02 octobre 2007
tout petits habits

Chercher la douceur. aujourd'hui, Madame L a réouvert la
petite valise. Il y quelques jours elle y avait posé les affaires du
bébé pour la maternité, pour ne rien oublier. Lavés au savon de
Marseille, séchés au soleil et pliés, ils attendaient de partir.
ce
matin, elle les a repris un à un, puis comme elle faisait il y a très
longtemps pour ses poupées, elle les a assemblés. Une tenue par jour,
dessus, dessous, body et petits chaussons et pour chaque nuit un petit
pyjama.
La première, dans une pochette de coton gris. le petit
ensemble acheté à Paris, rien que pour lui, le bonnet, le body sans
boutons pour ne pas le déranger, les petits chaussons blanc et le
bracelet de pied. C'est Monsieur L qui la prochaine fois sortirait tout
ça. Peut être qu'il ferait quand même un peu froid. la couverture était
là. 
Les
petites chemises achetées au fil des vide-greniers, teintes ou
rebrodées. Une chocolat, une blanc cassée, quelques blanches. Madame L
en referait peut être une avant le départ pour la maternité. Une ou
deux, on ne sait jamais...Quelques gilets achetés ou tricotés par une
grand mère attentionnée et la tenue du départ. Une tenue de fête,
avec le petit manteau offert par une tatie qui vit loin, pour
faire tout beau ce petit m. quand son papa et ses frères et soeurs
viendraient le chercher. Le dernier jour de la première chambre, celle
ou Madame L et petit m. auraient appris à se comprendre, où ils se
seraient déjà beaucoup raconté. La première chambre que Madame L
quitte toujours avec beaucoup d'émotion. Un cocon, dont on referme la
porte pour affronter le dehors. Sortir et le présenter au monde, le
partager, Madame L aura quelques jours pour s'y préparer. Quatre ou
cinq journées dont elle va profiter, rien qu'avec son bébé. Il ne
faudra pas craquer, rejoindre trop vite son amoureux et les autres
petits, parce qu'elle se sentira coupable de les avoir laissés, parce
qu'elle aura aussi très envie de les retrouver, parce qu'elle les verra
partir, le soir, enchiffonnés. Mais elle le sait, ce petit
passage entre le dedans et le dehors, ces quatre petits jours à
l'abri, où elle pourra prendre le temps de câliner, hors des
contraintes du temps, loin de l'intendance de la maison, du balai et de
la machine à laver, elle ne les retrouvera plus jamais. Et comme pour
chaque bébé, elle se souviendra de cet
endroit où les premiers regards se sont échangés, où l'histoire du bébé
désormais nommé aura commencé. Une toute petite personne qu'il faudra
accompagner, jusqu'au jour de son premier envol, et aussi peut être un
peu après.









