tous les jours dimanche

lundi 1 septembre 2014

les fleurs et les enfants d'abord

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Ce soir, comme le font les enfants, nous avons mis notre tristesse dans une petite boîte pour la reprendre plus tard, quand ce serait le moment. Aujourd’hui, le vieux cheval est mort et nous avons quand même levé notre verre de vin « au plus beau cheval du monde », à celui qui nous avait tous précédé ici. Tous sauf lui qui a entendu les cinq cent kilos de l’autre côté de la haie. Je n’étais pas là mais il m’ont raconté. Un dernier galop jusqu’au bout du pré, quelques pas encore, une piqûre et c’était fini. L’infection était trop grave, la fin de vie trop proche. Le vétérinaire est parti et il manque un cheval dans notre pré. Le premier, le plus beau du monde. Le chef de la tribu. Mais une fois la première salve de larmes séchées, il a fallu très vite reprendre le fil de la vie car elle nous attendait pour un moment important. Demain, Blanche rentre en sixième et ce soir, nous nous étions promis une petite cérémonie des bouquets. J’avais passé mon dimanche à coudre les pyjamas neufs et les enfants ne les avaient pas encore essayés. Aimé, Marcel et Georges emmèneraient leur bouquet à l’école demain matin, Blanche retrouverait le sien sur son bureau de collégienne. Pour le première fois depuis l’école maternelle, elle partirait à l’école sans sa poignée de fleurs, mais il n’était pas question pour elle de ne pas prendre part à la cueillette. Un sécateur à la main, j’ai cueilli les fleurs qu’ils choisissaient, certaines parce qu’ils les trouvaient belles, d’autres parce qu’elles sentaient bon, nous avons glissé un peu de géranium citronnelle, quelques feuilles de verveine, de la lavande et du romarin dans ces petits bouquets de rentrée. Je menais une petite troupe d’enfants que la matinée avait bouleversés et qui se retrouvaient là, des fleurs à la main et le sourire aux lèvres, cueillant des tomates dans leur carré et pensant, un peu, à la journée de demain. J’aurais voulu savoir faire comme cette ribambelle dont les rires se mêlaient , penser d’abord à l’instant et pouvoir dire « j’ai peur » comme on dit qu’on est triste, avec des mots simples et précis, cette vérité vraie qu’on envoient voler très loin après l'avoir énoncée. 

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dimanche 31 août 2014

je ne l'ai pas entendu arriver

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Les vacances sont déjà terminées. Presque terminées. Il me reste quelques heures et je viens de rentrer du jardin ou j’ai passé un moment à regarder le ciel étoilé. Il est rare de voir si bien la voie lactée. Demain, je retourne travailler et les étoiles n’en ont rien à faire. Moi, je me suis nourris de leur lumière pour ne pas oublier et me promettre de ne pas me laisser dévorer. Demain, normalement je reprends la course du temps mais je ne sais plus comment on court et j’ai beau chercher, je n’ai aucune idée de l’endroit où j’ai pu ranger ces satanées semelles de vent. Je crois savoir que je vais devoir recommencer à me dépêcher, regarder l’heure, rester assise à mon bureau, oublier le silence des champs sous le soleil de midi, oublier le petit peuple du potager, remballer mes envies de sieste sur le muret. Je vais pouvoir le faire, je l’ai déjà fait, je saurai, il faudra, je le ferai. Mais je crois que c’est un petit peu plus dur à chaque fois.  Alors je vais me raccrocher aux moments qui viendront me surprendre quand je ne les attendrais pas, à l’idée que je m’en fais, à ces instants que je prendrai à la volée, aux jours de marché, aux jeux des enfants, aux soirées avec lui et à la fatigue qui ne m’aura pas cette fois-ci. Je peux encore y croire, me sentir plus forte pour l’affronter. Mais je n’ai aucune envie d’affronter quoi que ce soit. Je ne veux pas que la vie soit un combat. En tout cas pas pour moi, pas pour nous. Nous ne sommes pas des combattants. L’été n’est pas encore terminé, il me reste des kilos de prune à cueillir, des prunelles et du sureau. L’été ne fait que commencer, septembre est déjà là. Vous êtes sûrs ? Il ne me semble pas l’avoir entendu arriver. Je crois que ce soir, je vais essayer de m’endormir en oubliant que demain matin, le réveil sonnera à six heure et demi. Je vais laisser le sommeil venir en regardant par la grande fenêtre au dessus de notre lit. Pour moi, les vacances sont terminées et les étoiles n’en ont rien à faire. Tant mieux, je pourrais faire comme si.

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samedi 30 août 2014

sept années

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Il y a sept ans, j’écrivais mon premier billet, il y a sept ans que chaque soir, je viens ici pour poster quelques mots pour la journée. Il y a sept ans que ce blog m’accompagne, que notre vie comme je la ressens se raconte ici. Sept ans et je n’ai plus aucune raison à donner. Ces derniers temps, j’ai pris un peu de liberté et même si je continue à écrire un petit mot par jour, il m’arrive de ne pas prendre le temps de le publier. Il attend et je profite de ma liberté. Qu’il faut long le temps pour arriver à ne plus me sentir coupable de ne pas publier une fois par jour, aussi douloureux que de ne pas être capable de répondre à chaque message qui m’est envoyé, à chaque mot reçu. Dois-encore vous dire que l’émotion m’étreint à chaque mot gentil, à chaque parole bienveillante, à chaque sourire complice ou petit mot échangé dans la rue. Je garde chacune des lettres, je me promets de répondre à chacun des mails, mais le temps me rattrape et me happe, la vie m’absorbe et me secoue et la seule promesse que je peux faire ici, c’est de continuer à écrire. Pour le reste, je crois que je suis seulement capable de ne plus rien promettre, de ne plus rien promettre, juste raconter la vie, continuer à ouvrir l’écran de mon ordinateur comme on ouvre un papier de bonbon, la bouche déjà pleine de plaisir et les doigts fébriles. Ici, j’écris comme je mange une pâtisserie. Je me délecte,  je partage avec qui veut bien goûter, c’est si bon. Voilà, il m’arrive aussi d’écrire ces petits mots dans des lieux hostiles, ou moins bienveillantes qu’on ne l’imagine, en pleine journée et là, je retrouve mes dimanches comme on caresse un doudou, je sais que partout où je vais, je peux le retrouver. Et puis il y a le bonheur d’écrire qui au fil des années, s’est entièrement vidé de la peur d’être jugée, jaugée, décortiquée. Les mots les uns après les autres, les images choisies, c’est trop bon et c’est ça qui compte. Et puis, et puis il y a le bonheur fou de savoir ces âmes bienveillantes de l’autre côté du fil, des âmes sœurs, des sœurs et des frères, qui sont là quelquefois depuis sept ans, quelquefois de passage, quelquefois déçus, quelquefois irrités. Il y a toutes celles et tous ceux qui ne savent pas ce qu’ils me donnent en venant chaque soir ou une fois de temps en temps. Il y a cette chanson de mon enfance qui racontait « bel escalier puis-je monter ?- Mais oui madame, il faut payer »  Je pense souvent à cette histoire, je crois que je ne suis capable que de donner des histoires, une histoire par soir. En retour, j’ai la main et le cœur pleins de mots doux et d’attentions discrètes, et  puis cette certitude ne de pas être seule, celle d’être lue. En retour, j’ai la tête qui tourne et ce petit rire intérieur, si doux, qui me dit que la vie vaut la peine d’être partagée.

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vendredi 29 août 2014

la fête pour commencer

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En âge humain, cheyenne est vraiment très vieux, c’est ce qu’on n'arrête pas de se répéter. IL aurait plus de cent ans et il aura été très heureux. Il est encore en vie. On va le voir plusieurs fois par jour, le vieux cheval ne bouge plus beaucoup mais il a retrouvé le bord du ruisseau. La rentrée, maintenant c’est bientôt, très bientôt, alors quand Lucie est arrivée hier après-midi pour passer le week-end avec Joséphine, et nous, les enfants ont voulu lui faire « un défilé ». Nouveaux pantalons, nouvelles chemises et nouvelles coupes de cheveux, c’est la fête ici. Le bureau de Blanche sera bientôt bleu, repeint sur le fil, juste le temps de le ranger. Les cœurs se mettent à battre fort, Blanche compte les heures « comment on fait quand on a envie de faire pipi en plein milieu d’un cours ? »Nous avons tous été élève en sixième, le premier jour. ça n’enlève rien à la violence du passage obligé. Mais elle est prête pour grandir, et nous à l’accompagner. Mes réunions ont recommencé, je vais y arriver, je me répète que c’est une question de priorité, je vais apprendre à dire non, je voudrais apprendre à distinguer ce qui est important de ce qui l’est moins. Avant la rentrée, je voudrais coudre encore, un peu, ça c’est important pour moi, et jouer du piano. A la rentrée je me remets à écrire et ça, c’est trop bon. Je ne sais pas à quoi ressemblera cette année, je ne sais pas encore ce que je voudrais que m’apportent les semaines à venir. Si, je sais en vérité, bien sûr que je le sais. Pour le petit déjeuner, on  a ressorti les bols bretons avec les prénoms, je penserai à Groix chaque matin en me levant, à la mer et aux embruns. Je voudrais que ne meurs jamais mon goût pour la liberté. Hier soir, j’ai entendu une émission à la radio sur Fifi Brindacier,  du bonheur pur à écouter. C’est ce bonheur là que je ne suis pas prête à lâcher, ce goût pour la vie quand elle n’est pas entravée. Lundi matin, pour aller travailler, je monterai dans ma voiture et je chanterai à tue tête, pour ne pas oublier.

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jeudi 28 août 2014

huit ans

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Aujourd’hui, notre petit garçon au sourire éclatant a huit ans. Ce matin, il s’est levé le cœur battant pour vérifier que son vœu avait été exaucé et comme la vie peut être douce avec les petits garçons de huit ans, ça avait marché. Non seulement le vieux cheval avait passé la nuit, mais il avait rejoint les autres au bord de la rivière en bas du grand pré. «  ça ne pouvait pas être à la fois el meilleur et le pire jour de ma vie » m’a-t-il dit.  ET puis à côté de son bol de petit déjeuner, il a découvert sa chemise de toutes les couleurs, une tunique cousue en secret avec ce tissu qu’il avait d’abord choisi avant de se raviser « celui ci, tu ne m’aimeras jamais. » Notre petit garçon aux cheveux longs et aux goûts affirmés , les yeux qui s’embuent et les poings serrés quand dans les cours d’école et de centre de loisirs, on lui parle de ses chemises à fleurs. ‘Je voudrais pouvoir continuer à aimer ce que je veux » nous dit il alors, la gorge pleine de sanglots et les doigts tremblants. Aimé, huit ans, inventeur du « câlin du matin » et dresseur d’araignées, Aimé qui rêvait d’une maquette de bateau qui navigue vraiment sur l’eau et qui n’arrivait pas à y croire tout à fait. Aimé aux cent amoureuses et aux rêves d’aventurier de la nature.  Aimé le créateur de maquettes insensées, le passionné de radio, qu’elle crache de la musique ou des mots. Notre Aimé dont je sens quelquefois la main trembler et le souffle s’enrayer. Et si vous entendiez le rire d’Aimé, vous aimeriez la vie sans condition vous savez, et vous en redemanderiez.  Le rire D’aimé, c’est un ciel d’étoiles au mois d’août, une pluie d’étoiles filantes et des vœux qui se réalisent même  s’ils sont trop fous pour être vrais. Notre Aimé a huit ans aujourd’hui et c’est lui qui, pour son anniversaire, a choisi ce gâteau au citron repéré depuis des semaines dans un des livres de cuisine que j’avais oubliés.  Nous avons préparé ce gâteau tous les deux et quand je me suis aperçue que je n’avais plus d’amandes en poudre, il a croisé les doigts et il m’a dit « mais tua vas bien trouver maman. » C’était tout au fond de l’armoire du cellier, juste ce qu’il fallait. Ce petit garçon aurait il un pouvoir magique, je ne sais pas. Le croire lui ferait peut-être porter un fardeau trop lourd pour ses épaules d’à peine huit ans. Mais il y a de la magie dans les veines de ce petit garçon là. Moi je le crois et je l’ai constaté, plusieurs fois.

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mercredi 27 août 2014

le vieux cheval

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Nous rentrions toutes les trois de notre journée en ville. Une journée toutes les trois pour préparer la rentrée de Blanche, une journée promise depuis le début de l’été. Classeurs, intercalaires, grands cahiers à grands carreaux, grands cahiers à petits carreaux, trousse, agenda, stylo plume, toutes les lignes de la liste étaient enfin cochées, s’était choisi une tenue de sport qui brille et dans un des sacs que nous ramenions, il y avait un pantalon pour chacun des petits garçons de la maison, dans un autre du parmesan pour le dîner. Nous rentrions les pieds en bouillie et le cœur léger, la tête encore pleine de paillettes urbaines. Quand j’ai garé la voiture dans la petite allée qui mène à la maison, la seule question qui nous occupait était de savoir comment porter tous les sacs que nous ramenions. J’ai poussé le portail et je l’ai aperçu de l’autre côté du muret. Il était là, assis, la tête posé sur le flanc de l’animal et quand je me suis approchée de lui, on n’entendait plus que le souffle court du vieux cheval. Son cheval, celui qui l’avait décidé à garder un bout de vie ici. Cheyenne et ses airs de cheval de sioux.  Il l’avait vu couché une première fois dans l’après-midi, l’avait cru mort une première fois avant de réussir à remonter péniblement toute la pente avec lui. La ville était si loin, la nuit était tombée et l’ombre du cheval était encore plus imposante, juste secouée de soubresauts. Aimé, Marcel et Georges avaient couru en bas quand ils nous avaient entendues arriver espérant si fort que j’allais pouvoir les rassurer. « c’est la première fois que je vois papa pleurer » m’avait murmuré Aimé alors que Blanche n’arrivait plus à étouffer ses sanglots. « mais il va aller mieux «  répétait Georges « moi je vous le dis que demain matin il sera guéri ». Marcel allait s’asseoir sur le muret sans dire un mot . Ce cheval nous a tous précédés ici, c’est le chef du troupeau, et quand des invités arrivent à la maison, les enfants leur présentent le cheval de leur père avec toute la solennité qui lui est due. Joséphine répétais à ses petits frères et sœurs que « rapportée à une vie d’adulte, celle de Cheyenne devait dépasser les cent ans ». il fallait se faire à l’idée. Les enfants nous demandaient s’ils pouvaient aller dire au revoir au vieil animal. Les sacs raportés de la ville s’entassaient encore à côté du canapé. Nous sortions dans la nuit noire pour embrasser le plus vaillant de nos chevaux. Le fil était cassé et Cheyenne avait réussi à se lever, il était parti pour retomber quelques mètres plus bas. « mais tu vois papa que demain matin il ira bien »  insistait Georges qu’Aimé avait envie de croire « tu crois qu’il réussira à tenir jusqu’à mon jour d’anniversaire ? ». J’emmenais les enfants se coucher en me doutant que demain matin, ils se réveilleraient très tôt. Dehors, dans le grand pré, il y avait un homme seul et son cheval mourant, un vieux cheval au souffle court qui ne pouvait imaginer tout ce que nous lui devons.

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mardi 26 août 2014

souffler sur les pages du calendrier

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Je couds des chemises à fleurs, je m’amuse avec les couleurs, les enfants de la maison passeraient leur vie torse nu s’ils le pouvaient. Mais il leur arrive aussi de traîner du côté de la machine, pour vérifier où j’en suis, pour savoir si c’est le moment d’essayer.  Cette année encore, ils ont chacun choisi leur tissu et cette fois-ci, même Marcel semble impatient de porter sa nouvelle tenue.  « je vais être beau » m’a-t-il dit. C’est à moi que je fais plaisir en préparant ce jour de rentrée, en ajoutant aux chemises des petites pochettes de goûter. Mais plus les jours avancent et plus je les sens se rapprocher, tourner autour de moi et partager mes instants de fébrilité. Les cartables sont prêts mais les trois petits garçons de la maison de sont pas encore allés chez le coiffeur, les chambres sont presque rangées et on commence à parler du programme de l’année.  Danse, foot, équitation, piano, théâtre et surtout ce désir fou de ne pas nous laisser déborder.  Parce que cette année, tout va changer et malgré nos plans sur la comète et nos bonnes résolutions, personne ne sait à quoi ressembleront nos nouvelles journées.  Cette année, il y aura des réveils très matinaux avec une grande fille qui prendra le car à l’église avant que le jour ne soit levé, il restera ensuite trois petits garçons à réveiller. Garderie du matin ou pas, nous ne sommes pas encore décidés.  ET puis le soir, mes retours un peu tardifs, les réunions du lundi qui me dévoreront les soirées jusqu’au delà de minuit, il y aura les mercredi matin travaillés mais les vendredi plus légers. La petite boule au fond de mon estomac a commencé à faire son nid, elle se nourrit de toutes ces petites peurs et de toutes ces questions qui n’arrivent pas à trouver de réponse. Nous allons y arriver, nous allons y arriver, je sais que nous allons y arriver et je me le répète comme une litanie. Et puis je couds de jolies chemises et des foulards fleuris et tendis que mes mains se concentrent sur ces petits points,  je sens qu’un souffle beaucoup plus léger balaie  d’un coup tous ces points noirs sur mon calendrier.  Pourvu que la grosse horloge continue à être bienveillante avec nous, pourvu que je ne me laisse pas emporter par toutes ces réunions inutiles mangeuses d’énergie, pourvu que je n’oublie jamais comme j’aime la vie ici et comme elle m’est précieuse, plus préciesue que tout. 

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lundi 25 août 2014

pour mieux sauter du grand plongeoir

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Il y a les trésors retrouvés, ceux que le grand rangement nous a encore permis de retrouver comme ce très gros livre de conte d’Andersen ou ce magazine de mode japonais.  Il y a les trésors attendus, espérés, comme les chaussures de rentrée arrivées ce matin par la poste, deux jours plus tôt que prévu. Il y a les trésors et tout le reste, ces tas de petites choses dont on ne sait plus très bien si elles sont précieuses ou bonnes à jeter. Et puis il y a ces trésors si doux au toucher, ces tissus que je me suis enfin décidée à couper. Ces jours-ci, quand je ne range pas je couds. Blanche, Aimé, Marcel et Georges auront leur chemise pour la rentrée. La première est terminée, la seconde est sur le point de l’être. Georges me dit son impatience et Marcel n’a pas encore choisi son modèle.  J’ai pendant  longtemps cousu au rez-de-chaussée, au milieu du bruit et des courses des enfants. Cette fois-ci, je me suis installée sur la grande table de mon bureau, j’ai déplié les étoffes comme je le voulais,  j’ai laissé les enfants venir, quand j’en avais envie et j’ai savouré ma chance, mon plaisir, j’ai rêvé aux week-ends que je pourrais passer ici. Il se pourrait que cet automne j’aime encore plus les dimanche de pluie.  A seize heures j’ai laissé ma machine pour m’asseoir sur les marches du petit escalier qui descend à la salle de jeux. Le spectacle était annoncé depuis hier après-midi dans toute la maison et j’avais même reçu un bon pour « une entrée gratuite ».  C’était tellement bien que nous avons demandé sur le champ une seconde représentation et comme les affiches annonçaient que le spectacle était suivi d’un goûter, je suis juste remontée pour coudre un ourlet en attendant que le thé soit prêt.  Oserais écrire que ce matin, j’ai beaucoup aimé dépoussiérer les animaux empaillés?  C’était une journée à la fois délicieuse et ordinaire.  Peut-être délicieuse parce qu’elle était si ordinaire. J’avançais avec ce sentiment de refaire notre nid pour l’année sans être encore trop pressée, avec la sensation de ne pas avoir à penser.  Juste enlever la poussière. Je me suis surprise à me dire que cette année pourrait être  bien plus douce que je ne le craignais, j’ai eu envie d’ouvrir mon agenda pour m’organiser. Je me suis sentie prête à affronter la réalité pour commencer à composer et mieux respirer que ces derniers jours. Notre petite vie va continuer, j’ai  juste un peu peur de sauter du grand plongeoir. 

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dimanche 24 août 2014

l'eau qui court

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Nous ne sommes pas sortis très loin, juste de l’autre côté du muret. Nous étions tous les sept, la nuit tombait et le dîner n’était pas encore prêt. Mais C’est dans ce pré que nous avions envie de retrouver un peu de notre été. C’est la fin des vacances et chacun de nous avait des souvenirs à raconter. Il y a ce ballon neuf perdu dans la haie et jamais retrouvé, il y a ces jours de luge et les roulades dans la grande descente au printemps. Il y a l’arbre de Joséphine qui arrive après le ruisseau traversé, les hautes herbes et les traces d’animaux. Je me suis promené des heures dans ce grand champ avant la naissance de chacun de nos enfants, nous y avons cueilli des kilos de mûres et trouvé une écrevisse un jour d’été ; c’est un champ grand comme un univers, on peut s’y cacher, on y trouve plusieurs passages secrets. Il y a eu cette année envahie par les grillons qui sortaient de la terre, les frelons, les serpents, la mort des ânesses et notre tristesse. C’est dans ce bout d’immensité que les enfants courent se réfugier, se cacher, prendre l’air et sentir le goût de la liberté. C’est un champ qui fait pousser l’ivresse aussi vite que l’herbe fraîche. C’est là que chacun de nous va retrouver la paix. Ce soir encore nous nous sommes laissés entraînés dans la descente, nous avons dérangé les sauterelles et traversé le ruisseau avant de remonter jusqu’au gros arbre qui nous attendait. Perchés dans les branches, on voit un bout de la maison, « regarde comme elle est loin maman ! » C’est le froid qui nous a décidé à remonter.  Il tombe d’un coup, dès que le soleil disparaît et rend plus précieuses encore les dernières lueurs de la journée. On se rappelle alors que ce sera bientôt la fin de ces longues et douces soirées, que la nuit tombera de plus en plus vite, que le ruisseau sera de plus en plus difficile à traverser et que la boue collera à nos pieds. Ce soir, j’ai regardé mes enfants grimper aux arbres, j’ai sauté avec eux au dessus de l’eau qui courait, je me suis ennivrée de souvenirs d’été.

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samedi 23 août 2014

l'utile quand il est beau

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Il n’a pas plus toute la journée. Il a même fait doux à certains moments. Mais le ciel est resté gris presque tout le temps et même si ça n’a pas empêché les enfants d’aller s’asseoir sur le muret pour discuter et parler des planètes et du temps qu’il reste au soleil, c’était presque heureux pour notre journée. Je savais dès ce matin que je ne ferai rien d’important, je savais que je passerai la plus grande partie de la journée à l’intérieur de la maison. Quelques pots de confiture, un crumble aux mûres et aux prunes pour le dîner, encore un peu de rangement et cette certitude qu’à un moment il faut s’arrêter, puis trois coussins en velours vert pour retrouver ma machine à coudre et me préparer aux vêtements de rentrée. Les enfants ont choisi leur motif, leur modèle et La pile de tissu m’attend, je la regarde et je n’ose pas encore y toucher. Je déplie les coupons et le les sens. Demain matin, si tout va bien, je commencerai à couper. Ce soir, nous avons failli allumer un feu pour nous réchauffer. Il est encore trop tôt mais je me laisse souvent surprendre par cette envie dès que l’humidité s’installe les soirs de fin d’été, à l’approche de la rentrée. Comme si j’avais besoin de m’assurer que tout est prêt pour les jours à venir , que nous ne manquerons de rien et que nous saurons faire avec l’hiver, comme pour vérifier que nous n’avons pas perdu la main. L’hiver est encore loin mais les jours sont déjà beaucoup plus courts et j’ai si peur de ne pas avoir le temps. C’est une crainte tenace avec laquelle il me faut composer, une crainte à laquelle la réalité fera quelquefois écho. Mais je me prépare, je nous prépare et je sais que ce temps, je saurai le trouver. Ce temps pour faire des choses inutiles et joyeuses à la fois, pour me concentrer sur l’utile quand il est beau, ce temps pour moi, pour nous, ce temps que j’aime temps voir s’écouler ici. Aujourd’hui, j’a feuilleté mon agenda pour les semaines qui viennent et je me suis fait quelques promesses, je me suis donné quelques rendez-vous, quelques instants que je voudrais comme cette journée, à me laisser virevolter entre plusieurs envies, à sentir mes craintes s’exprimer avant de se dissoudre dans un grand bain d’envies.

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vendredi 22 août 2014

grande soeur et clavicorde

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Il y a toujours les retours de Joséphine, l’arrivée triomphale de cette grande sœur attendue depuis des heures même si nous ne l’avons quittée que quelques jours plus tôt.  Dans ces moments là, il suffit du bruit de la porte qui s’ouvre pour que j’entende immédiatement quatre paires de pieds dévaler l’escalier, Quatre cris à l’unisson dans la même exclamation« Joséphine ! ». Quelque soit l’activité qui nous occupait alors, elle est suspendue sur le champ et peut ne jamais reprendre. Joséphine est arrivée en milieu d’après-midi, l’heure parfaite pour préparer le thé pendant lequel elle nous raconterait son séjour breton. Mais cette fois-ci, le quotidien nous a très vite repris dans son tourbillon. C’est a fin des vacances et les heures sont comptés. J’ai partagé un instant au piano avec Blanche et nous avons parlé du concert de ce soir. Notre professeure de piano donnait un concert de clavicorde et de piano très ancien dans la toute petite chapelle de son village. Avant de tous nous en aller au concert, il fallait terminer ces tris du bureau et nous affronter aux chambardements que provoquent tous les grands rangements intérieurs. Joséphine a très vite repris sa place, nous voilà de nouveau sept, notre famille est au complet et l’été nous offre encore une grande semaine de vacances. Ce soir, dans la toute petite chapelle aux murs dévorés par la mousse, il y  avait sept places, toutes marquées à notre nom, qui  nous attendaient, il y avait beaucoup de monde, des gens ravis et d’autres très inquiets quand nous avons tous débarqué en famille, il y avait aussi une boîte de légos déposée à la porte de la chapelle pour que les petits garçons qui s’ennuient puissent sortir et jouer sans faire de bruit. Le concert a commencé, Piano puis clavicorde,  nos petits garçons sont sortis après le deuxième morceau alors que nous continuions à écouter les fantaisies de Bach père, fils et père à nouveau. Ils ont construit des navettes sous les étoiles puis ils ont voulu revenir pour ne pas rater la fin du concert « oh, ça c’était vraiment beau ». Derrière la porte, ils avaient entendu chaque morceau.

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jeudi 21 août 2014

avant de fermer les volets

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Il y a deux jours j’ai reçu l’invitation à une réunion. Réunion de communauté de communes. Il fallait donc y aller et cette reprise me semblait presque incongrue. Je suis déjà retournée à la mairie et de toute façon, il va bien falloir accepter l’idée que les vacances doivent un jour se terminer. Alors pendant les jours qui viennent je vais essayer de composer. Nous sommes partis rejoindre les amis de l’autre côté de la forêt. Ils vont bientôt s’en aller et fermer leurs volets. Nous avions rendez-vous à la grande maison pour cueillir les dernières prunes et de nouveau remplir nos petits seaux de mûres. C’est au milieu de la cueillette que j’ai du partir. La réunion n’était pas loin, elle avait lieu dans une petite ville encore pleine de vacanciers et portait sur l’avenir d’un centre de loisirs. Il était encore question d’été.  quand la réunion fut finie, tout le monde m’a souhaité une bonne bien de semaine et j’ai réalisé que nous étions jeudi. Puis j’ai refait la route à l’envers, j’aide nouveau respiré un grand coup en regardant les vallons que je traversais, j’ai retrouvé tout le monde à la grande maison. Blanche avait pris un dernier cours de cuisine autour du pain perdu, et la partie de foot commencée au début de l’après-midi semblait avoir repris jusqu’à l’épuisement des combattants. Le jour commençait à baisser quand nous sommes rentrés à la maison et il faisait presque nuit quand nous avons dîné. Pour cette fois-ci, j’ai eu besoin de chasser les souvenirs de réunions de mon esprit. Non pas qu’ils aient été désagréables ou douloureux mais j’ai encore besoin de l’idée des vacances, de la certitude qu’il reste du temps pour tout. Demain, je dresserai une liste de tout ce qu’il faut faire, de tout ce que je voudrais faire avant la fin de la semaine prochaine. Demain, je commence à remplir le dossier de demande de subvention pour les vitraux de l’église et je retrouve les patrons des chemises pour la rentrée. Hier matin, j’ai reçu la dernière pièce de tissu, celle qu’Aimé a choisie.

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mercredi 20 août 2014

au dos de la photo

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Son bureau est juste à côté du mien. Il nous aura fallu plus de trois jours pour arriver jusqu’au dernier des cartons. Les enfants continuaient de vivre leur vie entre le jardin et la maison et nous déballions la sienne. J’ai vu des centaines de factures et de papiers, j’ai vu des boules à neiges et des petits objets, j’ai reconnu des visages dont il m’avait parlés, j’ai vu de très belles fesses qui n’étaient pas les miennes. J’ai retrouvé un tableau, le dessin de sa cuisine à Paris. J’aime beaucoup ce dessin, je l’avais déjà vu et longtemps recherché mais une fois trouvé, je n’étais plus très sûre de vouloir accroché. J’ai peut-être le cœur moins grand que je ne le croyais, c’est une autre que moi qui l’a dessiné. J’ai ri avec lui en le voyant à tous les âges de la vie, j’ai entendu des histoires qu’ils m’avaient déjà racontées mais je crois que je n’avais jamais réalisé à ce point toute sa vie avant moi. Je me suis sentie trop vieillie, trop petite,  trop présente, trop loin de ce qu’il avait été. et si je l’avais entraîné dans une vie qui n’était pas la sienne ? Pas assez discrète, trop rapide.  J’ai aimé ranger ce bureau avec lui, qu’il me demande de l’aider, qu’il ait besoin de moi pour ouvrir des cartons clos depuis plus de quinze ans, comme si je devais lui tenir la main pour l’aider à replonger dans ces souvenirs entassés. Souvent, j’ai plongé avec lui. Derrière certains des tirages qu’il m’a montrés, j’ai vu des mots très gentils, des noms étourdissants, j’ai lu quelque chose comme « au photographe le plus talentueux de sa génération » et le monsieur s’appelait Raymond. Alors j’ai senti la douleur qui doit être la sienne ces temps ci. Moi aussi je trouve qu’il est l’un des photographes les plus doués de sa génération, mais je ne m’appelle ni Henri, ni Raymond. Dans ce bureau il y a des tiroirs et des étagères partout, il y a des années de photographies, il y a les souvenirs d’autres vies, il y a un gros fauteuil sur lequel je me poserai quand je viendrai discuter avec lui. Au bout d’u moment nous sommes sortis. Sortis de son bureau, de notre maison, nous sommes allés de l’autre côté du muret, dans le potager. Les enfants nous y attendaient. Il y avait des tomates à cueillir, une nappe dressée et un goûter préparé.

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mardi 19 août 2014

les paniers pleins

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Il y a la rentrée,  avec son cortège d’angoisses qui reviennent sans que je me sente prête à les affronter, toutes ces obligations qui s’inscrivent de nouveau sur les pages d’un agenda que j’avais oublié. Je crois, pourtant, et malgré ce poids que je n'arrive pas à oublier,  que cette fin d’été serait mon moment préféré. Les journées son encore chaudes et les soirs assez humides pour avoir envie de rentrer. Et puis surtout, il y a  cette illusion que nous pourrions vivre de ce qui pousse autour de nous. Quelques tomates du potager pour nous faire un repas de midi, trois courgettes, un piment, et le repas du soir s’improvise aussi. Pour le dessert, il y a des mûres plein les buissons, les pommiers croulent sous le poids des fruits et les petites poires de curés seront bientôt mûres elles aussi. Et puis le cadeau des cadeaux, ce bouquets de girolles trouvé dans le forêt sous le tapis de feuilles. Chaque fois, quand la fin de l’été vient ne même temps que la rentrée, je me pose les mêmes questions, et si je décidais de rester ici, de ne plus partir travailler, de vivre de ce qui nous entoure. Bientôt, les petits matins de brumes seront si beaux. Et comme à chaque fois que je me les pose, je sais que ces questions ont déjà leur réponse. Mais je dois pouvoir continuer à me les poser. Je suis libre  de me les poser, de rêver que je ne quitterai plus jamais cette vie qui est la mienne jusqu’à ce que je retourne travailler. Une vie de rêve quand la fin de l’été nous permet de cueillir le goûter au fond du jardin et le dîner sur le bord des chemins forestiers, quand mes fins de journées sentent l’humus et mes petits matins les roses du jardin. Cette année, elles sont bien plus belles qu’en juin. Même pour les bouquets, il me suffit de tendre le bras. Les buissons sont remplis de baies et sur les bords des chemins, les enfants cueillent des fleurs mauves qui se mêlent au lierre et aux fleurs de carotte. A la fin du mois d’Août, l’année qui vient commence à faire son nid dans nos esprits. Mais plusieurs fois par jour, la nature qui nous entoure nous donne l’illusion que cette fois-ci, peut-être, la rentrée va nous oublier ici et nous laisser à la vie, les pieds plantés dans la terre et la tête dans les feuillus, les mains tachées de fruits.

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lundi 18 août 2014

les derniers cartons

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On s’était promis de ranger, trier, peut-être jeter. On s’était promis qu’on commencerait par son bureau, alors tant pis pour l’été que je mettais de côté pour une journée. Depuis plus d’un an et la fin des travaux, ce bureau abrite des piles de cartons dont certains ‘ont pas été ouvert depuis l’appartement de Paris. Tellement de cartons qu’il y en avit jusqu’à mon bureau. IL m’avait promis qu’on se mettrait à trier, nous avons sorti le premier carton. Vingt ans de photos, des boîtes d’archives et de diapos « maman, c’est quoi des diapos ? », des souvenirs de ces vies d’il y a longtemps, quand il ne me connaissait pas, des journaux et des bobines de souvenirs « mais c’est quoi un appareil argentique ». les années quatre-vingt emballés dans des grands sacs grignotés par des souris sans aucun respect et des enfants qui se gardaient de monter jusqu’au bureau.  Des livres, des tirages, des trésors sur papier et au milieu de ses vies, une sortie papier. Celle d’un de ces billets qui raconte notre petite vie. 18 août 2009, il y  a cinq ans jour pour jour, le départ de Joséphine à l’autre bout du monde. Jour pour jour, nos cœurs débordants d’émotion et toute la vie d’après qui revient en un soupir. C’est drôle qu’on trouve ça aujourd’hui. Cartons après cartons, je lui fais promettre de ne pas s’arrêter sur chaque souvenir, je dois résister, je sais l’effort qu’il fait. Quelquefois, je me suis dit que ce bureau ne serait jamais rangé et qu’il faudrait s’habituer à ces piles de cratons jamais déballés. Je me suis trompée. Nous voilà tous les deux alors que les enfants en profitent pour vivre leur vie et retourner le reste de la maison avant de se retrouver dans leur restaurant de poche.  Poulidor, le restaurant où il m’a emmené le premier soir. Cette petite carte qu’il trouve au milieu de ses papiers et que je garderai comme un autre trésor. C’est drôle qu’il trouve ça aujourd’hui. On descend pour respirer dehors. C’est encore l’été. Blanche a fait un gâteau pour ce soir. Un soir d’été. Demain on finira. Je croyais que jamais on y arriverait.

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dimanche 17 août 2014

sauce forestière

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Cette fois-ci, c’est chez nous que nous avions retrouvé les amis de l’autre côté de la forêt et c’est ici que la goûter avait glissé jusqu’à l’autre côté de minuit. Les enfants avaient encore veillé mais il avait été trop difficile de résister à la grande ourse, à Cassiopée, et à cette étoile que nous avons tous ensemble vu filer. , Blanche, Marcel et Georges m’avaient demandé si je pouvais quand même les réveiller tôt pour qu’ils puissent m’accompagner dans le forêt.   C’est la saison des girolles et on m’avait parlé d’un chemin tout près. A peine réveillés, ils étaient déjà habillés  et chaussés. Aimé avait choisi de rester dormir et l’expédition revêtait alors un caractère encore plus exceptionnel, « c’est bien aussi quand on n’est pas tous ensemble » remarquait Marcel. Dans un mois, à cette heure-ci, ils seront tous à l’école mais la lumière nos rappelait celle du petit matin et les odeurs celle des terres humides de fin d’été. Je ne suis pas une spécialiste en mycologie  mais j’avais en tête les deux ou trois espèces d-dangereuses qu’on trouve ici. Les enfants m’avaient promis de me consulter avant de cueillir chacun des champignons qu’ils trouvaient et nous ne mangerions rien avant d’avoir montré notre récolte à plus connaisseur que nous.  Aucun girolles dans notre panier mais quelques bolets et apparentés qui nous feraient une sauce pour les pâtes de ce soir. Notre récolte n’était pas brillantes mais ce matin, j’ai partagé un moment qui confinait à la magie avec trois enfants convaincus qu’ils vivaient une véritable aventure. Plus nous avancions sur le chemin et plus leur œil devenait perçant. Nous avons marché presque deux heures,  ‘allez, on va jusqu’au tournant », puis « allez, on va jusqu’à la lumière, nous traversions les feuillus, puis les sapins et quelquefois, nous nous écartions du chemin. Georges cherchait la cascade qui lui aurait prouvé que nous étions « vraiment » au pays des fées et le soleil était déjà très haut quand nous décidions de rentrer pour montrer notre récolte à ceux qui étaient restées. Notre spécialiste en champignons suivait un stage de contes organisé aujourd’hui juste à côté de sa maison. C’est alors un cercle de conteurs mycologues, sorciers des mots et habitués des forêts qui s’est  penché sur notre panier  ce midi. Ajoutant à leur expertise avertie quelques conseils culinaires avertis  et faisant naître chez nos enfants un certain goût pour la sauce forestière.

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samedi 16 août 2014

des mûres de l'autre côté de la barrière

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Nous avions rendez-vous l’après-midi avec des amis pour cueillir nos premières mûres de l’année. Autour de la maison, les haies en sont déjà pleines  et ce matin, j’ai proposé aux enfants de partir autour de la maison pour une première récolte. Une première cueillette en éclaireurs  pour vérifier que les mûres sont toujours aussi bonnes. Comme le voulait Marcel, on décidait d’attendre un peu pour récolter celles des buissons qui bordent le potager, mais notre panier se remplissait déjà alors que nous n’étions pas sortis de la petite allée qui mène à la maison. Georges chapardait quelques petites pommes sauvages au passage. Le long de la route, il fallait escalader les talus et serrer les dents quand on se faisait griffer par une ronce. Au dessus du petit pont qui permet de traverser le ruisseau, il y avait des milliers de fruits qui nous narguaient. Mais on avait beau réfléchir, imaginer des figures les plus acrobatiques, tendre nos bras le plus loin qu’on pouvait, aucun d’entre nous n’arrivait à les attraper. Peut-être en passant par l’intérieur du champ mais là, deux jeunes taureaux nous attendaient. Les milliers de mures continueraient donc de nous provoquer et nous nous contentions du spectacle que nous donnait l’araignée tigre qui achevait sa proie. Puis on continuait plus haut, dans le petit chemin qui monte et qui est toujours trempé. Aucune ronce, aucune mûre, juste  nos pieds mouillés. Tout d’un coup, je proposais aux plus courageux de franchir la barrière pour rentrer à la maison à travers champs. Tout le monde décidait de me suivre, malgré la perspective d’avoir à traverser un bout du pré ou paissent les vaches, les veaux et le taureau. Je savais le troupeau plus loin mais j’ai aimé avoir peur avec eux, me dépêcher et dévaler la pente, ramper pour passer de l’autre côté des barbelés et souffler avant de trouver exactement ce que nous cherchions, des buissons remplis de mûres dont nous remplissions notre seau et notre panier. Sur le chemin, on croisait Pivoine avec laquelle Georges partageait une petite partie de sa récolte et les chevaux. Nous revenions triomphants. L’après-midi fut beaucoup moins généreuse, les haies auxquelles nous pensions ayant sûrement déjà été visitées avant notre passage. Mais la moitié des mûres que nous avons repérées sont encore rouges, pas encore prêtes. Nous retournerons en cueillette et peut-être même que l’un d’entre nous trouvera une idée miraculeuse pour l’insolent buisson qui surplombe  le ruisseau.

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vendredi 15 août 2014

des deux côtés de la forêt

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Nous avons nos rendez-vous du 15 août. D’abord, cette fête du village d’à côté avec le stand des dames anglaises et les cup-cakes que nous choisissons chaque année. Cette fois-ci, il pleuvait à torrent quand nous nous sommes dirigés vers les drapeaux anglais mais rien de pouvait nous faire renoncer. Vert doux et rose brillant, violettes en sucre et étoiles dorées, la pluie se mariait parfaitement avec ce dessert aux goûts de bonbonnière. Et puis il y a cet autre repère, sans date fixée ni horaire précis, ce coup de téléphone qui vient de l’autre côté de la forêt. Cette fois-ci, le temps d’automne nous avaient donné  tous envie de partager un goûter. Pain perdu et tarte aux mirabelles. Et même si le soleil avait finalement gagné la partie, nous avions tous besoin de réconfort après ces heures trempées. Les grandes filles de la maison nous montraient leur trésors ramenés de vide-greniers et nous leur parlions de nos petit gâteau anglais.  Les cages de foot abritait un tournoi aux pieds nus puis les petits garçon trouvaient basket à leurs pieds, cinq ou six pointure au dessus des leurs mais qui s’avéraient aussi magique pour tirer que pour arrêter les buts. Et puis le goûter glisser vers l’heure de l’apéro et nous nous laissions guider par celle dont c’est métier. J’ai même aimé le rosé.  Georges me tirait par la manche pour que je visite la grande maison avec lui « maman, on dirait un château. » Et puis on rajoutait une planche posée sur une paire de tréteaux et l’apéro glissait vers le dîner. Nos petits garçons, fascinés par le grand garçons de la maison, le transformaient en une sorte de gourou auquel il voulaient montrer tout ce qu’ils ont appris en une année pendant que Blanche, désormais passée maîtresse dans l’art du pain perdu, s’emparait des têtes des grandes filles de la maison pour parfaire son sacoir faire en matière de coiffures tressées. Il était tard mais nous avions le temps. Les enfants s’étaient couchés tôt presque tout l’été et ce soir, ils obtenaient la permission de minuit, presque minuit,  sans même insister. Pour rentrer, il n’y avait qu’une forêt à traverser.

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jeudi 14 août 2014

jour de récolte

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Il m’aura fallu attendre tant d’années pour réaliser à quel point j’aime conduire. Engranger des kilomètres, regarder les villages traversés, rêver aux prochains voyages, ceux qu’on ne fera peut-être jamais. Et si on traçait un cercle de cinq cent kilomètres autour de la maison, après il suffirait de choisir ? Ce matin en me réveillant, j’avais presque le nostalgie de cette succession de routes départementales et d’endroits où nous aurions pu nous arrêter, de noms de villages qui me diront « quelque chose » si je les entends désormais prononcés. Mais nous retrouvions la maison et ce retour n’était pas dénué de plaisir, d’autant que les enfants pas réveillés avant la fin de matinée nous laissait alors quelques heures tous les deux pour reprendre possession des lieux. Le linge sorti des sacs pour être mis au sale, les valises remontées, je partais faire un tour de jardin et me cueillir un bouquet.  Les enfants réveillés retrouvaient à leur tour leur univers familier. Il a du beaucoup pleuvoir ici, la vigne et la glycine se sont mises à tout dévorer. La journée a passé et nous nous sommes de nouveau glissés dans la vie qui est la notre ici. Petit à petit, l’idée de la rentrée prochaine s’installe dans nos esprits et dans nos projets, pour l’instant sans trop nous bousculer. C’est le soir que nous nous sommes donnés rendez-vous au potager. Chacun des enfants pouvaient cueillir des tomates dans son carré et nous en avons rempli un panier. Il y en a de toutes les couleurs, assorties au piment doux et aux courgettes que les limaces nous ont laissés. L’ânesse est venue nous saluer alors que le chat ne veut plus nous quitter depuis que nous sommes rentrés. Les vacances sont loin d’être terminées, elles sont même encore assez longues pour nous permettre de rêver à la façon dont nous allons occuper nos journées.  Blanche m’a promis un thé dans le potager, Georges voudrait récolter de la lavande pour en mettre sous son oreiller ? Aimé et Marcel ont déjà repéré les endroits de la haie couverts de mûres. Il y a en a tant que cette année, on pourra faire des crumble et des confitures, et même en congeler quand nos journées d’hiver auront besoin d'une pincée d’été.  

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mercredi 13 août 2014

Voyage à Nantes

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Nous devrions peut-être changer nos habitudes, explorer d’autres grandes villes inconnues. Mais Nantes était sur la route et le souvenir du grand éléphant nous forçait à nous y arrêter.  C’est d’ailleurs vers lui que nous sommes allés en premier, pour encore nous sentir émus à chacun de ses battements de cils, pour voir Georges s’arrimer à un arbre du parcours, ensorcelé par le gros animal. Effrayé aussi, répétant plusieurs fois « mais c’est pas un vrai hein ? » avant de demander à le suivre. A chaque fois l’éléphant nous fascine, à chaque fois nos cœurs se mettent à l’unisson de celui de la machine.  Il est parti rejoindre son hangar et nous avons rejoint la cantine de l’île. Elle était tout au bout du chemin, nous longions la Loire et je ne savais pas que les enfants avaient entendu parler de cette maison sur l’eau. Il la cherchait partout et leur père leur glissait « on ne peut pas tout voir vous savez ». Non, on ne verrait pas tout, ni passage Pommeraye ni centre ville. Ici aussi il faudra revenir bien plus qu’une demi-journée coincée sur un trajet de retour. Je suis incapable d’expliquer de quelle manière les enfants s’y sont pris pour me faire promettre un tour dans le carroussel, et la condition que nous avons posée « sauf s’il y a trop de monde » n’a pas tenu plus du temps qu’il faut pour avaler un verre d’eau.  C’est vrai qu’il est magique ce grand manège des fonds marin et que j’ai beaucoup ri à faire un tour moi aussi. C’est vrai que la queue avançait vite et que, de toute façon, l’heure que nous avions fixée pour le départ était de toute façon dépassée. Alors une fois remontés des abysses, nous avons quitté l’île pour rejoindre le jardin des plantes et chercher dans tout ce vert les personnages de Claude Ponti. Nous avons partagé de grands éclats de rire avant de repartir. Aimé aurait voulu rester et profiter jusqu’aux dernières lueurs de ce jardin de ville qui nous faisaient tous envie. Nous aurions pu céder à notre goût commun pour ces grands jardins urbains, sorte de transition entre la ville et notre vie. Du vert, des fleurs, des bancs ou s’asseoir et partout des gens à regarder passer. Il restait pourtant plus de six heures de route et nous avons repris notre chemin.  Arrivée prévue au milieu de la nuit.

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