tous les jours dimanche

vendredi 1 mai 2015

l'heure magique et les moments dorés

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Il y aura toujours le printemps, les arbres blancs, le vent léger entre les haies, l’espoir sur lequel il faut souffler, il y aura toujours l’envie qui me caresse la peau que l'hiver avait mise en sommeil, le ciel rose des matins  frais,  la vie qui ne s’arrête jamais,  des enfants qui crient « maman ! » et des pleurs agacés., leur cou qui sent la sueur et le miel.  Il y aura toujours cette impression d’être toujours un peu à côté, des cris et la mer au bout de l’allée, même loin, même rêvée.  Il y aura toujours cette sensation de ne pas être d’ici, de n’être de nulle part après tout, de sentir mes racines pas très bien plantées, mais finalement n’est ce pas beaucoup plus léger ?  De cette façon, je pourrais aller partout. Il y a ce cœur qui bat quand je cours et qui s’emballe tout d'un coup, la peur et son goût, la fin et le début, le fil continu malgré les soubresauts. Il y a les enfants qui deviennent de moins en moins petit et les regarder grandir me réjouis. Leur liberté m’emplit. Il y a les choix que j’ai fais et ceux qui se dressent devant moi, les pois gourmands à planter. Il y a de la musique souvent, ces chansons idiotes que je fredonne toute la journée, et les premières notes de Bach que j’essaie d’apprivoiser sur mon clavier. Et puis la voix de ma grand-mère qui me dit « « tu verras ma chérie, la vie passe tellement vite, surtout la deuxième partie. » De quoi parlerait on aujourd’hui si nous pouvions discuter ? Elle s’inquiéterait sûrement de ce travail que je n’arrive pas à trouver, mais elle aurait cette confiance insouciante que je dois retrouver. Elle racontait comme personne la vie des saints et leurs péripéties, Je n’ai de foi qu’en la vie alors maintenant, il va falloir y aller, risquer de me tromper, ne pas avoir peur de tomber. Me souvenir de mes genoux écorchés, du sang qui coulait de mes coudes meurtris quand la côte m’avait trahie Je léchais alors le sang qui en coulait pour remonter sur mon vélo juste après, pédaler plus fort, plus vite, la vent dans la bouche et le soleil droit devant.  Il y a aura toujours les roses de mai,  les petits matins frais,  et cette heure magique quand je jour s’incline et qu’il est plus beau qu’il n’a jamais été, l’heure dorée, celle qui murmure que tout est encore possible et qu'il ne faut surtout pas s'inquiéter. 

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jeudi 16 avril 2015

un risque à courir

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Les enfants ont grandi. On me le dit tellement en ce moment, et je le constate chaque jour. Je croyais que j’aurais plus de mal à l'accepter, à me sentir à l’aise au milieu d’une troupe de petits bipèdes grossiers et insolents. Je me sens comme un poisson dans l'eau au fil de cette rivière dans laquelle je frayais il n'y a pas si longtemps. Parce qu’ici, on peut passer des heures à chercher des traces de l’histoire d’’Antoine  et Cléopatre, s’émouvoir tous ensemble de leur fin tragique, on peut disserter en mangeant le gratin de chou fleur sur cette phrase de Bernanos  aperçue sur un des murs du collège « L’espérance est un risque à courir", et à huit et sept ans, se traîter de « trou du cul » plusieurs fois par jour. Les enfants ont grandi et moi aussi. C’est en tout cas l’impression que je me donne.  Pour autant, Les jours ne m’apparaissent pas plus faciles, mais je crois que je suis moins fragile. Entre cette lucidité crasse que je laisse souvent me freiner et une sorte de foi en ce qui va arriver, je ne choisis plus.  Je m'agace, je m'émerveille, compense entre mes envies et nos incertitudes. Le potager s’est agrandi et petit à petit, j'en  défriche les carrés. La maison me paraît plus claire, je n’ai plus besoin d’abri. Blanche invite ses agacement de jeune fille de bientôt douze ans à la table du dîner, Aimé et Marcel  se battent pour mieux être collés, et Georges dit « c’est moi le plus petit mais regardez comme je suis déjà grand». Je travaille beaucoup, peut-être trop. Je voudrais écrire plus souvent, trouver le courage d’oser. Je goûte à un certain plaisir d’être deux, deux distincts et unis. Deux, six, sept, rien que des unités qui se mettent les unes à côté des autres  et dessinent une famille. « Il y a même les chevaux, l’âne et le chat ». Georges ne veut pas qu’on les oublie.  Je ne sais pas de quoi seront faites les années qui viennent mais je ne voudrais rien oublier de cet « entre-deux »,  de ce voile tissé de peurs et d’espérances. J’ai eu, ces derniers temps, l’impression que tout était plié, qu’il n’y avait plus grand-chose à construire. Et on fait quoi après ? Le vent souffle encore dans les branches du vieux poirier, nous partons de nouveau tous les deux à cheval, les contingences materielles se rappellent sans cesse à nous et les fins de mois s’étalent. Mais il y a des envies, et l’espoir, des espoirs en bouquets, des graines d’ivresse à planter.

 

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mercredi 15 avril 2015

les robes de filles

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Je ne sais pas si j’écrirai encore beaucoup ici. peut-être un peu et puis plus. Mais je ne pouvais pas laisser s’envoler avril sans  en avoir couhé quelques parfums ici.  Même bordée de peurs et d’incertitudes, la vie a repris ses aises et quand je cours le matin je me surprend  à laisser la lumière m’émouvoir au-delà de tout. Je réponds inlassablement que non, je n’ai ni travail en vue, ni pistes, je  voudrais dire alors, à la vue de ces mines déconfites, que la fin de contrat n’est pas contagieuse, que sinon je vais bien, mais je me tais. J’aime encore moins les leçons données, je fais ce que je peux, nous frayons notre chemin. Non, à propos des mois qui viennent, je ne sais rien et bien sûr que si, je suis morte d’inquiiétude, mais j’ai cinq enfants qui me demandent si on va devoir vendre la maison. Je leur dis non. Je ne suis pas sûre d’avoir envie de partager ces angoisses ici. Parce qu’il y a l’énergie aussi. Celle que je puise là où je vis, dans chacun des souvenirs qui m’ont fait la vie plus légère, dans chacune de mes envies. Parfois, l’inquiétude me grise, je me sens si bien dans cette nouvelle peau dont je prends soin. Il y a toutes ces petites robes que j’enfile de nouveau, mes cheveux coupés, juste un peu, il y a  nos baisers, ses baisers et les miens, les mains douces. il y  a les enfants qui grandissent à côté de nous, leurs propres désirs, leurs mots, leurs envies  qui ne sont pas toujours les nôtres. Et puis il y a l’amitié, ce précieux coffre dans lequel j’ai trouvé tous les petits cailloux blancs qui m’ont aidée à traverser l’hiver, ce précieux coffre que je glisse toujours au fond d’une poche et que j’emmène partout. Et puis il y a les mots posés, les mots que je n’arrive pas à ordonner, pas comme je le voudrais. Je croyais que j’étais faite pour écrire, peut-être que je me suis trompée, peut-être que je dois accepter l’idée que mes mots perdent de leur magie pendant le trajet entre ma tête te le bout de mes doigts. Trop souvent, je n’y arrive pas. Je ne sais pas si ce constat me brise ou s’il m’apaise. Comme quand on accepte enfin ce qu’on n’a jamais osé se dire. Je ne veux pas manquer les premiers frissons d’avril, la vie qui revient,  celle qui sera toujours plus forte que tout. Les enfants crient ils m’appellent, je n’ai plus peur du flou.

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à table

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Il y a eu la fin de l’année et ses dernières poussières, la fatigue dont elle était cette fois flanquée et l’envie difficile à trouver. Le père Noël a même oublié un cadeau promis. Il a y eu cette boule au fond du ventre au moment de se souhaiter la bonne année, persuadée que les douze mois prochains auraient du mal à trouver le bon, le doux. Il y a eu cette impression d’être arrivée au à la fin d’un cycle, au bout d’un chapitre. Il y a eu des jours qui vacillent et des enfants inquiets, l’envie de ville  et le doute qui s’est battu avec la nécessité d’aller toujours plus loin. Il y a eu des secondes d’ivresse et des espoirs sans lendemain, il y a eu des larmes et des cris, la vie. La vie qui m’a surprise, la vie qui m’a reprise, j’ai couru à perdre à haleine, j’ai retrouvé mon souffle long, mon pas régulier et les petits matins quand le soleil se lève, le long des haies. J’ai couru, de temps en temps, puis tous les matins. IL y a eu cet hiver qui n’en a pas été un, à moins, que je ne l’ai pas vu passer, trop occupée. Il y a eu la liste de mes envies mille fois dressées et rien après, les doutes qui encore une fois ont fait leur lit et le flou dans lequel il faut apprendre  nager. Trop de choses à faire, pour rien. Trop de doutes pour se poser? et puis il y a avait eu ce début d’année qui nous a fracassé comme il a partout fracassé, cette certitude qui a fait son nid. Et peut-être que nos lendemains ne chanterons plus. Plus vraiment, plus comme ils le devraient, plus comme ils le pourraient. A la mairie, j’ai fait réparer l’angelus.  ET puis ll y a la vie  qui m’a encore cueillie à la fin de l’hiver, mon corps allégé, bien plus léger, la maison, le jardin, les enfants, lui, nous, rien n’est jamais acquis ; mais qu’est qu’on fait une fois que c’est dit ? quelle direction on choisit ? Il y a eu du désir, des pleurs, des peurs, et puis des rires, des rires aux éclats, de ceux qui balaient les inquiétiudes pour les envoyer un peu plus loin. Rien n’est jamais certain, je ne suis pas beaucoup plus sûre, je n’en sais pas plus sur ce qui vient. Mais il y a eu la fin et le début mélangé,  j’ai traversé un tunnel et de l’autre côté, à l’arrivée, il fait plutôt doux et la lumière est belle.

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mardi 25 novembre 2014

le parfum par novembre est rentré.

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Et puis tout d’un coup Noël est revenu, ou plutôt l’idée que nous nous en faisons. C’est cette date, le premier dimanche qui suit la moitié de novembre, qui nous a d’abord rappelés à nos obligations ;  Alors il a fallu chercher les ingrédients, nous rappeler de l’ordre dans lequel il fallait les mélanger puis chercher les crooners qui se devaient de nous accompagner. Et puis on s’est mis à chanter et j’ai allumé la bougie en verre rouge qui est presque terminée. Noël m’a cueillie au  sot d’un dimanche matin qui ressemblait encore à l’automne. Au début, je n’étais même pas sûre d’en avoir encore très envie. Et si je saturais de Chrismas Carols, d’odeur de pain d’épices et de trop de pensées sucrées ?  J’ai quand même appelé les enfants pour trier les raisins  secs et les clémentines confites, couper la graisse et chercher le grand saladier. J’avais mis un temps fou à me décider et à ce moment-là, la lumière du jour avait déjà baissé. ‘Oui, mets la musique s’il te plaît ! ». Je crois que c’est le parfum de la cardamome qui m’a, la première, réconciliée avec l’idée que l’avent allait bientôt arriver. Ils étaient tous les quatre montés chercher leur toque de cuisinier et je lisais dans leurs yeux leur envie de solennité. D’accord, cette année encore, on glisserait les petits saladiers dans les grands et on ne mêlerait pas les ingrédients n’importe comment. La nuit tombait et nous mélangions avec application. Noël, c’est si bien quand même, surtout quand le parfum de la bière brune se mélange à celui de la cannelle. Quatre contenants, un pour chacun des enfants. Blanche a choisi le sien, puis Aimé, puis Marcel et Georges à qui on avait pris soin de ne pas laisser le plus petit. Chacun  a versé sa part de préparation avant de découper des petits cercles de papiers sulfurisés et d’empaqueter les cakes dans des torchons blancs. J’ai remercié la chance, et mon habitude de la cérémonie, quand nous avons pu constater que le contenu du grand saladier correspondait à quelques fruits confits prêts, aux quatre moules que nous avions sortis. Chaque geste avait été accompli en suivant un ordre établi, le rituel scrupuleusement suivi et les chansons entonnées comme un hymne à la fête « tu crois qu’on pourra faire nos listes bientôt ? ».   il ne restait plus qu’une bonne paire d’heures de cuisson au bain-marie. Plus ça cuisait et plus la maison se réchauffait, plus le soir avançait et plus je me laissais convaincre par l’idée de laisser l’idée de Noël entrer chez nous.

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mercredi 12 novembre 2014

Deux mille six cent cinquante et un, sept ans et quelques poussières

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Plusieurs fois, depuis dix jours, j’ai pensé aux mots avec lesquels je décrirais une émotion, un moment. Je me suis dit pas tout suite, j’ai pensé à Noël prochain. Et puis le temps a passé et l’évidence s’est installée, un peu comme elle s’était emparée de moi quand j’avais commencé l’écriture de ce blog. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Mais voilà, après sept années et quelques poussières, je ne viendrai plus écrire chaque soir ici. Aujourd’hui,  après la lecture de tous ces messages qui me disaient le manque que plusieurs jours sans écrits avaient causé, j’ai senti mon coeur se serrer et j’ai failli renoncer, recommencer. Mais je ne serais pas fidèle à ma promesse si je continuais, je veux être sincère et trouver du plaisir dans chaque mot que j’écris. Alors, voilà, tant pis pour l’émotion qui m ‘envahira forcément au fil des jours qui viennent mais j’ai décidé que le moment était arrivé. Comment trouver les mots pour vous dire à quel point je suis décolée pour ceux et celles qui venaient ici pour y chercher un moment de réconfort, une petite giclée d’énergie, comment vous dire à quel point j’ai aimé ces sept années et quelques poussières,  comment trouver les mots qui décriraient à quel point j’ai aimé cette aventure et tout ce qui en a découlé. J’ai prévenu les enfants que j’arrêtais ce blog, ils étaient tristes mais je crois qu’ils ont compris. Il reste tout ce que j’ai écrit, tous ces jours racontés. Ce soir, je veux croire que c’est une sorte de trésor. Et puis il y a eu tous ces fils invisibles, tout ces regards croisés dans la rue et ces mots bienveillants. De tout cela, je vous remercie. Un merci infini. Je ne reprends pas ce que j’ai donné, ce que j’ai donné je le laisse ici. Mais c’est comme un autre voyage qui doit commencer, une autre période de ma vie, à commencer par quelques turbulences et des évènements que je n’ai pas choisis. Rien de grave, pas de quoi s’inquiéter. Juste une période de la vie qui se termine, un voyage qui prend fin pour qu’un autre commence. Je ne sais pas ou je vais.  Notre petite vie va continuer ici et lle four continuera à chauffer le mercredi, les enfants vont grandir et je vais continuer à composer avec la vie.  Je ne m’interdis pas de revenir quelquefois ici, pour donner quelques nouvelles, pour parler de ce petit film que deux jeunes femmes sont venues tourner l’autre jour chez nous, pour parler de Noël et de la vie, pour me rappeler le parfum de mes enfants quand ils étaient tout petits, pour raconter quelques bribes de la vie d’après. Après quoi, je ne sais pas. On est forcément triste quand on part d’un endroit qu’on a aimé, follement aimé. Mais j’en suis sûre. C’est une évidence, Mon récit  quotidien se termine ici. Et je vous dis merci, un infini merci.

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vendredi 31 octobre 2014

la peur des citrouilles

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J’ai finalement trouvé quatre citrouilles, vendredi midi, quelques heures seulement avant la nuit d’Halloween, juste avant d’échapper à la répudiation au rang des mères indignes. Même pas capable de trouver des citrouilles pour Halloween. Sauvée chez le deuxième primeur de la troisième ville. Impossible de les choisir puisqu’il n’en restait plus que quatre. Heureusement, elles s’accordaient à la perfection avec ce que nous souhaitions et s’annonçaient faciles à creuser. Nous les avons portées jusqu’à la maison et chacun imaginait déjà la tête qu’il allait découper « tu vas la faire méchante toi cette année tu crois ? » J’ai sorti le crayon noir et le petit couteau, ils se sont d’abord mis à dessiner « tu n’oublieras pas de découper la dent maman » et puis j’ai entaillé pour voir apparaître des mines plutôt réjouies de citrouilles rebondies. Quand nous avons eu terminé, la nuit était tombé e. « ça veut dire qu’halloween est vraiment commencée ». Alors les enfants sont allés s’habiller avant de reprendre leur citrouille en mains pour les disposer dans le jardin. « la mienne, elle fait peur tu crois ? » On décidait de les laisser brûler une partie de la nuit, espérant que les promeneurs les voient de loin. Pour nous, le plan d’attaque était prêt « des bonbons et des mauvais sorts » criaient les trois plus grands avant que Georges ne rajoute, systématiquement avec sa petite vois « ben oui, on veut des bonbons quoi ! ». Trois maisons de voisins que nous savions bienveillants ont suffit à cette soirée de la peur qui s’est terminée dans une autre maison amie où les enfants ont partagé leur butin. L’année prochaine, c’est sûr, ils feront « encore plus peur » et ils récolteront « encore plus de bonbons. A notre retour, nous avons rentré les citrouilles pour ne pas qu’elles prennent trop froid et les apprentis sorciers sont montés se coucher, les mains collantes et l’estomac barbouillé. Les enfants se sont vite endormis et les citruoilles ont continué de rire un moment avant que la dernière bougie ne finisse par rendre l’âme. Dehors, le brouillard s’était emparé du grand champ.

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jeudi 30 octobre 2014

sept ans

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Ce petit garçon a sept ans aujourd’hui et depuis un moment, il a décidé que oui, ses sept ans serait son âge de raison. Il attendait cette journée depuis des semaines, il comptait les heures depuis des jours et elle est arrivée, sa journée de sept ans, sa journée rien que pour lui, l’anniversaire avec les cadeaux à l’apéro, une fête dont il faut le héros, son inoubliable journée. Marcel qui semble armé pour la vie entière, et au delà s’il en a envie, Marcel qui aime tant son baiser du soir et les petits mots doux qui l’accompagnent souvent. Marcel qui se permet encore d’être petit de temps en temps « maman, s’il te plaît, tu me lis une histoire ? » et qui sait rendre fou son petit frère, Marcel au rire éclatant, qui dit à son grand frère « toi, tu vois un fille dans la rue et ça y est, tu as le cœur qui sort de la bouche » avec le dégoût qui sied à ce petit garçon qui a décidé, il y  a trois ans, qu’on ne lui parlerait plus jamais d’amour. Marcel qui ne veut ni femme ni enfant et qui a les joues qui rosissent dès qu’il entend un compliment. Mon petit garçon timide au milieu de frères et sœurs à qui rien de fait peur, mon petit garçon qui analyse toujours la technique avant de se lancer, pour toujours aboutir à un geste parfait. Petit garçon insupportable de temps en temps, mon petit garçon que j’enverrais  passer certains soirs sur Mars s’il ne m’adressait pas ce sourire ravageur. Marcel qui partirait bien tout seul sur Mars de temps en temps, pour oublier « cette famille de nuls » et ces parents qui ne sont pas à la hauteur. Mon petit garçon qui me seconde quand nous sommes tous les deux tous seuls et qui tout d’un coup devient grand, petit garçon pour qui l’âge de raison semble n’être alors qu’une formalité. Marcel le grand, Marcel le réfléchi, Marcel le footballeur au geste et au regard précis, aux baisers fondants. Aujourd’hui, Marcel a sept ans. Il y est enfin arrivé et le sourire qui lui barre le visage vaut bien toute la raison de la terre et de la lune réunis.

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mercredi 29 octobre 2014

avant les premières gelées

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De la peinture avec les enfants dans la maison du bas de la vallée, une promenade sur notre chemin, le temps qui s’étire et qui nous laisse profiter du jardin. Les quilles avec Blanche et Marcel, et me rappeler que je suis en vacances, vraiment. Jouer, et perdre sans même le faire exprès. Aujourd’hui Marcel a compté les heures qui le séparaient de son anniversaire et il m’a dit « pour toi, il faudra attendre trois-cent-soixante-cinq jours maintenant. » Ce matin, j’avais fait un gâteau pour le petit déjeuner  en y glissant un peu d’automne dedans, des noix et des raisins. Ce midi, nous avons partagé le repas tous les sept, comme presque tous les jours de cette semaine. C’est une semaine de vacances à la maison et je crois que c’est exactement ce qu’il nous fallait. Nous retrouver ici et petit à petit oublier cette liste de choses à faire que je ne peux m’empêcher de dresser à chaque semaine de vacances ici. Et même laisser le bazar s’installer, et même ne pas savoir ce qu’on va dîner, et même laisser les enfants ne pas s’habiller s’ils n’en ont pas envie. Ne profiter que d’être ici, avec eux, et lire, dormir, parler, rire et regarder des films pour les enfants avec les enfants. Un plongeon tête en avant et bras tendus dans leur monde, , leur rythme décousu, leur envies et leurs disputes. ET puis quelquefois, ne plus les entendre du tout, réfléchir à la robe que je vais choisir pour la journée, à ces petits kilos déjà perdus, aux cheveux un peu plus courts et au vernis rouge que j’arrive enfin à mettre sur mes mains. Je suis une dame maintenant, j’ai des cheveux blancs. Et puis les entendre dire « t’es belle maman ! » et mettre mes talons hauts, puis mes sabots, chausser mes envies, m’y glisser, me dire que pendant ces quelques jours de vacances ici, chacun aura fait ce qui lui plaît. J’aurais plusieurs fois dormi en pleine journée et quelquefois veillé au milieu d’une nuit, j’aurais vu des enfants se lever très tôt et d’autres dormir jusqu’à la fin de la matinée. Des douches, des bains, pas de bain du tout, la liberté en bouquet, juste avant les premières gelées.

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mardi 28 octobre 2014

quarante-quatre

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Les enfants s’en faisaient une fête, je ne savais plus quoi en penser, un peu perdue et pourtant, bien obligée d’avancer. Pour la première fois je crois, ou dis-je cela chaque année, je ne sais plus très bien,  je redoutais cet anniversaire. Moi, j’aurais bien pris encore un peu de temps, traîné encore du côté des quarante, je me serais volontiers faite oublier par cette horloge qui ne veut décidément plus jamais s’alanguir. Trop pressée. J’aurais bien oublié le métronome et cet implacable chemin. Un pas, droit devant  l ‘autre,  jusqu’au bout. Et si c’était justement le moment de revoir la cadence de ce pas sûr de lui, les chemins que j’ai envie d’emprunter ? Tout revoir, tout repenser, ne plus rien savoir, ou faire semblant d’être de nouveau au commencement. C’est exactement ce dont j’avais envie pour cette date particulière. Je ne veux pas recommencer puisque de la vie que j’ai eu jusque là, je ne veux rien retirer, mais laisser le doutes et les questions me grignoter, perdre l’équilibre et le goût du rectiligne, tanguer, et même tomber, peut-être tomber sans me demander si je saurais me relever. Et encore, et de toute façon, et quoi qu’il en soit, choisir la vie, ses crasses et ses palpitations, plonger, nager, oh oui nager et fendre l’eau pour faire le tri. Avancer, mais peut-être plus comme avant. Je suis assez grande pour me perdre maintenant, je sais assez de choses sur moi pour avoir envie de ne plus rien savoir de temps en temps. Hésiter, chercher le vent, chercher l’envie, et faire face à la vie, aller la chercher, la serrer, s’y accrocher, il ne reste plus tant de temps que cela, une petite éternité. Une éternité quand même, une éternité comptée. Si tu veux faire quelque chose de ta vie, il va falloir y penser. Me retourner, me regarder en face, pour voir tout ce que j’ai fait jusqu'a aujourd'hui. C’est déjà pas mal tu sais. Mais ce n’est pas assez. On n’est quand même pas déjà arrivé. Non, le bout du chemin est encore loin. Et c’est ça qui me plaît. Il y a tant encore à inventer. Il reste tout à inventer, cette part ci de la vie, je n’y avais jamais pensé. 

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lundi 27 octobre 2014

ce que nos jours doivent à la nuit

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J’avais tant redouté cette heure d’hiver, comme si elle allait nous plonger pendant plusieurs mois dans la froideur de la nuit. Et puis elle est arrivée sans qu’on l’est cette fois vraiment envisagée,  et j’ai retrouvé une poignées de plaisirs complètement oubliés depuis l’hiver dernier. D’abord ces ciels incandescents, ces lumières de fin du jour qui ne se répètent jamais à l’identique,  du rose au rouge, puis dans un bain de gris, la brume qui reprend possession des champs quand cette fin du jour s’annonce et le froid qui remonte de la terre, l’humidité, les moments qu’il ne fut pas laisser s’échapper. Et puis la nuit, très tôt, celle à laquelle je n’avais pas envie de penser depuis qu’octobre était entamé. Mais la nuit, il y a tous ces ciels étoilés à l’heure où les enfants peuvent encore y perdre leur regard, il y a l’intérieur des maisons allumés et toutes ces vies qu’on peut imaginer, les histoires qu’on  peut écrire en regardant dans ces petites lucarnes qui nous laissent si peu voir. Et la vie qui reprend à l’intérieur. Toutes ces petites lumières dont on a besoin un peu partout, l’heure du thé qu’il ne faut plus manquer parce qu’après, le soir prend le dessus, la nuit noire qui enrobe tout, les peurs et les envies, du jardin au grand champ, et au delà. Et puis tout d’un coup, il y a tous les parfums qui changent, ce sont ceux du dedans qui reprennent le dessus puisque la porte du jardin est maintenant fermée, le rideau tiré. Il y a cette odeur du bois qui crépite, celles du dîner, le parfum du bain qu’on fait couler pour se réchauffer et celui des tisanes qu’on boit pour se faire du bien. Les parfums de la vie qui se replie un petit moment, juste le temps de laisser passer une partie de l’hiver pour redéployer ses ailes après, la vie qui se glisse sous un plaid en laine rêche qui sent le mouton et les siestes l’après-midi. Est-ce qu’au réveil il fera encore jour ou il fera déjà nuit ? c’est une nouvelle vie qui commence ici à chaque nouvelle heure d’hiver, une vie plus douce que je ne l’avais craint, même la nuit.

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dimanche 26 octobre 2014

le jour des livres et des araignées

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C’était un dimanche un peu fou, comme ceux que permettent les vacances, un dimanche sans devoirs ni perspectives de lundi, sauf pour moi qui ait fait comme si. C’était un dimanche plein de soleil, un dimanche avec cette heure supplémentaire que nous offrait l’hiver. Le matin dans la salle des bains à regarder les rouges à lèvres et les vernis, le déjeuner presque comme en été et le départ pour cette exposition sur les araignées, des petites routes au milieu des vignes et des champs, les petites bêtes promises et juste à côté, le village du livre qui nous offre quelques trésors pour une poignée d’euros. Des belles histoires et  un vieil Heidi grandit. Et puis le retour avec cette lumière qu’on avait oubliée. Celle de la fin du jour, celle qui laisse la brume reprendre possession des champs et des châteaux, « et si on passait par le  petit chemin qu’on connaît ? ». Cette route qu’on a prise tant de fois pour venir en week-end à la maison quand nous n’y vivions pas, que ces souvenirs sont doux, la vue de l’église au bout de l’allée d’arbre. On y est presque. Ce soir, nous reprenions le même chemin, cinq enfants assis derrière nous, un peu serrés, mais ébahis eux aussi par le rouge du ciel. Et puis cette maison au bout du chemin, la nuit un peu trop tôt et à la chaleur à l’intérieur. Les livres qu’on ressort du panier pour s’y plonger tout de suite, sans se soucier du moment, sans se soucier de l’heure. Le dîner qu’il faut préparer, mais on a le temps puisque demain, presque tout le monde est en vacances ici. Dimanche à l ‘heure d’hiver, un soir qui prend son temps. On reparle des livres et des araignées, des si beaux endroits qu’on a traversés et de cette route à l’heure ou le ciel semblait s’embrasait. Dimanche d’automne qui se termine devant le poêle allumé, avec un livre entre les mains. Et puis cette heure qu’on ne maîtrise pas encore, impression que le temps nous fait un cadeau. Une heure en plus pour lire encore alors que dehors il fait nuit et que  le froid s'est depuis longtemps installé.

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samedi 25 octobre 2014

jour de pointes

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C’était déjà comme des vacances, un avant goût avant les vraies, un petit déjeuner qui s'étire, un matin sous le soleil à nettoyer le cimetière avec les habitants volontaires, un déjeuner la porte grande ouverte sur le jardin et l’après-midi à préparer le marché de Noël dans l’ancienne école transformée en atelier. Puis un petit voyage entre filles en toute fin de journée, un aller-retour en ville surprise pour aller chercher la paire de pointes dans la danseuse a désormais besoin, pointes roses aux rubans de satin, pieds recroquevillés et rêves de petites fille assouvi avant  de traîner dans les allées d’un magasin de chaussures pour en  repartir avec un cadeau d’anniversaire, de jolis talons pour l’hiver. Souhait de grande fille exaucé avec ces chaussures de fille qui offrent quelques centimètres supplémentaires sans faire mal aux pieds. Et Blanche qui tout d’un coup me dit, alors qu’il fait déjà nuit « mais moi aussi je voudrais te faire un cadeau pour ton anniversaire. » Un petit truc de filles, un cadeau que nous pourrions choisir toutes les deux « pour être sûre qu’il te plaise vraiment », quelque chose qu’il faudrait trouver avant ce soir parce qu’après, ce serait trop tard, un petit cadeau comme un rouge à lèvres que j’essaierai « celui là, est ce qu’il te plaît ?  », un rouge à lèvres bordeaux pas trop foncé avec du vernis assorti,  et une petite fille qui a les yeux qui brillent à mes côtés. Vite, vite, il faut nous dépêcher dans les allées du supermarché avant que la voix au micro nous annonce l’imminence de la fermeture. Aurions nous traîner tant que ça ? Il était bien trop tard quand nous sommes rentrées, tout le monde nous attendait, mais nous amenions avec nous de quoi préparer un bon dîner. Parmesan, potiron et lardons pour une soupe d’automne, un peu de vin parce que nous étions samedi et riz au lait pour nous réchauffer. J’ai aperçu une paire de petites mains plonger dans mon sac à mains pour y prendre discrètement le rouge à lèvres que j’y avais glissé. Promis, je ne le verrai plus avant mardi.

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vendredi 24 octobre 2014

demander à la mer

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Dans cette maison, il y a une très grande fille dont l’entorse s‘est peut-être transformée en fracture, il y  a un petit garçon qui semble cracher ses poumons, il y a un autre petit garçon qui me dit « je fais une crise d’asthme tu sais. » , une petite fille qui me dit « je t’attends toute la journée » un tout petit garçon qui court partout, qui se fait disputer et me demande « et si tu me fais un petit garçon ». Dans cette maison, je crois qu’il y a aussi un père de famille qui en a marre de jouer les pères de familles. Je ne suis pas encore en vacances, j’ai encore des réunions et je passe de temps en temps dans cette maison. On me dit « ah, tu pars déjà, » ou « tu ne fais pas attention à moi. » je fais à déjeuner, je dresse la table mais je n’ai pas le temps de rester pour manger. Je pars à mes réunions et j’écoute de la musique très fort sur le chemin, parce qu’il me faut une transition. Changer de peau, pas tout à fait. . Dans cette maison, il y a une pile désormais infranchissable de linge à repasser, un corbeille à linge sale qui cédera bientôt sous le poids de son contenu et des enfants qui me diront bientôt « maman, comment tu veux que je m’habille, y’a plus rien dans mon armoire ! ». Dans cette maison, il y a  un réfrigérateur qui crie famine et des enfants qui ne rit plus quand je leur dit « j’adore ces spaghettis ! ».  Dans cette maison, il y a un cahier de comptes qui n’arrêtent pas de me souffler qu’il serait temps que j’aille me pencher sur lui, des araignées en plaine conspiration, prête à prendre le pouvoir sans sommation, et woodkid glissé dans le lecteur de cd quand je ne sais plus à quelle complainte accorder le priorité. Quand j’arrive dans cette maison, il y a des sourires et des moues qui me sont adressées. Dans cette maison, il y a quelque part un curriculum vitae qu’il va falloir retrouver, il y  un endroit qui m’attend pour que m’assieds un moment et que je réfléchisse à ce que je ferais après.  Il y a quelque part, qui flotte dans les airs au rez-de-chaussée en se mélangeant au parfum du dîner, mon envie de solitude, pour quelques jours, aller demander à la mer comment je vais pouvoir faire. Pas partir, pour toujours mais faire un pas de côté, souffler. Dans cette maison il y a un tourbillon et la vie, toujours plus forte que tout et la petite voix qui me dit que ça va aller.

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jeudi 23 octobre 2014

un brasero

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Je les ai rejoints  dans le jardin de la grande maison de l’autre côté de la forêt. Je suis arrivée la première, pour me réchauffer les mains au dessus du barbecue qui faisait aussi office de Brasero. « oh, maman, t’es déjà arrivée ! ». J’avais terminé ma réunion plus tôt que prévu,  ils me racontaient leur journée autour du feu et tout s’envolait avec les étincelles qui dansaient devant nous.  Puis les enfants suivaient les grandes filles dans les couloirs de cette grande maison. Ils disparaissaient pour ne redescendre qu’au moment du dîner et repartir aussi vite une fois les assiettes finies. J’ai croisé Georges quelques fois pendant la soirée, j’ai bien compris qu’il vivait sa vie. Je m’amusais encore de l’effet de cette grande maison sur nos enfants, fascinante suite de couloirs et de pièces dont on met du temps à comprendre l’organisation, lieu qui s’anime au moment des vacances et qui accueille de très grands enfants, à la fois modèle et public conquis par les facéties des plus petits. Ils nous reprochent toujours d’y être arrivés trop tard et ne veulent jamais en partir, quelle que soit l’heure de la nuit. Ce soir, nous ne pouvions rentrer trop tard et , une fois les derniers aurevoirs adressés par dessus les haut murs du jardin, nous rentrons chez nous par la toute petite route qui longe un petit étang avant de traverser toute la forêt. Cette route du retour, encore imprégnée de leurs souvenirs de la grande maison prolonge le plaisir. Délicieuses peurs au chaud et à l’abri, dans l’habitacle d’une voiture qui les protège de tout « maman, qu’est ce qu’on fait si on tombe en panne ici ? ». Ce soir, c’est un énorme blaireau que nous avons vu sortir d’une haie avant de nous ouvrir la route pendant un long moment et puis le ciel plein d’étoiles en arrivant, la voie lactée, et toutes les constellations qu’on pouvait parfaitement distinguer. Nous aurions le temps de nous réchauffer, une fois les affaires déposées nous sommes ressortis pour voir la pléïade briller.

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mercredi 22 octobre 2014

sur les planches

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Petite part de vacances. Nous sommes montées, entre fille, retrouver nos ateliers du mercredi après-midi dans la salle de l’ancienne école. Le marché de Noël se rapproche et nous commençons à l’imaginer. Je me suis amusée, comme Joséphine et Blanche, à peindre sur des planches, et à oublier,, concentrée sur les détails de ce que j’avais dessinés,  toute la vie du dehors et les questions qu’elles nous fait nous poser. Se concentrer sur les contours et comme les enfants, faire surtout attention à ne pas dépasser, ne pas laisser sa main trembler. Ne penser qu’à l’oiseau, « et si je dessinais du houx ? », tenter les flocons de neige malgré la peur de tout gâcher.  Les heures ont passé et nous aurions voulu continuer. Les petits garçons venaient nous chercher et je leur promettais un autre atelier pendant ma semaine de vacances. Finalement, c’était bon aussi de rentrer chez nous alors que le poêle avait réchauffé la maison, de préparer l’apéro pour les amis qui devaient arriver, de préparer un semblant de dîner parce qu ‘en vacances, les apéros se transforment toujours en dîner, et de voir Aimé rentrer avec son père de sa visite chez le médecin, le sourire accroché aux joues, trop content d’avoir eu lui aussi le droit à son moment privilégié. Un moment offert comme bénéfice secondaire d’un asthme avec lequel il a appris à vivre. Du fromage de chèvre, du pain, du vin et de la musique en attendant. Premier apéro de la saison d’hiver, dans la maison. C’était bon d’avoir le temps. J’avais oublié d’allumer quelques lumières, j’avais oublié le parfum de la bougie que j’avais choisie, celui du poêle quand il chauffe la maison depuis le début de la journée. Chaleur certaine, rassurant dedans.  j’aime toujours autant ce moment qui précède l’arrivée des invités, quand tout est prêt, presque prêt, quand il me reste même un petit moment pour lire parce que dans ces moments là, il est hors de question de vider une machine à laver ou de lire un dossier. Rien d’autre qu’attendre et trouver déjà le moment délicieux.

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mardi 21 octobre 2014

le pull et la robe

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Je suis sortie de la réunion et je me suis aperçue qu’il faisait froid. Un froid sec qui me m’empêcherait pas de m’offrir les deux heures en ville que je m’étais promises, comme un cadeau un peu volé, deux heures délicieuses qui me rappelaient d’autres moments de ma vie. J’ai repris le tramway pour m’arrêter en centre ville et me promener là où mes envies me porteraient. Première envie, comme une priorité,  entrer dans cette petite boutique aux couleurs de  bonbonnières pour me racheter le parfum que je venais de terminer ce matin. Aucune petite voix à mon oreille pour me parler de raison, et cette jeune femme dont les jolies rondeurs réconciliraient tous les ronchons avec la vie qui m’offrait en plus deux petits échantillons de ce parfum « à glisser dans votre sac à mains. » Mon petit sac à noeud gris entre les mains, je marchais encore un peu et chaque pas finissait de me convaincre de a nécessité de m’offrir un  cadeau pour mon anniversaire. Ma grande fille m’avait parlé de ce petit magasin en me disant « il faut absolument que tu le vois, tu vas odorer ! ».  Je pensais à elle en poussant la porte d’entrée et m’amusait à la déranger en plein cours de phonologie pour lui demander son avis « petite robe ou pull gris ? », après ma fille j’appelais me mère et après avoir fait le numéro de me petite sœur je raccrochais. De toute façon, elle m’aurait dit « prends les deux pour ce prix ! ». J’essayais aussi d’imaginer les conseils des quelques bienveillantes qui font partie de ma vie, c’était si doux, cette solitude accompagnée, le pas léger sur les trottoirs d’une ville ensoleillée. E puis je l’appelais lui, « si tu veux je t’offre la petite robe pour ton anniversaire ». J’étais sûre qu’elle lui plairait. Il était l’heure, encore quelques vitrine, cette autre si jolie petite robe noire qui me narguait et que je décidais de ne même pas essayer puis il fallait rentrer. Je retrouvais Joséphine à la gare et dans le train, assise à côté d’elle, je lui racontais ce petit bout d’après-midi que la vie m’avait permis buissonnier.

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lundi 20 octobre 2014

la maison m'attendait

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Je suis rentrée tard à la maison, déjà la nuit commençait à s'installer.  J’avais à peine poussé la porte que quatre enfants courraient vers moi en criant « maman ! ». Le dîner en préparation avait parfumé tout le rez-de-chaussée et Blanche m’a dit « toute une journée, c’est long sans toi. » Je ne lui ai pas dit la petite caresse que m’avait fait cette petits phrase là, cette certitude de leur avoir manqué. J’avais beaucoup travaillé et l’idée des vacances ne m’avait pas effleurée une seule fois de la journée. Mais maintenant, dans cette maison éloignée de tout, tout près d’eux, il me tardait de les rejoindre dans cette vie  sans contrainte. « Ça va tu crois comme on s’est habillé ? » Je devinais que les pyjamas avaient du être enlevés il n’y a pas si longtemps et je m’amusais de les savoir si préoccupés par la manière dont je prendrais leurs initiatives vestimentaires. Je ne pouvais pas leur dire qu’elles ne m’importaient que peu, je leur assurais qu’ils étaient très beaux et je leur assurais qu’eux aussi m’avaient manqué, ce qui était vrai.  Pour la première fois, sur le chemin, j’avais senti le parfum des premiers jours froids, cette odeur si particulière de l’automne quand il est bien engagé, celle qui donne envie de rentrer, ou de profiter encore un peu, juste un moment avant de rejoindre l’intérieur. Ressentir le froid pour avoir envie de se réchauffer. Marcel et Blanche me racontaient les jeux qui les avaient occupé une partie de la journée, Aimé en profitait pour s’eclipser au premier et Je retrouvais Georges comme un tout petit qu’il est encore de temps en temps, quand l’envie lui prend d’être blotti dans mes bras. C’était un lundi soir sans réunion pour moi, sans école ni collège le lendemain, quelques heures préservées du fracas du monde, une soirée qui pouvait s’étirer, quelques heures encore à l’heure d’été, quand cette heure s’offre encore à nous pour ses derniers jours, quand elle nous semble à la fois encore si précieuse et déjà dépassée.  Il avait fait si doux pendant la journée. 

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dimanche 19 octobre 2014

un jour heureux

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Ils étaient venus me voir un semaine il n’y a pas si longtemps. Ils voulaient se marier vite et je ne leur ai pas dit tout de suite que j’avais rêvé qu’ils soient mes premiers mariés. Ce matin, je suis montée avec Blanche pour préparer le table, les papiers, les bouquets, les chaises et la Marianne qu’il fallait installer sous le préau elle aussi. Puis nous sommes redescendues nous préparer. Hier, j’avais révisé et ce matin encore, relu le texte une dernière fois. Ils sont arrivés à pieds avec leur famille et leurs amis. Sur les papiers officiels, il n’était marqué nulle part que cette jeune fille était allée jusqu’en Tasmanie pour rencontrer son amoureux français et qu’il était venu lui aussi s’installer ici pour devenir maraîcher avec elle. Aucun papier officiel ne racontait l’histoire de ces voisins dont on voit la grande maison  s’allumer quand il commence à faire nuit. Une grande maison qu’on aperçoit au bout de notre champ et qui semblait pour toujours endormie.  Marcel a beaucoup ri quand je me suis emberlificotée dans mon écharpe tricolore. Les enfants m’avaient promis d’être sage, leur papa faisait les photos de la cérémonie. Blanche m’avait emprunté mon appareil photo et comptait bien elle aussi garder de jolis souvenirs de mes doigts tremblants et des oui des mariés, des témoins, l’une anthropologue et l’autre muséologue, dont les métiers fascinaient les enfants et de la bienveillance qui flottait  sous le petit préau. Ce préau de l’ancienne école,  tout juste assez grand pour abriter tous les invités, et puis la cour de l’école dont le sol se couvrait de grains de riz. le soleil était déjà haut mais il nous faisait la grâce d’être doux, un soleil d’octobre qui  nous a suivi toute la journée, de la cour de notre mairie-école à la grande maison où nous étions invités à grignoter avec d’autres gens qui avaient d’autres belles histoires à nous raconter.  Aujourd’hui, je fut l’une des artisanes d’un jour heureux pour un couple de très jeunes amis que je veux voir vivre très longtemps heureux.

pssit: et merci à Blanche pour ces photos!

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un anniversaire de quatre ans

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Quatre invités pour les quatre ans. En fait, cinq invités, des frères, des sœurs « et un gâteau à deux étages s’il te plaît. » Georges attendait cette journée depuis des jours, des semaines, des mois. Ce qu’il ne savait pas, c’est que juste avant le lancement des festivités, son oncle d’Amérique allait lui aussi arriver avec un paquet de surprise et parmi elles, une tenue complète de squelette d’Halloween. Le gâteau attendait son heure et je suis partie chercher les premières petites filles pendant que Georges finissait de préparer. Les petits sacs lui plaisaient, le chocolat aussi et il s’était assuré que nous avions des jeux pour occuper l’après-midi. La salle de jeux, le jardin, le pré, finalement tout était si tentant, Georges n’était plus sûre des chaises musicales, plus certain de vouloir jouer aux statues. Le moment des cadeaux arriverait lui aussi, mais il fallait attendre un peu. Et puisque les béquilles de Joséphine l’empêchait de jouer les maîtresses de cérémonie c’est Blanche qui se lançait dans l’animation de l’après-midi. Elle consolait une toute petite fille tombée de la balançoire, retrouvait une chaussure perdue, rappelait la troupe pour le jeu de la pomme dans l’eau. Elle les laissaient partir jusqu’au ruisseau et nous les regardions d’en haut. « C’est mon jour » criait Georges qui attendait son gâteau. D’abord, il y avait les cadeaux et cinq petites têtes penchées au dessus du héros de la journée, le souffle suspendu à son éventuel sourire une fois le paquet déchiré. Il y avait un mot doux et des cadeaux comme il en rêvait, exactement ceux que les parents ne veulent jamais acheter. C’était un anniversaire de quatre ans parfait et le gâteau se mélangeait aux bonbons. Georges avait soufflé ses bougies deux fois et proposait à ses invités de remonter voir La prophétie des grenouilles après un dernier passage par le passage secret au milieu du pré.  Plus tard, il m’a confié qu’il avait compris « quand tu mets un film et que les parents arrivent alors qu’il n’est pas terminé, il ne peuvent pas forcer leurs enfants à s’en aller et on peut rester ensemble encore un peu. »  Alice est partie alors que la nuit tombait et Georges m’a dit alors que la nuit tombait « c’était vraiment une trop bonne journée. »

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