tous les jours dimanche

C'était une maison de campagne et nous avons décidé un jour de nous y installer pour la vie.

14 mai 2008

avant l'orage

orageorage5orage6orage4                                                                                                           La glycine ne sera en fleurs que pendant quelques jours. Le parfum entêtant de fleurs blanches, trompeur,  pourrait faire penser qu'on est en plein été. Longues grappes qui recouvrent presque toute la pergola. C’était hier soir, on se disait que l’orage n’était sûrement pas loin.  Il faisait tellement chaud, on s’est installé pour en profiter. Souvenir de Savannah, de moiteur américaine et des routes du Sud à travers l’épaisse forêt. On s’y serait cru. Surtout madame L à qui il suffit souvent d’un rien pour partir bien loin.
Les bourdons se battaient, leur bruit couvrait presque le chant des oiseaux qui ont fait leur nid dans l’arbre d’à côté. Monsieur Aimé avait retrouvé son bolide, mademoiselle Blanche essayait de lui chiper. Monsieur Marcel chaussait les lunettes de soleil que sa grande soeur lui posait sur ne nez pour le mitrailler après.  On décidait de prendre un verre sous la glycine avant de dîner. Petit moment gagné, petite parenthèse qui s’étire. On le regretterait sûrement après, quand les petits pas encore nourris alors qu’ils devraient déjà être endormis se mettraient à chouiner. On se sentiraient un peu coupables, on se dirait qu’on aurait pas du traîner.
Mais c’est bon de temps en temps de faire un peu comme avant, comme quand on n’avait pas d’enfant et que la journée n’avait pas besoin d’être rythmée par le des repas,des bains et des couchers. Petite musique sans métronome. Prendre un verre en s’enivrant des parfums de la fin de journée. Appeler les enfants pour qu’ils voient les boutons des rosiers, les laisser repartir en trombe, pas vraiment passionnés par les préoccupations de jardinier, les regarder s’allonger dans l’herbe de tout leur long « et maman, nous on a quoi comme apéro ? ».
Les appeler encore pour qu’il regardent la couleur du ciel quand l’orage va arriver. Gris saturé. Cette fois ils veulent bien regarder, partager « c’est quoi l’éclair ? »
Attendre la bourrasque qui précède souvent le tonnerre et espérer que, peut être, ce soir, il y aura une panne d’électricité et qu’il faudra « comme l’autre fois », allumer les bougies. Se dire qu’il est déjà bien tard et leur dire qu’il faut rentrer dîner. Tout à l’heure, on s’endormira en écoutant la pluie cogner sur les ciels ouverts, ces petites fenêtres de toits qui fuient aussi, quelquefois. Monsieur L s’inquiétera un peu pour les tuiles, mais aucune ne tombera. On comptera après l’éclair, en attendant le tonnerre et puis on soufflera, soulagés, quand on le sentira s’éloigner. Mais en attendant il faut rentrer, on se met à divaguer alors que le repas n’est même pas prêts, qu’il y a école demain et que les enfants se mettent à chouiner.

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13 mai 2008

la tête dure

bosse1bosse2bosse3bosse4                                                                                                          Ils venaient juste d’arriver, de se dire qu’ils avaient réussi à voyager avec quatre enfants dont trois petits, réussi sans trop d’encombres à revenir d’où ils étaient partis. Une journée de bateau, de voiture, de taxi et de train sans anicroche, sans retard ni conflit. Madame L pensait que cette journée était finalement assez vite passée. Mais elle sait aussi que lorsqu’on se surprend à dire « on y est arrivé », c’est qu’on a quand même un peu galéré. Ils avaient pourtant réussi à voyager léger. Peut être pas encore assez. Et puis les petits étaient épuisés. Quatre jours de vélo, de dîner crêpes et de cousins,  la peau rougit par un soleil qu ‘on avait pas  prévu si fort, ils étaient un peu groguis après ces jours  de fête.
Mais ils s’en étaient « bien sortis » de cette journée passée à voyager, et monsieur et madame L retrouvaient les parfums des champs avec un plaisir non dissimulé. La mer leur paraissait tellement loin déjà.
Toutes les valises sur le quai, le voyage était terminé. Presque terminé puisqu’il y avait encore la voiture à trouver. Mais où l’avait on garée ?
Les valises à roulettes étaient chargées de linge à laver. Mademoiselle Blanche était très contente d’être arrivée. Sa grande sœur un peu moins, pas envie du tout de retourner en cours le lendemain. Monsieur Aimé voulait tirer la valise de sa sœur, c’est lui qui le ferait, il l’avait décidé.
Le bruit a résonné dans la tête de madame L. Son petit garçon venait de s’étaler de tout son long. Il était là, le visage contre le butîme de l’allée. La valise l'avait entraîné. La tête avait cogné. Elle l’a relevé, le front tout abîmé, le sang à fleur de peau, le nez aussi égratigné.  De grosses larmes coulaient sur ses joues  encore toutes ensoleilléees.
Elle s’est fâchée, contre tous les enfants, sans aucune distinction, Puis s’est monsieur L qui a aperçu le front de son petit garçon. Lui aussi, furieux, vociférait.
Comme si les tensions accumulées pendant toute la journée les avaient fait exploser, juste à l’arrivée. ET pourtant, tout c’était très bien passé. Comme si l’énergie dépensée depuis le bateau du matin les avaient abandonnés, juste à l’arrivée.
Comme si ça ne se pouvait pas, un voyage sans drames ni pansements. Ils n’étaient pas contents les parents. Vraiment pas. Ils avaient presque réussi. De son côté, monsieur Aimé avait repris son chemin, à petits pas saccadés, il avait recommencé à explorer la grande salle de la gare, et ne semblait pas du tout  gêné par la bosse qui grossissait. C’était juste une « petite bosse », souvenir de vacances un peu âgitées, pas le coup de s’emporter. Alors monsieur et madame L ont retrouvé leur esprit. Ils ont essayé. Elle en verrait d’autre la ptite tête de monsieur Aimé. Dès le lendemain après-midi, accident de voiture à pédales au passage de la porte d’entrée. Spectaculaire, mais sans gravité.

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12 mai 2008

souvenirs de Paris

paris1paris2paris4paris3                                                                                                          C’était un peu irréel ce petit passage à Paris aujourd’hui en taxi. Une traversée entre deux gares, sans arrêt, mais très vite à travers la vitre la rue madame et les grilles du jardin du Luxembourg, le boulevard saint Michel et les rives de Seine où les parisiens profitaient de derniers rayons du pont, allongés. Monsieur Aimé recherchait les bateaux sur l’eau comme il l’avait fait ce matin en revenant de Groix. Les rues de le ville étient bondées mais pas pressées. Parfum de dimanche soir une fin de lundi au soleil. Voir les parisiennes et les parisiens se promener, et penser à ce que Pénélope lui avait demandé.
A Paris, Son magasin préféré pendant longtemps ce fut vivement jeudi. Comme une vraie petite maison au fond d’une petite allée. Tellement jolie brocante ouverte un seul jour par semaine, dont le décor changeait à chaque fois qu’elle était ouverte. Les meubles étaient chers et les petits objets aussi, madame L était  étudiante, mais chaque semaine elle venait se rincer les mirettes, se donner des idées.
Un peu pareil pour Oona l’ourse, petit magasin de vêtemts pour enfants de la rue madame où, jeune maman, elle s’offrait un petit vêtement par saison, aux soldes seulement.  Et ele ne devrait pas le dire mais toujours un peu trop grand pour mademoiselle Joséphine, pour qu’il puisse servir deux années. Ces petits vêtements, elle les a tous gardés.
Avant, pour parler de son restaurant préféré, elle aurait déniché une petite adresse que personne ne connaît, où elle aurait raconté le petit pot de crème au gingembre du « petit Robert », le restaurant où monsieur L aimait l’emmener. Mais le restaurant a fermé. Alors maintenant avec les enfants, c’est mamie gâteaux qu’on aime, parce que la dame est japonaise, alors on pense à Philomène, parce qu’il y a les même bols Digoin qu’à la maison et à chaque fois, on ne peut s’empêcher de compter ceux qui manquent ici et là-bas, et parce que c’est beau et parce que c’est bon.
Et puis il y a bien leur cantine, ce petit restaurant italien pas très loin de l’appartement de monsieur L, mais il y a très peu de tables et des chaises, et comment dire…elle ne se souvient plus ni vraiment de l’adresse ni vraiment du nom.
Son monument préféré, elle n’en a pas vraiment. Petite, elle trouvait la tour Eiffel tellement laide. Maintenant elle ne se lasse pas de la regarder s’éteindre et s’allumer. Mais les monuments elle en aime beaucoup, surtout lorsqu’un jour elle décide d’aller voir dedans, après être passée des années devant sans oser entrer.
Son musée. Entre Rodin et Picasso son cœur balance vraiment. Mais elle en oublie, forcément. Est ce que le muséum d’Histoire naturelle ça compte pour un musée ? Juste avant un thé à la grande mosquée. Et puis il y a le quai Branly où elle n’est pas encore allée. Un jour, elle s’était perdue dans les remises d’un autre musée, le vieux frère de la porte dorée. Des merveilles entassées.
Sa station de métro, elle ne sait pas trop. Surtout depuis qu’elle vit avec un parisien et qu’ils prennent le bus dès qu’ils ne sont pas trop pressés. Mais il y a la Concorde et sa déclaration des droits de l’homme. Depuis qu’elle est en CP, mademoiselle Joséphine s’amuse à déchiffrer les carreaux alignés. Et puis il y a Abessses, parce que c’est leur station, parce que quand il y sont, ils sont presque arrivés, plus que la butte et cinq étages à monter.

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11 mai 2008

bains de mer

plage1plage2plage3plage4                                                                                                          Il y avait eu ses filles ce matin jouant avec les cousins sur la plage. Cette fois-ci, c’est la petite qui prêtait sa famille à la grande. Des jeux dans l’eau, des bruits de fêtes, madame L avait regardé ça de loin. Monsieur Marcel à protéger du soleil et son grand-frère pas tout à fait convaincu par l’eau. Et puis pas très envie de se montrer en maillot de bain dans cet univers pas tout à fait bienveillant. Surtout qu’elle n’avait pas de maillot de bain et qu’il faudrait trouver quelque chose de ressemblant. Un top et une culotte, et être sûre de ne croiser personne.
Alors c’est après la promenade, les filles restées en famille et les deux garçons dans la carriole que madame L s’est jetée à l’eau. Monsieur L l’a attendu sur la plage. Il savait comme ce bain était important, il avait que ce serait peut être le seul cette année. Il l’a encouragée.
C’était la fin de l’après-midi, les baigneurs commençaient à rentrer ; l’eau était froide, ça n’était pas important. Elle est allée droit devant, les joues encore rosies par le voyage à vélo. D’abord les pieds. Elle a failli y aller doucement, se baisser jusqu’aux épaules, en s’aspergeant lentement, mais finalement elle a plongé. L’eau était glacée mais ça n’était pas important. Elle ne s'en est aperçue qu'après. Elle a retrouvé ce fou rire du premier plongeon dans l’eau, cette seconde où rien d’autre n’est important, les yeux ouverts, cette première gorgée d’eau salée. L’ivresse des profondeurs alors qu’elle avait encore pieds. Quelques mouvements de brasses, un peu de dos crawlé et puis il a fallu rentrer. Les garçons l’attendaient. Plus elle se rapprochaient d’eux plus la mer s’éloignait et l’envie de garder encore un peu dans la bouche ce goût de mer en été.Elle s’est vite rhabillée ; Il fallait retrouver les filles pour retourner dîner en famille. « je l’ai fait » leur a-t-elle annoncé avec les cheveux mouillés « l’eau était glacée mais ça n’était pas important ». 

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10 mai 2008

le trou de l'enfer

soleil                                                                                                                        Il fallait profiter du soleil, ce matin madame L avait entendu la caissière du supermarché dire que le ciel bleu ne durerait qu’une journée. Petit tour au village  avec mademoiselle Joséphie et monsieur Marcel endormi dans son porte-bébé pendant que monsieur L se promenait avec la carriole et les deux autres petits derrière. Recherche du fleuriste pour ce soir et le dîner d’anniversaire puis déjeuner dînette sur la terrasse de la chambre avec les enfants. Une fois les deux petits endormis et la grande à ses devoirs, monsieur et madame L sont partis avec mademoiselle Blanche sur le siège enfant pour voir le trou de l’enfer. « Mais ça existe plus les diables maman ? »
Etourdissante trouée au milieu de la falaise qui plonge dans la mer. On imagine alors qu'elle doit faire rugir d’énormes vagues au milieu de l’hiver. « N’approches pas trop ! » . Vertige par procuration. Depuis que ses enfants sont nés, madame L ne supporte plus le vide. En face, on n’arrive pas vraiment à distinguer la ligne de frontière entre le bleu du ciel et celui de la mer. Soleil de plomb.
Mais vite, il fallait se dépêcher, ils arrivaient par le bateau de 16 heures.
Pour les accueillir, ils s’étaient postés au bout du quai. Des parents, des enfant et des petits enfants contents de se retrouver. Et puis le dîner.

soleil2soleil3                                                             Il est question du blog de madame L, une première fois puis une deuxième dans un discours officiel. Mais de quoi a-t-on peur ?
De toute façon, elle n’avait pas l’intention de raconter. Et puis elle n’a « aucun talent », et puis elle n’a rien vu qu’un charmant dîner où les enfants disent des mots gentils à leur père et des petits enfants qui chantent des jolies chansons au grand-père. Elle a  été émue de voir sa petite fille se faufiler dans tous les trous de souris pour participer à la fête, être au milieu de la photo. Et puis en bout de table, juste à côté des enfants parce qu’on n’aime pas les fruits de mer, on n’entend pas les mots qu’il faut. De côté, on entend d’autres mots, d’autres histoires, d'autres versions. Début d'un roman passionnant.

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09 mai 2008

trempés

trempes1trempes2                                                                                                                                                                       Ce soir la pluie s’est arrêtée, mais aujourd’hui il a fallu faire avec les gouttes, trempés, de la tête au pieds. Petite visite des grands parents de mademoiselle Joséphine, voisins bretons,  et monsieur Aimé et mademoiselle Blanche qui essaient toute la journée de se faire adopter. Sans trop de difficulté. On n’a jamais trop de grands-parents, ni de petits-enfants, même si la "vraie", c'est Joséphine et ça ne se discute pas. Découverte de la lande et des falaises  sous le ciel toujours gris. ET madame L s’est mise à rêver aux amoureux éconduits qui avaient du venir jusqu’ici pour y finir leur vie, leurs larmes se mélangeant à la pluie salée, les rouflaquettes au vent. « Allez viens, un bon petit thé devant la cheminée et tu l’oublieras ta belle infidèle aux cheveux défaits. Elle n’était pas si belle et elle ne savait même pas chanter… ».

landeSarrazin et froment pour se réchauffer, madame L a oublié l’homme aux rouflaquettes pour chercher « Sandrine », la crêperie qu’on lui avait recommandée.
Et puis la pluie a repris, même l’intérieur de la carriole était mouillé. Alors on est rentré « à notre maison d’ici ». Sieste pour les petits et tisane au salon pour se sécher. On peut faire presque comme chez nous même s’il faut faire encore un peu plus attention aux coussins du canapé.
Premier séjour en maison d’hôtes pour monsieur et madame L et la certitude que ce mode de vacances leur plaît. Ils recommenceront à « s’inviter ». Même si, pour dire la vérité vraie, au lieu de sortir au restaurant, ce soir, il seraient bien restés pour se faire un gros plat de pâtes avec du gruyère râpé. Leurs pieds fatigués  et leur porte-monnaie auraient apprécié. Mais au petit restaurant qu’ils ont trouvé, leur « cantine » d’ici où il  avait une chaise haute pour monsieur Aimé et une chaise haute pour monsieur Marcel, ils se sont régalés. Peut-être qu'il faudra réfléchir au gîte aussi.

passag_re Demain, c’est la famille de monsieur L qui arrive par le bateau de la fin d’après-midi. Les petites vacances à six seront finies. Le grand week-end famille va commencer. On se fera beaux pour le dîner. Mais avant, pourvu que le soleil repointe le bout de son nez, on pourrait faire un peu de vélo, se promener, encore un peu profiter.
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08 mai 2008

comme des amies

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Trois vélos, un siège bébé et une carriole sur les routes de l’île, ce matin et après la sieste cet après midi, monsieur et madame L sont passés entre les gouttes aujourd’hui.
C’est un peu les vacances comme elle en rêvait alors on s'est moqué du ciel gris et on a pédalé. Un an et demi sans aucune activité, les muscles de madame L l’ont un peu senti. Mais c’est si bon aussi de les sentir à nouveau exister, s’exprimer. D’ailleurs elle n’a pas envie de  s’arrêter, continuer peut être quand ils seront rentrés. La piscine peut être  ou le vélo pourquoi pas, même si chez eux, les côtes sont un peu plus nombreuses que celles d’ici.
Premier jour et déjà quelques repères. Un village charmant avec une librairie où l'on a envie d’aller, Un petit restaurant qui aime les enfants, des kilomètres de chemin pour se perdre et toujours se retrouver, et puis ce phénomène de l’île. Se retrouver pendant quelques jours sur un petit bout de terre et croiser souvent les visages déjà vus. "maman, c'est la dame d'hier avec la jolie robe!" Des familles arrivées par le même bateau et qu’ils saluent plusieurs fois. Des jeunes femmes un peu comme elle, un peu comme madame L, accompagnées de tribus de petits,   et ce petit coup d’œil complice qui veut dire que, peut être, en d’autres lieux, à d’autres moments, on aurait pu discuter et pourquoi pas être copines et se raconter nos vies. Mais on se reverra sûrement jamais et le souvenir de ces jeunes femmes rejoindra celui des centaines de sourires croisés qu’on garde toujours quelque part pour se donner envie de continuer, d’aller chercher d’autres regards,  affronter d'autres inconnues et chercher de nouvelles complicités.
Et puis il y a eu cette autre jeune femme qui l’a appelée par son prénom. Le sourire d’une amie  « je regarde votre blog tous les jours.. » mais pas le temps de lui demander si elle est d’ici, si elle a un blog aussi, la voilà déjà partie. Juste un petit coucou en passant, un signe d’amitié, bienveillant, le temps de lui dire que oui, dans la réalité ils ressemblent vraiment à ce madame L raconte de l’autre coté. Merci madame l’amie inconnue.

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07 mai 2008

la traversée

groix1groix2groix3groixgroix5groix6             Après une journée de train, sentir le parfum de la mer et voir la file des passagers s’engouffrer à l’arrière du bateau. C’est comme quand à Orly, petite fille, elle avait le droit d’aller sur le toit de l’aéroport voir décoller les avions, madame L a toujours aimé regarder se remplir et partir les bateaux. Les gros camions qui font grincer la passerelle, bruits de ferraille, sons de cargos. Odeur de fuel toujours mêlée au parfum des embruns. Et puis le bateau sonne et quitte le quai. Jusqu’à l’arrivé du train, il étaient en voyage, une fois le bateau parti, ils y sont, les vacances ont commencé. Monsieur Aimé n’en revient pas, mademoiselle Blanche qui se penche pour voir plus bas et mademoiselle Joséphine qui profite d’un moment de tranquilité. Elle n’a pas envie que le temps passe trop vite. Groix, elle ne connaît pas. Cet été elle n’était pas là. A peine arrivée, elle est déjà « trop contente » d’être là ». Etre là, tous ensemble sans aucune contrainte, à part celle de réserver des vélos pour demain Au bout de la côte, il y a « la passagère », cette grande maison qui les attend, une grande maison où deux chambres ont été préparées, une grande maison très belle et assez détendue pour quon s’y sente bien, même avec des enfants. Les deux garçons dormiront avec les parents. Monsieur Aimé dans un beau lit en toile de Jouy et pour monsieur Marcel qui devait dormir dans leur lit, monsieur et madameL ont bricolé un très joli couffin. La très grande valise ouverte, un édredon plié dedans et sa couverture adorée. En cinq minutes, il s'était endormi. les filles dorment là-haut dans leur chambre perchée. Peut être que demain matin le petit déjeuner se prendra au jardin.

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06 mai 2008

vers la mer

la_merla_mer2lamer3lamer4                                                                                                          Elle a de la chance madame L, deux jours de travail et déjà la fin de semaine qui s’amène. Cinq jours sur l’île de Groix, tous les six, départ demain en train. Alors ce soir c’était déjà un peu la fête, malgré toutes les affaires pas encore préparées et toutes ces choses pas faites, un tas de petits problèmes à régler avant de partir à la mer, comme si on ne reviendrait jamais. Il suffirait de se coucher un peu tard et de se lever un peu tôt avant d’aller prendre le train, et tout serait prêt, ou presque prêt, peut être seulement l'essentiel mais ça suffirait.
Et puis ce soir il faisait encore si beau. Envie de jardinier, et ces fraisiers, il faudra bien finir de les dégager. Et monsieur Aimé qui cours vers son tricycle tous les soirs dès son arrivée. ET puis avant e se coucher, il a même appris à arroser les petites plantes qui commençaient à piquer du nez devant la porte d’entrée.
Ce grand week-end, il y pensaient depuis cet été, depuis cette journée tellement ensoleillée qu’à dix heures sur sur l’île de Groix, tous les vélos étaient déjà loués. Ils s’étaient alors promis de revenir . Ils s’étaient dit que le bébé serait né, qu’il serait assez grand pour se promener dans une petite carriole à côté de son frère. « J’aurai juste recommencé à travaillé… ». Il y aura aussi ce dîner de famille, des frères et sœurs et des cousins, quatre vingt ans à fêter, mais de ça il ne sera pas trop question parce que de côté-ci, on n’aime pas trop les histoires de cette dame L, surtout quand elles sont racontées le dimanche, alors on restera discret sur ce dîner, pas la peine d’envenimer.
On va s’ennivrer d’air marin, écouter les mouettes et les goélands et puis pédaler, trois vélos, deux carioles et la journée pour arriver là où on veut aller. Un point fixé histoire d’avancer, et puis s’arrêter dès qu’on trouve un petit endroit dont on veut profiter.
Madame L entend déjà le bateau sonner. C’est la première fois que monsieur Marcel va voir la mer, la première fois que monsieur Aimé va avoir envie d’y plonger. Encore un peu frisquet. Et puis le nom de cet endroit où ils ont réservé. « La passagère ». Une maison aperçue cet été qui semble avoir tant de petits recoins et d’hstoires à raconter.
Demain, toute une journée de train, et les affaires…il reste encore les affaires à faire. Savoir partir léger. Ce soir, madame L va essayer d’apprendre à le faire. 

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05 mai 2008

reprise

reprise1reprise2reprise3reprise4                                                                                                           Il y a d’abord eu ce réveil en sursaut à quatre heures du matin. Se dire qu’on y est, que ce jour–ci est arrivé. Envie de revenir en arrière, quelques jours encore, et puis se rendormir.
Cette fois-ci madame L n’avait rien oublié. Petit déjeuner presque plus tranquille que les autres matins, étrange sérénité. Mademoiselle Blanche déposée à l’école, monsieur Marcel et monsieur Aimé chez la nounou, « à tout à l’heure » souriant. Et puis cette route cent fois faite, la radio qui parle et qu’elle n’arrive pas à écouter. Comme un automate un peu grippé, elle avance, elle roule, pas encore habituée à cette solitude qu’elle sera bientôt contente d’avoir retrouvée, de temps en temps. Des moments pour elle, pour penser sans devoir répondre aux enfants. Elle doit réapprendre à en profiter. Pour l’instant elle ne sait pas très bien quoi en faire.
C’était il y a quatre ans exactement, elle avait laissé mademoiselle Blanche chez sa nounou pour aller travailler. Cet emploi, elle venait de le trouver. C'était la première fois.Aujourd’hui c’est encore un peu un premier jour. Dans les voitures qu’elle croise, des visages figés par l’habitude. Alors elle pense à ceux pour qui ce jour est encore plus important que pour elle. 5 mai. Quelque part, un pilote d’avion va atterrir pour la première fois avec deux-cent cinquante passagers à bord, quelque part une petite fille va voir le jour, quelque part, une jeune femme va sortir de prison et pour la première fois depuis longtemps, sentir le vent dans ses cheveux.
C’est lundi, elle avait oublié que le parking était vide ce jour-ci. Des pétales devant la mairie, il y a eu un mariage ce samedi. Elle passe devant l’agence de voyage où elle a pris les billets pour le Japon.
Mains serrées. Réunion d’habitués et quelques mots prononcés. La jeune femme qui la remplaçait va rester. On demande à madame L de s’occuper d’une mission près de chez elle pendant quelques semaines. Après on verra, c’est un peu trop tôt pour en parler., mais ça peut être intéressant.
Respiration. Le retour va se faire en douceur. Elle revient quelques heures dans ce bureau qui n’est déjà plus le sien. Difficile de se remettre à ce rythme de rendez-vous et de réunions, d’attentes et de discussions alors que depuis des mois elle n’arrêtait jamais. Quel temps peut on perdre dans ce monde qu’elle avait quitté depuis longtemps.
Ne pas rouler trop vite pour aller chercher les enfants, Elle en a envie pourtant. Sonner, et voir mademoiselle Blanche et monsieur Aimé lui sauter dans les bras, monsieur Marcel hurler de joie. Se retrouver « je suis contente de vous retrouver », sa petite phrase de fin de journée qu’elle n’avait plus prononcée depuis longtemps.
Profiter du jardin, avoir envie de retourner s’occuper des fraisiers, plonger les mains dans la terre. Et puis le soir, quand les petits sont couchés. Se laisser aller, pleurer un peu dans les bras de monsieur L. parce qu’elle a eu beau faire comme si de rien n’était, c’était un peu dur quand même.

merci pour tous ces mots doux, ces encouragements, petits cailloux blancs comme des cadeaux tout au long de cette journée.

reprise

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