17 janvier 2008
Tarass Boulba
Ce que Gogol n’a pas raconté, c’est que Tarass Boulba, vieux cosaque,guerrier redouté, avait passé son enfance en Bourgogne avant d’aller combattre la Pologne.
Ses parents l’avaient habitué aux fourrures, peaux de bêtes au fond de son berceau, peau de bête comme doudou, gilet en mouton ramené des souks. Et le petit garçon était devenu fou des peaux. Mordu des fourrures, jusqu’à chiper le gilet de sa mère caché sous d’autres vêtements accrochés au porte-manteau. Un gilet trouvé pour moins de dix euros et qui ressemblait à une création de « Miller et bertaux », enfin c’est ce que disaient tout le temps les copines parisiennes de sa mère habituées du shopping dans le quatrième. Lui, il s'en fichait, la branchitude, il n'en avait cure. ce qu’il voulait, c’est se glisser dedans, pour faire le tour de la table en s’imaginant chevalier combattant, une cuillère en bois brandie comme épée, poing levé. Ce qu’il voulait, c’est la revêtir pour aller regarder les chevaux de l’autre côté du muret. Azul, celui de sa maman qu’il chevaucherait un jour. Le regarder des heures, rêver aux grandes prairies, aux galops sans limites et aux chevaliers mongols à qui rien ne fait peur. Pour l’heure, il voulait passer ses journées dehors, avec eux, à les regarder, même sous la pluie et le vent. Leur donner à manger. Mais ses parents, trop prudents, n’arrêtaient pas de lui dire, « tu vas avoir froid petit Aimé ». On ne parle pas comme ça à Tarass boulba.
Pauvre de lui, sa mère avait décidé de sauver son habit. Alors elle lui a confisqué le gilet tacheté pour le ranger. Elle n’avait rien compris, pas imaginé que c’est ce gilet là qui le transformait en héros en devenir. Alors le petit garçon s’est mis à hurler, à se rouler par terre avant même d’être déshabillé. Elle a même eu l’outrecuidance de l’emmener se coucher. Il était tard et il faisait déjà nuit. Elle l’a posé dans le petit lit qu’elle avait préparé pour lui, tout blanc avec ses petits rubans. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que Tarass Boulba qu’elle s’obtinait à appeler « mon Aimé », avait aussi chipé la couverture qu’elle avait passé des soirs et des soirs à confectionner avec des chutes de fourrures trouvées dans une solderie au temps où elle avait le temps de farfouiller. Une grande couverture si douce, d’un mètre cinquante de côté, que toute la famille adorait et que le petit garçon s’était approprié pour en faire son nouveau doudou. Madame L, sa mère, s’apprêtait à râler quand elle a imaginé le petit garçon habillé de son gilet et traînant son imposant doudou à leur prochaine sortie. Elle l’avait bien cherché. C'est elle qui l'avait mis dedans. Alors elle aussi se mit à rêver. Elle, ce qui l’emportait, c’était les grandes chevauchées dans les plaines de Mongolie, de nuits dans la yourte rechaufée par le thé. Peut être qu’un jour, son fils l’emmènerait.

Commentaires
ENFIN!
Travaillant dans une boutique de jouets et les fêtes étant finies,les journées en ce moment sont très longues.... Mais heureusement, tu es là pour me faire rêver!
Toute la journée j'ai attendu ton petit mot..... et enfin il est arrivé!!!!
OUF ....J'ai eu peur!!
C'est vrai qu'il est un peu grand pour lui ce magnifique gilet mais en hauteur il lui va quand même "pile poils", non ? et puis les rêves de Tarass Boulba ou d'autres d'ailleurs... ça fait grandir !
Encore une page de vie divinement belle... Petit garçon élevé en pleine nature, déjà si conquérant...
Généralement, ce sont les petites filles qui empruntent leurs vêtements à leur Maman.
Quoique, s'ils sont tous (sauf le petit Marcel j'entends) à te piquer tes affaires, tu vas bien t'amuser à remettre la main sur tout !
Le retour de ce grand aventurier venu du froid n'est pas fait pour me déplaire...
;-)
Le retour de ce grand aventurier venu du froid n'est pas fait pour me déplaire...
;-)
Il est vraiment trop beau celui là !....
post préféré ! tu es divine marion
encore une fois merci de me faire rêver
ça fait rêver.
il ne manque plus que le tchaï !
ah doux Aimé, tellement singulier... et ton regard sur lui...
Trop jolie histoire!!!
je me suis demandée il y a trois jours si c'etait une turbulette?nous avons fait une cape dans le meme genre pour une pièce de théatre ,mon fils de 12 ans se promène encore avec...quand ça lui prends...alors là il devient un autre...celui qu'il veut...
C'est une très belle histoire, qui fait sourire encore et encore...
J'arrive même à imaginer ta voix lorsque je lis les belles aventures de ta famille.
Magique...
attention à ton chat alors…
bienvenue au pays des rêves, petit Aimé.
Mais qu'il est beau cet aventurier !
Ah ! L'imaginaire, le goût, les idées des enfants ... De bien jolis mystères qui viennent prendrent vie, dans la garde-robe ou le porte-manteau de Maman.
Craquant !
Bien amicalement
Je n'ai pas lu Tarass Boulba mais ton histoire me fait penser à un livre que j'ai beaucoup "Aimé" ;-), "Le loup Mongol".
elle est douce et tendre ton histoire! Espérons qu'Aimé ne prendra jamais les caractères de Yul Brynner.. ou le caractère de cochon du TArass original ;-)
Mais tu sais qu'avec tes histoires de peau de bête, je me suis surprise l'autre jour à penser que j'avais loupé ça avec mes petits et que cela devait être génial ce contact...
sacré aimé ...
Tarass Boulba, ou Aimé c'est du pareil au même...Marion faudra t'y faire! mais je craque déjà!
et comme toi un jour en Mongolie ...de longues nattes, peau de bête et écharpes aux couleurs profondes je veillerai sur Tarass Boulba et sur les autres qui le suivront sûrement...quel Chef diront ils!
Qu'il est beau ce petit aimé...
Merci à vous...encore!!!
C'est fou comme les enfants ont des lubies et des attirances très spécifiques!! ça m'éclate!
Après une danseuse étoile, un cavalier...
quelle aventure dis moi!
Aimé doit tenir de sa mère: il entretient déjà les rêves...
c'est dingue d'arriver à donner autant d'émotions en si peu de ligne... et quotidiennement en plus ! alors juste un mot :MERCI
Parfois, je lis tes articles, parfois (comme pour le précedent) la photo et le titre me suffisent. trop intime pour moi, cela ne me regarde pas. J'ai beaucoup aimé l'histoire du gilet. Tu écris si bien ! Et je ne sais pas qui a prit la photo à travers le mirroir, mais elle se suffit à elle même (avec le titre). C'est une photo magnifique parmis tant d'autres, sur ton blog, toutes aussi belles et surtout significatives.
Pour l'intimité, ce n'est pas une critique c'est juste moi, je sais que je me sentirai mal à l'aise si je lisais :)
C'est quand la sortie de ton prochain roman, car avec une écriture pareille, le succés sera assuré ! Je serai ta première lectrice...
quel souffle dans tes mots !! le vent des steppes, sans doute... merci
Jolie histoire!!!
Moi, je connais Tarace boulba; C'est un autre style, c'est sûr!
(Des extraits, ici: http://www.virginmega.fr/musique/album/tarace-boulba-merci-pour-le-tiep-101456197,page1.htm )
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