tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

11 octobre 2007

les douceurs

MARION_032MARION_038MARION_039MARION_040

                                                                                                 La fatigue s'était installée. Mais ce matin, Madame L avait décidé de ne pas lutter, de se laisser glisser dans le sommeil, quand il viendrait. De la musique, un feu allumé et du thé, c'était doux comme un lendemain de chagrin, quand le calme revient. Finalement, il faudrait attendre mardi pour avoir des nouvelles de l'ordinateur, alors ce soir, Madame L retournerait chez ses gentils voisins.

La postière a sonné, Madame L n'attendait pas de colis. A l'intérieur, des petits paquets, un pour chaque enfant, envoyés par une de ces amies inconnues. Une jolie écriture, un petit mot très doux, premier à se glisser dans l'enveloppe à souvenirs de petit m, et dans chaque pochette, une suite de petites merveilles.

Le coeur chamboulé, Madame L a remis chaque chose dans son sachet pour les ouvrir à nouveau quand tout le monde serait rentré.

Elle a posé le colis sur le canapé du bureau, juste à côté du doudou que Mademoiselle Blanche retrouverait dès qu'elle serait rentrée. Une peau de mouton qu'elle emmenait partout depuis qu'elle était née. On avait même glissé un petit bout d'elle au fond de son cartable. Monsieur Aimé avait choisi une peau de mouton lui aussi comme doudou à câliner. Une plus petite, douce et grise, où il plongeait la tête toute entière quand il avait besoin de se rassurer, de s'endormir ou juste de se faire du bien. Petit m aurait la sienne, elle l'attendait. Comme les petits indiens d'Amérique, les bébés inuits ou ceux de Mongolie, les petits L grandissaient peau contre peaux, le nez plongé dans ces bouts de fourrure qui les apaisaient. Madame aimait les regarder y enfouir leur nez, s'ennivrer, s'allonger dessus, collé serré, pour encore plus en profiter. Elle aimait les observer se rouler comme un petit animal, juste pour le contact, le toucher, oublier tout ce qui entourait, ne plus avoir peur de la nuit et de ce qui viendrait après. Madame L les enviait. Mais aujourd'hui, en se laissant aller, en profitant de chaque petite caresse de la journée, c'est aussi çà qu'elle avait réussi à faire et ce soir, c'est sûr, elle s'endormirait.

Posté par marionl à 22:29 - jour après jour - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1