SANY0029petit coup de blues hier soir pour monsieur et madame L qui vraiment cette fois y croyaient. Ils s'étaient préparés pour la maternité, pour voir leur sage-femme, Geneviève, et poser encore leur mains pour montrer le chemin au bébé. Petit m était prêt, madame L y croyait Il faudrait juste l'inviter.  Même génévièveaimait l'idée d'être là, "au cas où le bébé décide d'arriver". Et puis il y a eu la maternité, ses aurorités, "pour qui se prennent ils ces deux là, ils viennent quand ils veulent, ils se sentent comme chez eux...". Et "de toute façon, il ne faut pas rêver, le déclenchement, maintenant c'est six jours et il n'y a rien à négocier". Alors les mains et les mots de geneviève se sont quand même posés, celles de madame L et de monsieur L aussi, doucement, sur leur bébé. On lui a quand même montré le chemin, on lui a parlé. Mais ils étaient déboussolés. Pourtant, ils l'avaient tant aimé cette maternité où Mademoiselle Blanche et Monsieur Aimé étaient nés. Mais c'était avant, avant la retraite d'un  médecin chef  qui croyaient aux mains autant qu'aux infaillibles machines, avant  que la peur des alarmes et des assurances ne broient la confiance.
On a aussi dit à monsieur et madame L qu'il fallait qu'ils reviennent le lendemain matin pour "tout controler, on se sait jamais". Ils fallaient maintenant qu'ils soient bon élèves.
Il sont rentrés à la maison, les enfants, décus, se sont réveillés, et Madame L a regardé sur son ordinateur. Des messages tellement attentionnés..Il fallait qu'elle les remercie, q'uelle leur dise, que ce n'avait pas été ce soir, que finalement, ils étaient rentrés. Le courage lui a manqué. Ce matin, elle a juste appelé sa maman come une petite fille qui a besoin d'être rassurée, qui a juste besoin de pleurer, de se faire consoler".
Ce matin ils sont aussi revenus à la maternité, comme on leur avait demandé. Evidemment, tout allaient bien. Eux ils le savaient. "Alors si lundi, le bébé n'est pas arrivé, hospitalisation et déclenchement..." et biensûr "pas la peine de discuter, c'est pour la santé de votre bébé". Madame L a pleuré. Elle s'est vue arriver là, sa petite valise sous le bras, comme on arrive sur un quai de gare pour un rendez vous d'affaire qu'il ne faut pas manquer. Puis une perfusion, et le "c'est pour le bien de votre bébé"qu'elle ne pourrait pas supporter. Comment refuser toute cette violence, comment leur expliquer qu'elle ne veut pas, que pour la première fois, l'accouchement à la maison, elle y a même songé.
Elle n'ira pas jusque là, parce qu'elle ne s'y est pas préparée, parce qu'elle croit quand même que la sécurité c'est important, parce qu'elle n'a peut être pas ce cran.
Alors maintenant, elle espère très fort que petit m se décidera avant lundi, que peut être, il attendait son anniversaire, elle y croit,  elle veut y croire. deux nuits et une journée, ça laisse du temps pour se décider, et puis peut être qu'il préfère l'heure d'hiver.
Parce que lundi, prendre son téléphone et appeler la maternité, Madame L ne pourra jamais le faire. Alors demain, c'est son anniversaire...et comme cadeau cette année, elle voudrait serrer son bébé.
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