour touchant et pourtant jamais trop triste ...
C'est presque étonant, ma Marguerite à moi porte aussi ses secrets... Ce doit être un truc de marguerites! Depuis qu'elle a compris qu'elle est vraiment tout au bout de la vie, elle donne des petits indices aux uns et aux autres. On s'amuse à penser qu'elle s'arrange pour que nous trouvions quelque chose à partager, deux génération après... Ben oui, on mène l'enquete entre cousines, et je pense que notre petite ancêtre s'assure ainsi que nous ayons des sujets de conversation, héhé...
A chaque visite annuelle chez ma grand-mère j'essaie d'avoir des informations sur sa vie passée mais tout doucement pour ne pas la brusquer et quand je sens que le sujet est trop délicat je change de conversation... Je sais qu'elle a souffert alors j'y vais pas à pas... en sachant pourtant que lorsqu'elle partira elle emmenera certainement des souvenirs non révélés avec elle... J'ai aussi mes secrets de femme et de maman et je comprends que certains soient difficiles à révéler... Je regarderais également différemment ce tableau dont je ne connaissais pas le "secret" jusqu'à aujourd'hui. Merci Marion pour cette info qui m'a aussi donnée des frissons...
quel beau portrait finalement !
Merci pour ce blog et pour cette histoire sur ce tableau qui m'envoute je ne sais pourquoi. Peut être aujourd'hui ai je mieux compris. Merci
Un jour, il y a 15 ans peut-être, un tête à tête, une atmosphère de confidence, ma douce mamie si discrète qui s'éclipse et revient avec une très vieille boîte, à l'intérieur des photos... Elle me demande comme un service de les parcourir avec elle et puis commence à me raconter... Elle se libère, c'est visible...
Depuis 10 ans elle n'est plus là. Ceux, rares, qui connaissaient son secret non plus. Je suis la seule gardienne sans doute maintenant de ses rêves et aussi ses regrets les plus intimes, d'un pan mystérieux de sa vie. Je me tairai pour ne pas faire de peine.
quel billet troublant qui refait monter à la surface tellement de choses....
les secrets de famille sont tellement angoissants que le jour où nous savons enfin la vérité nous sommes à la fois effrayés et soulagés d'enfin savoir; j'espère que Marguerite va réussir à se confier pour que vous puissiez vous alléger de toutes ces questions sans réponses
je vais finir par penser que de lire votre blog est une sorte de thérapie: on apprécie la douceur des mots, l'amour qui s'en dégage, la beauté des histoires, tout va bien on est apaisé et un jour d'un coup le sujet d'un billet coupe le souffle et les jambes, tout ce qui était bien enfoui et qui semblait être réglé jaillit et éclabousse tout; merci madame L......
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