tous les jours dimanche

dimanche 27 juillet 2014

une maison pour nous

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Il y a eu ce réveil étrange dans une maison qui me semblait avoir été prise d’assaut par la bande de jeunes gens qui dormaient encore dehors, mon empressement à me rapproprier les lieux « vous êtes sûrs qu’on ne peut pas vous aide ? » et mon café pris sur un petit coin de la table envahie. ET puis ce déjeuner  partagé, eux et nous, à écouter leur vie d’étudiant, leur courage et leur capacité à rêver leur vie malgré la dureté, leurs projets. J’aurais presque eu envie de retrouver mes vingt ans mais je me trouvais bien dans mon rôle de parent. Nous les avons écouté, questionnés, il leur arrive de manger des pâtes à tous les repas, certains ne sont pas partis en vacances depuis très longtemps et il parlent des années d’études qui les attendent à l’étranger. Ils se sont connus au lycée et sont éparpillés dans plusieurs villes universitaires. Il se sont donnés rendez-vous à l’automne prochain et nous n’avons gardé que deux jeunes filles chez nous. Deux jeunes filles trop tristes de se quitter. C’est nous qui avons proposé à notre grande de suivre son amie pendant quelques jours « mais vous êtes sûrs que je peux vous laisser ? » Mais oui nous étions sûrs, certains et même heureux de nous retrouvez rien que tous les deux, aussi heureux qu’elle rayonnait en s’en allant. La fin d’après-midi nous a paru si longue et douce et nous aurions presque pu nous sentir désarmés par un tel bain de silence et de calme. Plus rien que le bourdonnement des abeilles dans la vigne vierge, les pas des chevaux montés pour boire et notre souffle écrasé par la chaleur. C’était bon ce moment à courir tous les deux, et ce retour essoufflés. Trois petites tomates jeunes du potager, deux courgettes fines et une pêche blanche, j’avais perdu l’habitude de si petites proportions, j’avais perdu l’habitude d’avoir du temps devant moi, de pouvoir jouir d’un long moment entre le dîner et le coucher du soleil, puis d’un long moment après le coucher de soleil, puis de la perspective d’un réveil dans le calme d’une maison toute entière pour nous.

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samedi 26 juillet 2014

dans la rue

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Les petits sont partis très tôt et comme je l’avais imaginé, le petit pincement s’est dissout dans le calme du jardin, juste après que le bruit du moteur ait disparu. Il restait une grande fille à la maison, très vite rejointe par une brochette d’amis venus pour l’aider à préparer la fête de ce soir. Trois anniversaires de vint ans, des courses au supermarché, des ingrédients partout et des prières envoyées pour que l’orage ne leur tombe pas sur la tête avant minuit. Le four tournait à plein régime, « vous êtes sûre qu’on ne vous gêne pas ? » et je montais dormir un peu en leur laissant le rez-de-chaussée. Réveillée par des parfums culinaires que je ne connaissais pas, je descendais pour leur proposer de l’aide. Deux Lucie, Un Valentin, un Tanguy et une Joséphine, deux pizzas, deux cake, un gros gâteau au chocolat et une mirielle de cupcakes, et puis cette angoisse de la dernière ligne droite. Vingt ans, c’était déjà grand. Ils se connaissent depuis longtemps et sans rien leur dire, j’admirais leur capacité à tout préparer sans une seule fois se disputer. Je regardais le ballet, amusée, et apportait mon aide quand on me la demandait, en petites pincées. Il s’agissait de leur fête et se soir, nous quittions les lieux.  « mais t’avais pas dis que c’est à cette heure  que vous deviez y aller ? ». La table était dressée et je l’entendais donner aux invités les dernières indications pour le feu de camp. Nous sommes partis tous les deux en laissant derrière nous quinze jeunes adultes en train de monter les tentes pour cette nuit, quinze jeunes adultes à la lisière de l’enfance. Sur la table, il y avait un saladier rempli de bonbons et des couverts en plastique doré. Nous avons pris la route pour rejoindre ce festival de théâtre de rues,  pour être tous les deux émus par la délicatesse, un spectacle d’ombres chinoises, amusés par une kermesse à l’emporte-pièce et enthousiasmés par une fanfare ouvrière, poétique  et déjantée. A deux, tout nous semblait joyeux et je retrouvais mon goût pour le Picon bière. Il y avait quinze jeunes adultes chez nous à fêter des anniversaire, et nous,  nous étions ici, dans cette cour d’école transformée en camp de roulotte, à nous dire que nous avions toute la nuit devant nous.

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vendredi 25 juillet 2014

un départ annoncé

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Les enfants partent demain matin. Leur nounou et sont mari viendront les chercher et ils s’en iront camper. Une semaine dans une autre vie, une histoire dont ils seront les héros. Demain, ils s’en vont jusqu’à samedi prochain. Ce soir, ils se sont couchés tard et demain, ils se réveillerons tôt. Mais cette fois-ci, peut-importe les heures de sommeil, pourvu que la voiture soit là à sept heures trente tapante pour les emmener. Jamais valises ne furent si vite préparées « mais toi aussi ça va te faire des vacances maman ! » A peine le temps que je leur dise et les chaussures étaient déjà prêtes par paires, les brosses à dent déclarées perdues retrouvées en un éclair, aussi vite que les pyjamas réassemblés. En moins d’une heure tout était prêt, même les chapeaux, « mais maman, on n’a pas besoin de chaussettes, on va se débrouiller. » On prévoyait des tenues en cas de pluie et pour demain matin « ben on a qu’à s’habiller comme aujourd’hui ! ». C’était plié. Georges voulait partir tout de suite, même dans la nuit, alors qu’Aimé, Marcel et Blanche acceptaient de monter se coucher sans broncher. Plus vite ils dormiraient, plus vite demain serait arrivé. Demain, j’irai très tôt les réveiller, je sais qu’ils seront prêts, casquettes vissées sur la tête et sur le dos à l’heure donnée. Demain matin, rien ne m’empêchera ce petit pincement au cœur quand je verrai la voiture s’en aller avec nos quatre petits surexcités. Et même peut-être que dans ce petit pincement, il y aura cette joie qui est là leur de partir « enfin sans les parents. » un petit pincement d’une micro-seconde qui je laisserai s’exprimer.  Et puis je serai touchée par leur joie, j’entendrais leur rires résonner et peut-être même leur première dispute « mais non, c’est moi qui vais devant ! ». Et là, je les laisserai partir  vers leur semaine dans une autre vie, et je commencerai à goûter à la legereté qui sera la mienne pendant une semaine. Etre pendant une semaine, une femme sans enfants, enfin sans les quatre plus petits.

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jeudi 24 juillet 2014

un retour justifié

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Je n’avais pas envie. Pas envie comme un enfant le jour de rentrée. Et puis j’étais secouée par cette impression d’être à contre temps, à contre courant. Ce matin les enfants étaient ravis de partir au centre de loisirs, cet été c’était le plein été  et sur l’écran de mon ordinateur, j’avais déjà lu tant de récit de plages de sable et d’eau salée. Je suis allée travailler, me persuadant que j’étais come ces petites filles trop gâtées qui demandent trop à la vie alors qu’elle leur a déjà beaucoup donné. Je ne suis plus une petite fille et il y a des vérités que je ne peux contourner, une réalité qui ce matin m’étouffait. Je m’applique, j’essaie de justifier à droite, de justifier à gauche, j’essaie de ne pas trop rédiger, mais je ne suis pas faite pour le travail que je fais. Le souvenir d’une menace de blâme m’interdit d’en parler plus ici, et puis là-bas, il y  a aussi des gens très gentils. Mais ce matin tout en haut de l’escalier je me suis sentie tellement décalée, dévorée par l’envie de retourner de là d’où je venais, cette vie que l’émotion avait bousculée, habitée, cette vie qui sent l’orage et les matins d’été, la joie et les moisissures, la vie qui n’a pas besoin d’être justifiée. J’ai essayé de m’appliquer, de ne pas trop penser. Comment ne pas trop penser. Mais Paris ne voulait pas s’en aller, le père Lachaise,  le déjeuner en famille et ce verre partagé devant l’église Saint-germain, caressée par un soleil doré. Le livre, le projet grâce auquel il est né.  J’avais une note à terminer. Je l’ai terminée. J’aurais voulu encore parler des quelques jours que nous venions de passer, coucher d’autres mots sur du papier, j’aurais voulu sentir la pluie qui s’annonçait. Sortir, je ne suis pas faite pour rester assise toute la journée. La vie  a ses obligations auxquelles je dois me plier. J’ai fait des choix, j’en assume les conséquences. Je justifie à droite, je justifie à gauche, et j’essaie de moins rédiger. Je n’écris pas d’histoire mais des notes, des fiches actions. Je ne suis pas là pour parler de ma vie. Demain, c’est vendredi.

 

psssit: je ne sais pas si vous vous souvenez de Mon livret de famille, ce petit livre dont les Epiciers de l'orage m'ont demandée d'être l'auteur et aperçu avant hier dans la vitrine de la librairie LA Hune à PAris. Ce livre n'aurait pas existé sans l'idée géniale d'Anaïs MAssini, un arbre généalogique dont les racines seraient plantées dans un bain de liberté et dont les branches pourraient se diriger partout où on voudrait les mener. Ce projet, imprimé près de MArseille, a encore  besoin de souscripteurs. Si vous voulez le soutenir,  ou si vous êtes curieux et que vous voulez en savoir plus c'est ici.

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mercredi 23 juillet 2014

une volée de cendres

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Il y a eu l’immensité du Père Lachaise, le ciel un peu gris, des retrouvailles, Les caveaux imposants et la calme des allées. Il y a eu des gardiennes de cimetière trop zélées et des roses rouges qu’on s’est partagéses, les cendres dispersées pas loin du mur des fédérés et le temps des cerises que je n’arrivais plus à m’arrêter de fredonner. Il ya eu ce fossoyeur tatoué et émouvant.   Il y a eu de très jolis moments, de ceux qu’on a besoin de garder pour soi, de ceux qu’on racontera peut-être un jour, dans très longtemps, ou dans un roman qu’on écrira peut-être jamais, il y a eu l’histoire d’une femme, comme l’histoire du siècle qu’elle a traversé. Elle a eu une belle vie. Il y a eu la tristesse de mes filles, on n’échappe pas à la tristesse les jours d’enterrements, mes frères et sœurs et cette famille rassemblée, l’impression d’être comme des miraculés. Une famille en vrai avec ses arrières goûts et ses accrocs, mais quand même rassemblée. IL y a eu Paris, Paris quand même, Paris pour quelques dernières bouffées. Et puis le voyage du retour et ses mots échangés. La famille, c’est compliqué, la vie c’est compliqué ». mais c’est quelquefois beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. On est rentrés tard pour retrouver des petits garçons qui seraient bien restés quelques heures de plus chez la nounou.  A la faveur d’une route barrée, on s’est perdus dans les vignes, on a traversé des villages de pierres jaunes aux maison qui nous ont fait rêver.  Alors on s’est promis d’y revenir cet automne, avant que les feuilles ne soient tombées.  On a pensé aux autres qui devaient être arrivés chez eux. Je ne sais pas quand on se reverra, je n’en ai aucune idée.  La maison nous attendait, et d’abord ce jardin que la pluie avait trempé. Il avait du faire chaud ici aussi. C’était moite et doux à la fois et pour une fois, la boîte aux lettres ne contennait que des petits mots gentils. De la famille aussi. D’autre bouts de famille qui n’avaient rien à voir avec celui-ci. Quoi que.  C’était étrange et presque douloureux de se dire que demain, la vie reprendrait son fil quotidien. Le cours normal des choses. Demain, je retourne travailler.  

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mardi 22 juillet 2014

des livrets de famille

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Joséphine et Blanche ont voulu venir avec nous. Aimé nous a demandé de lui ramener des photographies de la cérémonie. Mes sœurs se sont occupées de tout. Nous avons pris la route jusqu’à Paris. On s’est dit plusieurs fois, «elle a eu une belle vie » et puis on a voulu profité de la ville en juillet. Je ne devais pas venir ici avant une éternité, j’avais renoncé à voir Mon livret de famille dans la vitrine de cette librairie, comme un élément de décor de cette endroit mythique. E ne sais pas qui je devais remercier, ma grand-mère ou la vie, mais  puisqu’il en était ainsi, j’ai pu voir ce petit livre dans la petite vitrine de cette grande librairie sur la place de l’église Saint-Germain, J’ai pu le voir avec l’homme que j’aime et mes deux filles. Je suis passée devant la vitrine et repassée devant la vitrine, j’ai savouré l’instant, savouré chaque micro-parcelle de l’instant. Il était plus de vingt heures et la librairie était fermée. Et sous ce soleil doré, alors que nous venions de traverser la seine après avoir fait quelques pas dans le jardin des tuileries, je me suis dit que la vie pouvait être pleine de saloperies mais qu’elle pouvait aussi offrir de délicieux moments, de ces instants uniques qui ne sont grandioses que pour nous. Des micro victoires qui  se dissipent trop vite dans le quotidien.  J’ai senti se mélanger les rêves de l’adolescente que j’étais quand je traversais la petite place furstenberg et l’instant que j’étais en train de vivre. Paris au mois de juillet, et nous ici, des deux côtés de la vitrine. Et tous ces livrets de famille. A la terrasse du Bonaparte, j’ai pris un Martini blanc et j’ai regardé passé les gens, il m’a dit « regarde, elle s’arrête pour regarder ton livre dans la vitrine ; » Je savais que ce moment n’aurait aucune incidence sur la suite de ma vie, ou juste celle d’avoir été vécue. J’ai savouré un instant, encore regardé mes filles, je lui ai demandé s’il était fier de moi et puis nous sommes repartis vers la vie qui se fout des livres dans les vitrines.

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lundi 21 juillet 2014

cent ans moins quelques poussières

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Aujourd’hui, il a plus. Toute la journée. Il a fait presque froid, un semi automne. Et puis hier,non, il y  a un jour ou deux,  j’ai appris la mort de ma grand-mère. Je crois qu’on dit «  dans  sa quatre-vingt-dix-neucième année », « oh zut, a dit Aimé, « elle aurait pu attendre cent ans ; » On aurait bien aimé mais on m’a dit que c’est très courant, mourir juste avant ses cent ans. Aujourd’hui, j’ai appris aussi qu’elle avait eu d’autre enfants avant mon père. A part lui, aucun n’a vécu.  Maintenant, je connais leurs prénoms, enfin pour les deux petites qui sont nées en vie. C’est important pour moi de savoir ça, il faudra que je retrouve cette nouvelle écrite il y a quelques années, celle qui racontait une mère qui tenait dans ses bras ses trois nourrissons dont le souffle s’était arrêté juste après être nés. Il y a tellement de choses qui s’éclairent aujourd'hui. J’avais écris cette nouvelle d’un seul trait . Et forcément quelque part dans mes papiers. Il est encore trop tôt pour aller la chercher. Dans quelque jours, seulement, quand me viendra la nécessité de la relire.  Ce que ma petite soeur m'a dit au téléphone aujourdhui, ces prénoms sur un carnet, C’est comme un cadeau que la vie m’aurait donné. Quelque chose que je n’attendais plus, quelque chose que je portais sans qu’on me l’ai vraiment dit. Pourtant, au bas de cette nouvelle écrite un jour de grand vent il faudrait annoter « toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure coîncidence » et ce serait vrai, entièrement vrai. Ce soir je laisse mes souvenirs défiler, en vrac et sans hiérarchie. Sa main qui serrait la mienne comme si elle allait la broyer, les œufs à la neige et les ours à la guimauve entourés de chocolat. La lettre qu’un jour je lui ai écrite et la réponse qu’elle m’a envoyée. La femme amoureuse que j’ai alors pu imaginer même si aucune des questions que j’avais posées n’avaient alors  trouvé de réponse.  Et puis toutes ces petites choses, la vision de cette toute petite maison en lisière de forêt, la sonnerie de l’horloge, les carreaux bleus et gris qui faisaient froids aux pieds, le tabouret rouge et les couvertures en crochet, le collier de perles « celui là n’y touche pas c’est ton grand-père qui me l’a ramené du japon », les catalogues avec les petits bouts de laine « choisis la tienne, pour la taille je me débrouillerai ». Ce dont je me souviendrais, c’est du sentiment de joie qui m’a habitée pendant des heures la dernière fois que nous nous sommes quittées. Je crois qu’elle était heureuse et je l’étais aussi, elle m’a raccompagnée à l’entrée et je lui ai dit « au revoir Mamie »

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dimanche 20 juillet 2014

champions de dessert

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Nous avons retrouvé les vide-greniers. Un vide greniers, des chapeaux à un euros et des livres à quelques centimes, un fauteuil pour trois euros. Deux vide-greniers, une jupe en liberty et ma gêne de l’emporter là encore pour quelques centimes. Mais la dame était contente de voir notre sourire. Puis une veste pour cet hiver, trésor des trésor et un autre sourire, une confiance partagée « vous pouvez encaisser le chèque dans quelques jours ». C’est dans le vide-greniers d’été que je trouve les plus beaux trésors d’hiver. La pluie est revenue, d’abord fine et puis beaucoup plus drue. Alors on rangé nos trésors et on s’est mis à cuisiner. Pendant que Marcel préparait les petites crèmes avec son père, j’avais promis à Aimé de lui transmettre les secrets du gâteau au chocolat de famille. Il avait raison, Blanche possédait bien ceux du gâteau breton. « Mais tu crois que ça marche aussi de mère en fils ? » Bien sûr, évidemment, et plus tard il pourrait les transmettre à ses enfants. Seulement si il en a envie et seulement s’il trouve le gâteau très bon. Nous étions d’accord et je l’ai regardé séparer les blancs des jaunes avec brio. Lui et moi au gâteau, le reste de la famille accepté pour lécher les plats. Il y a longtemps que je n’avais pas goûté à ce gâteau au chocolat. Il avait choisi un moule en forme de cœur et il restait assez de pâte pour les doigts trop gourmands pour attendre que ce soit cuit. Une fois le soir tombé, l’heure du dessert venu, même si Aimé à trouvé que les petites crèmes de son frère ne comportait pas assez de vanille alors que Marcel jugeait le gâteau « pas si bon que ça. » l’alliance des deux dessert nous enchanteait. Les deux à la fois. Les deux frères acceptaient de se reconcilier, acceptant du bout des lèvres de reconnaître que le dessert de l’autre n’était pas si mauvais, « surtout mélangé. »Aimé continuera ses expériences de cuisinier « Et cette fois, on choisira une recette dans un vrai livre. » et par le jeu savant des tours de crème « du plus petit au plus grand puis du plus grand au plus petit, ce sera encore à Marcel de faire les crèmes demain matin.

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samedi 19 juillet 2014

le long chemin de la forêt

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Les enfants ont laissé leur vélo à la lisière de la forêt. On pourrait les reprendre plus tard, ici rien ne disparaît. Nous nous sommes enfoncés dans le bois, sur ce chemin rose que tout le village connaît. Nous l’avons parcouru tant de fois à cheval et à pieds qu’il pourrait nous donner l’illusion que nous connaissons parfaitement chaque mètre parcouru. Mais il change tous les ans au rythme des parcelles coupées et entretenues et les saisons savent nous tromper. Aimé a repéré un énorme buisson de houx pour Noël prochain, saurons nous le retrouver ?  Nous avions déjà marché de la maison au chemin mais les arbres nous protégeaient de la chaleur et nous avançions sans nous soucier du chemin qu’il faudrait forcément refaire à l’envers. On va jusqu’à la lumière ? » on marchait jusqu’au point de lumière entre feuillus et conifères. « Et si on allait jusqu’au bout du chemin ? » On reviendrait chercher les vélos plus tard et oui, on pouvait tenter de marcher jusqu’au bout du chemin « mais pourquoi on l’appelle pas le chemin rose et vert ? » Même Georges se sentait capable de relever le défi. Une fois arrivés de l’autre côté, il nous resterait cinq bons kilomètres pour rejoindre la maison en traversant deux hameaux du village. La journée avançait et il ferait forcément plus frais. « c’est quand qu’on est arrivé ? ». Georges a une fois regretté, j’ai commencé à sentir les effets secondaires de la piqûre de guêpe de ce midi. Tout d’un coup, mon bras tout entier devenu douloureux m’a semblé un poids énorme à porter. Je savais que la douleur passerait et j’essayais de me concentrer sur les histoires d’Aimé qui me parlait de l’année à venir et de ses jeux de l’été. La promenade me paraissait longue mais au bout d’une descente au milieu des sapins, nous arrivions sur la route qui mène à la maison. Le soleil frappait encore fort mais l’église était presque ne vue. Ça y est on la voyait. Les enfants reconnaissaient le parcours que j’emprunte chaque jour « alors ça veut dire qu’on est presque à la maison ! ». Blanche portait dans ses bras le costume de reine de la forêt qu’elle s’était fabriquée pendant notre promenade et Aimé avait accepté de porter les précieux bouts de bâton et la plume que Georges lui avait confiés « parce que c’est beaucoup trop lourd pour moi tu comprends. » La maison était là, elle nous avait gardé le frais entre ses murs épais. Au loin, en regardant bien, on pouvait suivre tout le parcours que nous venions d’emprunter.

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vendredi 18 juillet 2014

le plaisir aux carrés

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Il y avait eu longtemps la pluie, il y avait eu les amies, il y avait eu si longtemps que je ne m’étais pas retrouvée un moment seule au potager. J’ai commencé pat désherber au milieu des tomates, j’avais décidé que rien ne m’arrêterait avant que je ne sois arrivée au bout de carré. Le matin même, mon voisin hollandais m’avait dit « Marion, si tu es fatiguée il faut jardiner. » je mettais ces conseils à exécution, convaincue depuis longtemps qu’il avait raison.  Me concentrer sur tout ce qui restait à arracher et laisser aller toute seule mes pensées. Quand je suis là, assise sur la terre les mains occupées, tout ce qui n’est pas herbe est secondaire et maintenu de l’autre côté de la barrière. J’y pense à distance, rien n’est grave pourvu que les dahlias survivent à ce temps très chaud après des jours et des jours de pluie sans discontinuer. Mon carré de fleurs a souffert mais il a semblé beaucoup aimer que je fasse de la place à celles que j’avais plantées. L’année prochaine, nous dessinerons un autre carré. Je me sens si bien ici.  Et puis il y a eu les haricots et les petits pois à arracher. LA veille, les enfants m’avaient déjà aidée à désherber leurs carrés.  Aimé avait protesté parce qu’un potager n’a jamais fini d’être nettoyé puis hurlé quand je lui avait proposé de reprendre son petit bout de terre pour y planter ce que je voulais. « Que personne ne s’avise de me piquer mon carré ! ».  J’étais restée là plusieurs heures, baignée de soleil, les mains et les pieds noirs de terre et j’arrivais maintenant au bout de ce que je m’étais fixé pour la journée. « viens maman, on va dîner ! » je crois que j’aurais pu restée là une partie de la soirée, y regarder le jour tomber et les légumes reprendre de la vigueur. Mais avec les jours de pluie j’avais aussi oublié les plaisirs des dîners d’été, le passage du jour à la nuit alors qu’on est encore dehors, les enfants qui négocient des minutes de jeux supplémentaires et les chants des oiseaux de jour qui petit laissent leur place aux oiseaux de nuit.

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jeudi 17 juillet 2014

une grande fille et des petits bateaux

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Aujourd’hui Joséphine est rentrée. Elle était à la maison quand les enfants sont arrivés. Elle était là avec ses valises de souvenirs, des petits bateaux et des carnets, et des tonnes d’histoires à raconter. Il y avait une amie tout à côté, arrivée elle aussi dans l’après-midi, mais Blanche, Aimé, Marcel et Georges n’en avaient que pour leur très grande sœur qui s’apprête à passer plusieurs semaines avec nous ici. Elle a vite repris sa place et ouvert ses grands sacs de voyage, écouté tout ce qu’ils avaient eux aussi à lui raconter. Les premiers jours du centre de loisirs, le Brésil,  le 14 juillet et la mer vers laquelle nous allons tous bientôt aller « c’est quand déjà les vraies vacances maman ? » Les vacances, ce soir, c’était ici, sous la tonnelle, au moins ça y ressemblait drôlement. Parce qu’on ne pensait à rien d’autres qu’aux choses qui font du bien, au moins on essayait, et les enfants se sont couchés trop tard et les adultes aussi, beaucoup plus tard encore parce qu’il fallait voir le ciel étoilé. Joséphine était encore un peu décalée, encore un peu dans son vol de retour, passé quelques heures avant juste au dessus de l’Ukraine. A quelques petites heures près. Nous nous sommes sentis chanceux avec elle, vernis. Qu’est ce qu’on allait faire ce week-end ? On en savait encore trop rien, peut-être nous laisser porter. Ça dépendrait du temps qu’il ferait. Peut-être que cette fois-ci, l’été a bel et bien décidé de s’accrocher. La nuit était trop douce pour ne pas nous promettre d’autres très belles journées. ET puis Joséphine vient de rentrer, à la maison ça sent l’été, les petits bateaux dans les grandes bassines et les petits garçons torses nus, les lasagnes à la ratatouille et le crumble de pêche. Les petites filles en fleurs  trop contentes de retrouver leur grande sœur. Et si on fêtait ça avec un petit verre de blanc bien frais ? Pas pour les enfants.  Demain, c’est encore un jour au centre de loisirs, le dernier de la semaine « oh c’est bête que ce soit déjà fini ! » Mais non, c’est juste pour le week-end.  Un week-end avec les parents, les amis des parents, et cette grande sœur qui peut toujours mieux comprendre et mieux écouter.

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mercredi 16 juillet 2014

des citrons et des tomates

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Je ne me ferais jamais à cette bouffée d’immédiate nostalgie à chaque fois que les invités s’en vont. Peut-être qu’il me faudrait un petit carnet ou je pourrais marquer les dates ou ils reviendront, même si les plans doivent changer après. Je ne me ferais jamais à ce manque qui met beaucoup de temps à e dissiper mais j’ai aussi appris à me remplir que les gens ont souvent laissé derrière eux, comme les petits objets qu’ils oublient. C’est comme si, même eux partis, ont trinqué encore une fois à la vie et à ce qu’elle nous a permis. Cet après-midi, nous nous sommes retrouvés tous les deux à l’ombre de  la tonnelle puis dans le potager et j’ai senti qu’était restée intacte l’énergie de ces deux dernières journées. Je me suis remise à désherber et c’est comme si j’entendais  les suites de notre conversation de la veille autour du carré d’aromates. L’heure est venue de monter chercher les enfants qui revenaient d’une journée au centre de loisirs. Ils ont remarqué la barrette oubliée et m’ont demandé des nouvelles des invités, puis à quelle heure elles étaient partis.  Oui, oui, elles reviendront et peut-être même aussi qu’on pourra les voir à Paris. Une fois fait le compte rendu de la journée de notre côté, les enfants nous ont raconté, épuisés par cette journée de liberté, leur chasse aux térsors et les cocktails aux fruits qu’ils avaient appris. Le soleil était encore haut et plus de la moitié du potager restait à désherber. Vu l’état de fatigue de la troupe qui se dressait devant moi avec difficultés, je voulais bien m’y attaquer. En échange de quoi , Blanche nous préparait une des ces citronnades dont elle a désormais le secret. Aimé, galvanisé par ses expériences culinaires de l’après-midi, cherchait ce qu’il pourrait nous préparer pour le goûter. Il coupait des tomates avant de les disposer dans un plat, recouvertes de poivre et de sel, exactement ce dont nous avions besoin pour nous désaltérer. La vie reprenait et nous nous retrouvions autour de leur carrés. Les premières tomates sont déjà là et nous avons trouvé quelques fraises des bois. Dommage que les invitées soient partis, on leur aurait montré le fenouil et les betteraves prêtes à être cueillies.

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mardi 15 juillet 2014

tout de suite ou jamais

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Deux jeunes femmes s’étaient installées dans notre maison. Elles parlaient de leur vie en construction, de ce qu’elles avaient déjà bâti, des enfants déjà nés et de ceux qui naîtraient, de ce qu’elles demandraient  aux années qui s’annoncent. Je parlais avec elle et réalisais à quel point , depuis quelques mois, je m’étais laissée dévorer par la certitude du ‘tout de suite ou jamais» comme si ma propre vie n’avait plus grand chose à m’offrir, ou plutôt comme si je n’allais plus vivre qu’une série de dernières fois, autant de drames mal dissimulés par l’injonction de les vivre dans la joie. J’étais dans une course folle et j’aurais peut-être encore couru un moment avant qu’un médecin ne décide se stopper le mouvement et qu’au milieu de ces jours de repos imposé, le soleil n’arrive en même temps que ces  deux jeunes femmes que la vie couvrait de promesses. Alors je me suis posés avec elle et j’ai commençait à de nouveau distinguer ce qui comptait pour moi, nous sommes tous ensemble nous promener en forêt et j’ai retrouvé ce pour quoi nous sommes venus nous installer ici. Le s raies de soleil à travers les feuilles des arbres l’été, les odeurs de sous-bois, les enfants libres et les moments d’euphorie que peut provoquer un ciel étoilé. Et même les moments de rien assis sur le muret, quand ne compte que le parfum de l’air qu’on respire à grandes bouffées. Bientôt je retournerai travailler et le cycle des réunions reprendra. Je m’y ferai et j’essaierai de la faire bien. Mais sur ma ligne d’horizon, il y a des points de repères que j’avais peut-être perdus et que je vois de nouveau se dessiner, indélébiles,  des éléments de bonheur nécessaire. Quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, aussi fort que ce qui pousse ces jeunes femmes à embrasser la vie, il me faudra ma dose que dimanche quotidienne, des promenades en forêt et des moments dans le potager, de longs moments à regarder grandir les enfants et pourquoi pas de nouvelles promenades à cheval, l’ivresse des galops en forêt. La vie comme je l’entends et comme je la vois, comme je l’avais rêvée et comme j’ai le droit de la rêver encore.

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lundi 14 juillet 2014

les filles du 14 juillet

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Il y  aune éternité que je n’ai pas assisté à un feu d’artifice du 14 juillet, que je n’ai pas senti mon cœur battre à l’unisson des pétards lancés. je crois que cette année, les flonflons m’auront manqué. C’est comme ça, il y avait du foot à la télé, il pleuvait et nous étions fatigués. Mais il y a quand même eu les drapeaux tricolores accrochés en fin de matinée et ce verre de l’amitié pris juste à côté de l’église. Une histoire de village et le rêve d’un bal et d’un défilé de lampions pour l’an qui vient. Et puis il y  au les amies, deux très grandes filles, une petite et une toute petite, il y a eu le soleil revenu pour leur arrivée et l’été qui s’est installé,  les repas bricolés et le canapé teint en noir , une balade jusqu’au moulin et la vie qui retrouvait son goût léger, le goût du dimanche toujours renouvelé. Il avait tant plus jusqu’ici, notre muret nous avait manqué. Georges  et Rose sont partaient voir l’ânesse alors que Blanche s’occupait de la toute petite fille en me disant qu’elle n’avait jamais vu de si joli bébé. On cherchait le couffin pour enfin le remplacer par la carriole qu’on montait au premier pour la transformer en berceau de fortune. Les enfants repartaient dans le champ pour entraîner Rose jusqu’au pieds de la balançoire en oubliant de lui dire de faire attention au fil électrique. Nous avons bu du vin blanc et de la bière venue d’un pays que nous aimons, dîné tard d’une soupe d’hiver et d’un crumble d’été, regardé encore ce tout petit bébé  et constaté que nos enfants ont bien grandi, et puis discuté tard en espérant qu’il ferait encore beau demain. Espéré que l’été s’était vraiment installé parce que l’été, on parle de la vie autrement, tout est plus joyeux et plus doux, même les emmerdements, même les accrocs, parce qu’on peut rêver aux vacances qu’on a prises  et à celles qu’on prendra, on peut parler de l’année qui s’annonce et de l’été qui viiendra sans nous laisser prendre dans l’étau de l’angoisse.  On peut passer de la tonnelle au muret et rire de cet malédiction de l’électroménager qui décide de liguer tous ces appareils qui nous lâchent tous ensemble ce début d’été. Faire comme ci nous faisions de ce peuple élu que la chance ne quittera plus jamais.

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dimanche 13 juillet 2014

des tours de crèmes

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On a cru au soleil, tellement cru qu’on l’a vu. Quelques temps, une heure ou deux au milieu de la journée. Demain, il sera là, on nous l’a promis. En attendant, j’ai décidé de changer la couleur du canapé même s’il me faudra attendre demain ou après-demain pour mettre mes projets en application. Faire du presque neuf avec du vieux, c’est une des choses que j’aime le mieux. Pendant que je rêvais au noir profond, la vie reprenait autour des fourneaux. Notre four nous a lâchés , ce qui ne veut pas dire que nous allons nous arrêter de cuisiner. Je n’étais pas là au moment des négociations qui furent très serrées, d’après ce qu’on m’a raconté, mais je sais que les enfants ont établi des tours pour seconder leur père dans la préparation des petites crèmes. Aujourd’hui, c’état le tour d’Aimé. Georges réclamait des crêpes depuis plusieurs jours espérant à chaque repas que son vœu serait exaucé et regrettant à grand bruit à chaque fois qu’il ne le soit pas. Ce soir, Georges a triomphé, d’autant qu’il était le premier de la tournée. Beurre, sucre, miel et citron pour tout le monde et pour Blanche, une crêpe supplémentaire qu’elle avait elle même retournée. « t’as entendu ? papa m’a dit que j’étais digne de porter un nom breton. » Pendant le repas il avait été question des bonnes manières « mais pourquoi quand on est à table on n’a pas le droit de chanter ? » et des obligations. « au moins avec les crêpes, on n’est pas obligé d’attendre que le dernier soit servi pour commencer à manger. » Et puis crêpes ou pas il n’était pas question de traîner et les enfants réussissait à négocier avce leur père de regarder la première mi-temps d’un match qui, en fait, ne passionnait personne. « et toi maman , t’es pour les argentins ou pour les allemands ? » En cas de victoire de l’Argentine, nous irions l’annoncer aux chevaux  dans le pré demain matin. « ils seront contents parce que c’est leur pays quand même. » L’un d’entre eux ne s’appelle pas Azul pour rien. « bon les allemands on les aime bien quand même. » Fallait il vraiment que je choisisse un favori ?  « moi je suis pour les français et je suis Lionel Messi » décidait Georges en finissant sa crêpe au miel. C’est peut être lui qui ira murmurer à l’oreille des chevaux demain que le pays d’où ils sont arrivés n’a pas démérité.

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samedi 12 juillet 2014

le murmure des jeux au premier

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Puisqu’il a encore plu toute une partie de la journée, puisqu’il a fait presque froid et qu’il était si difficile de s’imaginer en juillet, il ne restait plus qu’à réapprendre à vivre dedans. Lire, écouter de la musique, retrouver nos vieux canapés et laisser passer le temps. J’ai retrouvé la marche autour de la maison, la forêt sentait presque l’automne et c’est à la rentrée que je n’ai pas pu m’empêcher de penser, comme si l’été allait nous oublier. Mais on nous a promis qu’il allait arriver. Bientôt nous aurons de nouveau trop chaud, bientôt nous retrouverons notre jardin et notre potager. Les tomates sont prêtes à rougir et les petits pois continuent de monter. Mais en attendant de retrouver le goût de l’été, j’enfile des chaussettes et j’apprends le rythme lent. Le dernier jour d’école nous paraît loin et il y a très longtemps que nous n’avions pas passé ensemble tant de jours à la maison. Cet après-midi, j’assistais au ballet du petit Georges décidé à empêcher la lecture de son père « papa, est ce que tu veux un bisou ? » puis je montais voir les plus grands qui retrouvent leurs jeux et leurs jouets préférés. Marcel protestait à l’idée de s’habiller puis négociait son tee-shirt préféré. Nous les entendons pendant des heures jouer au premier puis tout d’un coup, les alliances objectives explosent, les cris s’emparent de tout l’espace sonore de la maison et les coups se mettent à pleuvoir. Ce n’est jamais de la faute de celui qui crie, pas celle des autres non plus, c’est toujours l’autre qui a commencé le premier et nous finissons toujours, presque toujours, par punir celui qui justement n’a rien fait. La maison tremble aux cris d’une injustice caractérisée et puis le silence se fait, juste avant que nous ne percevions de nouveau les murmures des jeux et les rires croisés. Je n’ai aucune idée des souvenirs qu’ils garderont des ces heures passés ensemble à la fois tout près et si loin de nous. Mais je sais que ce qui se joue entre eux fonde une partie de leur vie.  Pourvu qu’aucun d’eux ne soit marqué par un quelconque sceau, celui de la défaite répétée ou celui de la victoire obligée.

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vendredi 11 juillet 2014

dans l'armoire de la salle de jeux

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C’est comme un jeu de chaises musicales et c’est presque chaque année. Cette fois, c’est le bureau de la salle de jeux parti dans la chambre de Blanche qui nous obligeait à changer les plans. Et puis il y avait eu cette « journée cabane » pendant laquelle les enfants avaient vidé intégralement  vidé le contenu des armoires et des étagères du premier pour les répartir dans leur maison de fortune.  Impossible de reculer, il fallait ranger. J’ai emmené quatre enfants très mécontents pour ouvrir avec eux cette armoire qui laissait tomber tous les jouets qu’elle contenait à ses pieds. « Chose après chose » serait la devise de notre journée, d’abord les jeux de société achetés pour la plupart dans les vide-greniers. Finalement, il ne manquait pas tant de pièces que ça et mes compagnons de rangement redécouvraient des trésors oubliés. Ils commençaient à trouver que cette journée n’avait pas que des mauvais côtés. Georges retrouvait un puzzle en bois, nous décidions de réserver un coin pour les travaux manuels. Les petites voitures, les châteaux de princesse, les playmobils retrouvaient leurs cheveux et je continuais à ramasser chacune des petites pièces de légos que je trouvais en pestant contre ceux qui les avaient éparpillés. J’ai crié, pas trop, râlé, un peu mais moi aussi, je me suis amusée quand j’ai retrouvé la boîte de vieux cubes en bois que j’avais rangés là avant de les oublier. Chaque chose avait trouvé sa place et la grosse armoire fermait de nouveau. Le rangements avait avancé beaucoup plus vite que je ne le pensais et nous nous sommes alors attaqués à un des autres micro-chantier qui devaient être menés cet été. Les feutres et les stylos, les pastels et les ciseaux, la peinture à l’eau et les pinceaux. Le gros bureau nous avait laissé tout son contenu à trier et tout devait trouver une place dans des petits pots. La légion de crayons de couleurs écrasait par son nombre la poignée de feutres qui avait survécu aux heures passées sans bouchons, il y avait finalement plus de paire de petits ciseaux à bouts ronds que de paires de petites mains dans cette maison et  j’interdisais d’emblée le rachat de gommes pour la rentrée. Convaincus, les enfants me promettaient qu’ils respecteraient les lieux en rangeant la bazar un peu chaque soir. Je voulais bien y croire, comme chaque année au milieu de l’été je suis persuadée que cette fois nous allons y arriver.

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jeudi 10 juillet 2014

j'avais retrouvé mes sabots dorés

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Il n’était pas question d’annuler nos vacances, impossible même d’y penser, de se laisser effleurer par l’idée. De toute façon, on irait et puis on avait compté et recompté, au bout du compte on s’était dit que ça passerait. Le gros fauteuil du bas attendrait d’être changé, on l’avait rafistolé et il tiendrait bien encore une ou deux petites années. Les volets eux aussi sauraient bien attendre qu’on puisse les  repeindre, on n’est jamais à une année près quand on est un volet. En attendant, je pourrais assouvir mon goût pour les travaux en peignant le bureau de Blanche, un bureau de grande fille qui va en sixième l’année prochaine. Je me disais que finalement, l’été serait un peu étriqué mais il serait doux, j’en étais convaincue, malgré la pluie, malgré ce satané sèche-linge qui ne voulait plus démarrer. Le monsieur est venu dans l’après-midi, il a réparé la panne et le sèche-linge n’a pas redémarré. Juste avant de partir, il avait aussi regardé la four avant de nous annoncer qu’il ne pourrait pas être réparé. « il vous reste la résistance du haut » avait il alors rajouté. IL avait raison. On pourrait toujours se débrouiller avec un four qui ne marche qu’à moitié, on s’habituera pendant quelques mois aux gâteaux un peu mous en dessous. Je crois que c’est à ce moment là, en toute fin d’après-midi, que j’ai choisi de rire de tout ce qui se passerait encore aujourd’hui. Le fil électrique mangé par une souris, la connexion internet qui ne voulait plus marcher, cet arrêt de travail posté vendredi dernier et jamais arrivé à destination,  t ce linge qui s’accumulait. Et cette pluie. Il y a bien longtemps qu’un thé chaud ne m’avait pas fait tant de bien et notre petite fille était très contente de sa chambre de grande. Le dîner, quel dîner ? La moitié des enfants avaient oublié de s’habiller et ils osaient nous parler de dîner. Bon, en rangeant j’avais retrouvé mes sabots dorés, égarés depuis tellement de jours que je les croyais perdus. La journée n’était donc pas totalement pourrie . Alors qu’elle se terminait, je pouvais même lui trouver un certain charme.  La pluie qui venait à la fenêtre et l’averse de contretemps nous avaient bousculés, malmenés, mais ce soir, nous dinions tous les six et je me rappelais de me vie de maman célibataire, quand la vie me malmenait aussi, et je savourais le goût de la vie à deux, deux pour tout affronter et pour rire de tout.

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mercredi 9 juillet 2014

des pensées au rayon froid

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Il y a des jours où tout d’un coup, le réfrigérateur doit être nettoyé, des moments où la chose la plus importante au monde est cette pièce du rez-de-chaussée qui doit être toute entière briquée. Et malgré la radio qui te raconte ses nouvelles du monde, malgré les voix qui en sortent pour te dire qu’il y a d’autres vies, d’autre voies, d’autres choses plus dignes que ces étagères encrassées, pour toi, il n’y a que cela et rien ne te détournera de cette nécessité. Parce qu’à ce moment là, tu sais que l’intérieur de ton cerveau doit, à peu de choses près, ressembler à ces étagères encombrées de pots à moitiés vide qui doivent être jetés, de dates périmées et de pensées passées depuis longtemps derrière la ligne des dates limites de consommation. Parce que tu sais qu’à ce moment, là, tu as besoin de ces gestes précis et efficaces de celle qui nettoie, de celle qui veut que « ça se voit », que « ça avance. « , parce qu‘à ce moment là, tu ne sais pas très bien quoi mais tu es décidée à jeter. A faire du vide, du tri. Tu sais aussi que i ce n’est pas toi, personne ne le fera alors au lieu de crier à l’injustice, alors que tu devrais revendiquer ton droit à l’égalité des charges concernant l’entretien du frigo, au lieu de lever le poing, tu cherche l’éponge, tu la tords, jusqu’à l’étrangler, et tu t’y mets. Tu jettes les confitures moisies et les mauvaises pensées. Les pots sucrés au dessus et le salé dessous, tu ne penses qu’à ça, surtout pas d’histoire parallèle. Tu demandes à ton cerveau de laisser tomber un peu ses idées saugrenues. Un pot de moutarde est un pot de moutarde et quand tu en trouves deux parfaitement identiques, tu t’arranges pour n’en faire plus qu’un. Tu avances et tu te surprends même à te dire que tu ne déteste pas, que tu devrais le faire plus souvent. Ça fait de la place sur les rayons de ton frigo et dans ton cerveau. A la fin, tu t’aperçois q’a part ces quelques pots de confiture et de chutney, ce frigo ne comporte presque plus rien. Ton cerveau aussi s’est allégé. Se concentrer sur ces rayons lui a fait du bien. Il n’y a plus rien à manger mais ça ne fait rien. Et tout d’un coup l’idée te vient de sauter un repas, ou de leur proposer de grignoter. Des restes de confiture et du pain, pour le reste, on pourrait se contenter de mots et de belles pensées, pour une fois.

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mardi 8 juillet 2014

ce jour-là

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On s’est promis un restaurant, rien que tous les deux, quand on pourra, même si on doit attendre un moment. On a partagé un petit verre de vin blanc, pour se souvenir de cette journée qu’on a tant aimée. C’était il y a très longtemps, il y a huit ans. Depuis, j’ai appris à dire « mon mari » plus souvent, je ne sais pas ce qu’il dit quand il parle de moi. Je crois qu’il prononce juste mon prénom, même à ceux qui ne me connaissent pas . Depuis ce jour-là, notre vie a beaucoup changé, cette année je crois que pour la première fois j’ai pensé « c’était il y a longtemps. » Ce jour là, Blanche n’avait pas trois ans, toute petite fille noyée dans la joie, Joséphine était encore une petite fille de douze ans. Notre petit garçon n’était pas encore né et nous ne nous doutions pas que deux autres viendraient après. C’était bon, comme la vie ici souvent. Il y avait quelques absents, nous les avons retrouvés depuis. D’autres ont coupé les ponts. Je continue à trouver la vie ingrate et trop violente parfois. Ce jour là, je la trouvais monstrueusement généreuse et belle. C’était si doux. six ans avant ce jour-là, je ne savais même pas qu’il existait, je n’avais aucune idée de ce que serait notre vie partagée aujourd’hui. Je continue à penser qu’elle est quelquefois trop dure avec ceux qui comme nous, l’aimons vraiment beaucoup.Mais il y a des jours où la joie me rappelle celle qui m’envahissait ce jour-là, ce sentiment de force et de gratitude, et  ce bonheur que je voulais être capable de partager à l’infini.  Il y a huit ans, nous nous sommes mariés ; je me souviens de nos oui, de cette certitude que la vie serait à la hauteur de cette journée, pour tout le temps qui restait. Je ne pensais pas au temps qui restait. Ce jour là, il s’agissait d’éternité.  Pour toujours, c’était assez flou mais ça m’emplissait. Pour toujours, je crois qu’aujourd’hui, huit ans après, je commence à mieux savoir ce que cette expression veut dire. Et elle m’emplit toujours de cette joie tranquille même si elle laisse quand même échapper quelques rires, quand j’essaie de lui faire croire que nous sommes chaque jour en danger.

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