tous les jours dimanche

17 avril 2014

comme un matin d'été

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L’autre jour, alors que sa sœur était partie pour une journée au collège, il est monté à l’avant de la voiture et il a dit en souriant « c’est bien aussi d’être grand ; ».Un instant le plus grand.  J’adore voir ce petit garçon se piquer de raison, l’écouter me demander si j’ai besoin de lui, essayer de bien faire de temps en temps, avant de filer discrètement pour vivre sa vie à l’abri de nos regards. Aimé a décidé d’être grand de temps en temps et je le fois se glisser dans l’image du petit garçon raisonnable qu’il s’est construite. Il me dit qu’il m’aime, il me demande « je peux t’aider ? «  et il remonte sa pile de vêtements dans sa chambre avant de me demander » je peux regarder la télé ? «  Il passe des heures au milieu de ses constructions de papiers et part vivre sa vie très loin dans le pré. Il est toujours ce petit garçon aux câlins généreux et aux allures de dandy. Il me demande « est ce l’asthme c’est pour toute la vie ? » puis il me dit « tu te souviens quand vous étiez tous contre moi à me demander d’arrêter de respirer comme une baleine ? » Je me souviens de mes agacements, de la tristesse dans ses yeux. Je me souviens de sa détresse et je lui demande de m'excuser, longtemps après.  C’est peut-être pour toute la vie, peut-être pas,mais ça ne l’empêche pas d’avoir l’air heureux, notre grand garçon qui me dit « c’est bien de travailler avec toi » et qui s’est pris au jeu de la lecture facile et des très bien sur ces cahiers. oui, nous retournerons en ville au restaurant chinois, rien qu'avec lui, même s'il y a moins de très bien sur les cahiers. Mais cette volée de très bien", c'est si léger.  Notre grand garçon orgueilleux et sensible, c’est si bien d’être orgueilleux et sensible, blond comme les blés et beau comme un matin d’été. Il le sait, il en rit et ilregarde les filles dont il tombe amoureux. Surtout les grandes, surtout les très belles. Notre grand garçon qui sait se tenir debout sur un cheval, les bras en croix et le menton fier. Notre grand garçon qui joue à être raisonnable comme il joue à construire des navettes en légos. Mon Aimé qui me dit qu’à l’école, il veut continuer à porter du rose parce qu’il aime ça, et des fleurs parce qu’il aime ça aussi, et avoir les cheveux longs, parce qu’il en a envie. Notre Aimé qui  a sacralisé le câlin du matin entre son père et lui. Aucune journée ne peut commencer sans cette tendre accolade. Notre Aimé que je vois sensible et de plus en plus sûr de lui, notre grand garçon que je vois déjà tellement être lui, ce qu’il a décidé d’être, si fort pour jouer avec ce que la vie lui a donné.

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16 avril 2014

une communauté

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La vie peut-être déroutante, dévorante, mais quelque fois, il faut y aller, parce que c’est le moment, parce qu’une occasion ne se reproduira plus jamais. J’ai d’abord hésité puis j’ai fini par accepter ce poste de vice-Présidente de la communauté de communes. D’abord parce que c’est l’enfance jeunesse, aussi parce que c’est comme une suite logique de l’aventure. Je vais apprendre. Cette semaine, il faudra d’abord tenir le rythme, une réunion par soir, travailler sur des budgets, apprendre cette langue qui me  semble quelque fois étrangère. C’est comme une nouvelle vie dans un nouveau pays et je me sens moi-même au milieu de l’inconnu. Et pour dire vrai, ce nouveau monde ne m’est pas tout à fait étranger, c’est juste que j’avais bien pris soin de me tenir éloignée de lui.   Et puis hier soir,  avant cette réunion très formelle à laquelle je devais assister,  quelqu’un m’a glissé « je vous connais, vous écrivez des livres pour enfants ». je me suis sentie entière et soulagée. Tout est possible, on peut être l’une et l’autre à la fois. Entière comme ça. Aujourd’hui, je retrouvais notre vie ici, l’un de nos mercredi,  l’un de ces mercredis désormais sacrés, entre jardin et potager. J’ai tondu la pelouse, regardé pousser les ancolies et goûté à la citronnade que Blanche nous avait préparée. Puis j’ai préparé un dîner que je ne prendra pas, ou très tard, après minuit, après la réunion d’aujourd’hui.  Cet après-midi, le vent s’est levé, il a emmêlés les  cheveux des enfants et  j’ai dénoué les miens, le chignon me pesait. J’ai enfilé mon jean trop grand et mes sandales grecques. Quand elles sont à mes pieds, je me sens libre et capable de tout. C’est fou ce qu’une paire de chaussures peut alléger un cerveau. Nous avions un peu froid mais nous étions bien dehors, le nez plein du parfum de l’herbe coupée. Malgré les poids que nous lui avions fixés, la nappe a fini par s’envoler alors nous avons finalement céder à la force du vent.  Mais le pied du tilleul accueillera bien d’autres de nos goûters, quand l'ombre de ses feuilles pourra nous abriter.

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15 avril 2014

belle famille

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Ce matin, une dame m’a dit « les grandes familles c’est beau ! » nous étions sur le chemin de l’école et elle a rajouté « pourvu qu’ils s’entendent comme ça toute leur vie. » je lui ai répondu  que moi aussi je l’espérais et puis j’ai ajouté que ce serait à eux de décider. Ces jours-ci, je les regarde jouer dans le jardin, essayer les rollers et les patins à roulettes, je les entends se battre puis repartir comme si de rien n’était. Moi aussi j’espère un peu et il m’est même arrivé de leur reprocher leurs conflits. Je l’ai regretté. Ils ne sont pas obligés de nous aimer, ils ne seront jamais obligés de s’aimer. Même si j’aimerais même si je ce serait un de mes plus beaux cadeaux. Et puis peut-être que pour s’aimer vraiment, s’aimer au fond, il faut aussi savoir se déchirer, se pourrir de vacheries, savoir se quitter, se désaimer.  Je peux essayer de leur assurer une vie la pluie joyeuse possible, un terreau que j’espère riche et solide. Pour ce qui est de l’après, je n’y pourrai plus rien. OU plutôt,je n’aurais plus qu’à assumer mes responsabilités, et à leur dire « oui tu as raison » quand ils auront des choses à nous reprocher.  J’aimerais tellement pouvoir crier « ceux qui m’aiment s’aimeront ». mais ce n’est pas comme ça que ça marche une fratrie. Je sais qu’il y a des attentes et des déceptions, des jalousies naturelles et justifiées, des mauvais coups et des illusions. J’aimerais tellement penser que si nous les aimons, ils s’aimeront,  mais ce n’est pas comme ça que ça roule, d’ailleurs il n’y a rien qui roule, rien qui file, il n’y a que des espoirs et des accrocs et entre ces déceptions, des retrouvailles dont il faut profiter comme des précieux cadeaux. Jepourrais être là pour leur rappeler les jeux de leur enfance et la façon qu’ils avaient de réclamer l’absent quand l’un d’eux manque, quand l’un d’eux s’en va. Nous pourrons juste essayer d’être ceux par lesquels tout a commencé. Pour le reste, pour la suite, je pourrais souhaiter, avoir envie, bêtement leur demander, et même les supplier, il s’agira de leur vie et pour la construire, ils auront dû quitter la fratrie et peut-êtr coupé le fil qui les unie. Alors je pourrai peut-être essayer d’êtr ce fil de l’histoire quand ils me demanderont de les aider à la remonter. Remonter l’histoire, leur raconter, rafraîchir leurs souvenirs  et leur dire à quel point j’ai aimé les regarder se construire avec, envers, ensemble, et malgré, chacun de leur côté, les uns à coté des autres.

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14 avril 2014

un pied de thym

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Je viens de passer une  journée entière à penser à l’instant ou je retrouverais le parfum du thym citronné. Bien sûr, il y avait du travail à faire. Et je l’ai fait, Bien sûr, il y avait des décisions à prendre et mes réflexions ont avancé, il fallait écrire, faire mûrir un projet, écrire encore, J’ai aussi pensé aux vacances qui viennent, à tout ce qui va s’enchaîner, j’ai fait des croix sur mes listes et entamé d’autres listes plus longues que celles que je venais de terminer, , j’ai eu peur d’en oublier, j’ai rêvé de voyages et de matinées d’été, j’ai eu du mal à me concentrer. Plusieurs fois, je me suis surprise à penser que nous en étions déjà à la moitié d’avril, plusieurs fois je me suis mise à douter, tout de suite rattrapée par l’envie d’avancer. La vie n’attendra pas, peut-être pas. Il faut rien regretter. Plusieurs fois ce week-end, je leur ai dis « je crois qu’en ce moment je suis vernie » et à chaque fois ils m’ont répondue « profite, ça ne va pas durer. » C’est si bon pourtant et si tranquille à la fois. Est-ce vers çela que nous avancions durant ces années ? Aujourd’hui, je me suis plusieurs fois perdue dans mes pensées, au milieu de désirs un peu  fous, persuadée que nous allons y arriver. La vie me plaît comme elle est, mais ça ne m’empêche pas d’avoir envie de marcher plus loin, là où je n’y connais rien. C’est un peu flou mais je crois que ça se tient. Je ne veux rien changer, juste aller voir un peu plus loin. Il y a tous ces pans de vie qu’il faut imbriquer, tout ce qu’il faut faire, prévoir, projeter, et mon envie toute la journée de retrouver le parfum du thym citronné. J’en ai trouvé un pied samedi dernier sur le marché et tout le week-end, je me suis promis de le planter. mais pendant ces heures à profiter du soleil j’ai dégagé les fleurs et arrosé la citronnelle, désherbé nos carrés et chercher les premiers boutons des rosiers. Mais je n’ai pas pris le temps de planter ce petit pied de thym citronné. Ce matin en partant travailler, j’ai failli le renverser. Ce soir, tout juste arrivée chez nous, j’ai posé mon sac et cherché un peu de terre pour en remplir un pot sufissamment grand. Il faudra toujours que je sois capable de ltout laisser pour planter un pied de thym citronné, capable d'abandonner le bazar au milieu duquel je me trouve, les projets et les idées, pour me laisser emportée par le rêve que je me fais de de ce parfum.

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13 avril 2014

une boisson parfaite

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C’était un dimanche de début de vacances, un dimanche  qui ressemblait à un début de vacances, même si demain matin, nous devons tous retourner travailler. C’était un premier dimanche sans élection ni évènements,, un jour rien que pour nous entre la maison et le jardin, un jour sans obligation à part celle de nous reposer. J’ai eu envie de coudre un peu, j’ai reporté ça au week-end prochain, j’ai eu envie de cuisiner et j’ai reporté ça aux jours qui viennent. Dans moins d’une semaine. J’ai désherber, profité du soleil,repensé à notre dîner d’hier et au goût du pollen frais. Je suis partie marcher et répondu je ne sais même plus combien de fois à la question « c’est dans combien de jours Pâques déjà ? « Il aurait fallu que je range et je me suis dit que le rangement pourrait attendre. J’ai entendu une débroussailleuse dans un jardin pas très loin puis le bruit du couple de tourterelles qui est revenu tout près de notre jardin.  A l’heure du goûter, nous avons bu la boisson que Blanche a inventé et qu'elle n’arrête plus d’améliorer. Aujourd’hui, elle était parfaite , juste ce qu’il faut de citron, de cannelle et de miel. Les enfants que j’avais d’abord entendu se battre dans le jardin avaient tout d’un coup disparu pour réapparaître avec des plateaux chargés de chocolat et de gâteaux. Et puis, comme souvent à la fin de ces dimanches baignés de soleil, nous nous sommes laissés surprendre par l’arrivée du soir. Très vite, alors que je pariais encore sur une fin d’après-midi, il a fallu penser au dîner et à tout ce que nous avions laissé pour « plus tard ». Rien n’est grave, les vacances commencent à la fin de la semaine et nous pourrons rattraper notre retard. Aujourd’hui, nous avions juste ressenti  le besoin impérieux de nous poser, dessiner virtuellement le contenu des carrés dans notre potager, envisager la fête à la fin du mis de juin, en cas de pluie aussi . Mais cette fête est encore loin et nous avons encore le temps d’affiner nos plans. Bientôt, nous compterons le nombre de chaises, le nombre de tables, le nombre d’invités qui viendront de façon certaine. Mais pour aujourd’hui, nous nous sommes contentés d’envisager.

pssit: dans un litre d'eau très fraîche, Blanche mélange une grosse cuillère à soupe de miel, une grosse pincée de cannelle et un jus de citron.

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12 avril 2014

le sapin de Pâques

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Aujourd’hui, on décidait d’oublier un peu le collège et les émotions de la journée passée. Après la leçon de piano, une promenade au marché et un déjeuner grignoté, nous sortions dans le pré pour choisir les branches qui nous serviraient cette année. « On va faire le sapin de Pâques ! » criait  Georges impatient. Les branches que nous choisissons les autres années avaient déjà fleuri, c’est dans le potager que nous avons trouvé exactement ce que nous cherchions. De grandes branches auxquelles nous pourrions accrocher nos petits sujets. Je descendais la boite et comme chaque année, nous retrouvions des poignées de trésors oubliés. Les enfants commençaient par accrocher les nouveautés, les petits œufs que Joséphine nous avait offert le week-end dernier. Puis les petites mains  fébriles plongeaient dans les sacs et les gros œufs en papier maché. Marcel décidait qu’il en avait fait assez. Aimé continuait un moment avant de le rejoindre puis ils revenaient tous les deux pour nous aider à découper les guirlandes en papier que nous préparions avec Georges, Blanche et Joséphine pour décorer le très grand arbre de cette année. Trois fanions roses, un fanion jaune, trois fanions roses, un fanion fluorescent, Blanche et Joséphine, étaient à la découpe, Aimé à la colle et je pliais. Georges et Marcel attendaient leur tour.  Je cherchais une cloche pour protéger notre brioche en forme d’agneau et promettais à Georges qu’il en aurait la première bouchée quand le moment serait venu de le manger. Je comptais avec lui les jours qui les séparaient de la course aux œufs, il salivait. Les enfants cherchaient leur décoration préférée et nous discutions de notre déjeuner de dimanche prochain. C’était déjà un peu la fête,  on mettrait une nappe blanche et des jolies serviettes, on obligerait pas les enfants à manger, ils pourraient faire un repas de chocolat, pourvu qu’ils nous laissent savourer. Une question se posait encore. Cloches ou lapin de Pâques, qui traînerait dans le jardin dimanche prochain? Chez nous, la question reste posée et les avis sont partagés. « et si on disait les deux, ce serait pas mieux ? »

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11 avril 2014

pour de vrai

 

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C’était une journée notée depuis très longtemps sur nos calendriers, de ces dates dont on sait qu’il y a un avant et un après, surtout pour cette petite fille de dix ans et demi qui l’année prochaine devra changer de vie. Car chez nous, le passage en sixième est un réel changement de vie. Nous nous sommes levées toutes les deux à six heures et demie, Blanche était sûre de sa tenue, un jean et une tunique bleue. Son père est descendue pour nous rejoindre et après ce genre de petit déjeuner qu’il faut avaler pour tenir une très longue matinée, nous sommes partis tous les trois pour attendre le car qui l’emmènerait au collègue pour une journée. Je l’ai vue s’asseoir aux premières places et nous adresser des petits signes de la main. Derrière elle, une poignée de lycéens qui devaient être si loin de leur journée de découverte au collège. Nous sommes restés jusqu’au départ du car et il m’a dit « ça y est elle est grande maintenant. » J’ai pensé à ce voyage d’une petite heure ans ce car rempli d’élèves du collège et du lycée, j’ai pensé à elle chaque heure en me demandant dans quelle cour elle se trouvait. Une journée de sixième « comme une vraie » pour que la rentrée soit moins violente en septembre prochain ;  Blanche me paraissait de nouveau toute petite, j’ai espéré toute la journée et quand je suis allée chercher Joséphine à la gare pour qu’elle fasse une surprise à sa petite sœur à l’heure de la sortie du collège, je me suis demandée si la grande n’était pas encore plus angoissée que la petite. Nous l’avons aperçue au milieu des élèves qui se précipitaient vers la sortie et j’ai d’abord senti son soulagement, la journée était finie. Elle avait adoré les cours, les professeurs, elle s’était sentie un peu seule à plusieurs moment de la journée et elle avait vu des grands se battre dans la cour. J’ai vu ses yeux pleins de larmes et j’ai senti sa main serrer la mienne, « je ne savais pas toujours où je devais aller. » Nous avons ensuite visité le collège avec d’autres parents et d’autres élèves d’un jour, les professeurs ont reconnu Joséphine et j’ai senti Blanche un peu rassurée. Notre grande fille venait de remonter d’ne plongée sans bouteille dans la vie du collège avec tout ce qu’elle entraîne. Elle avait vue une autre petite  fille se mettre à pleurer parce que les autres élèves s’étaient moqués de la manière dont elle était habillée, un petit garçon fondre en larmes parce que des « grands de troisième » avaient décidé de faire une partie de foot avec son blouson » et elle n’avait pas osé remplir la carafe d’eau à la cantine.  Joséphine essayait de la rassurer, Aimé me glissait « pour moi c’est dans trois ans, j’ai peur aussi » et Blanche finissait par nous raconter que des grandes filles étaient venues la voir pour lui dire qu’elle avait une très jolie coiffure, un très joli chemisier, un et très joli prénom. Sauvée. Nous repartions du collège en achetant un très gros goûter à la boulangerie et revenions à la maison, loin du collège où, dans quelques mois, elle se sentira peut-être comme un poisson dans l’eau.

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10 avril 2014

du pain blanc

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C’est notre pain blanc et il revient tous les ans. C’est la vie au printemps, les jours qui filent les uns après les autres, si faciles, nos choix qui nous paraissent évidents, l’herbe qu’il faudra couper, les fenêtres qu’il faudra ouvrir en grand. Alors, finalement, aura-t-on des poules ou pas ? Et toutes ces questions qui nous occupent l’esprit. Quelle théière avec la nappe fleurie ? Les enfants disparaissent et on ne s’en soucie pas, Mais pourquoi le lilas et les pivoines fleurissent en même temps alors que je les attends depuis si longtemps ? Ces jours-ci, je n’arrive pas à trouver la musique qui me va, ce serait une petite musique presque parfaite, avec juste ce qu’il faut d’humanité pour me faire chavirer. Un air parfaitement humain qui me donne la chair de poule. Alors, des poules, on en aura ou pas ? Il faudrait d’abord penser  l’enclos. Installer le grillage avant de rêver à nos œufs. Et puis des œufs, il y a tous ceux que nous amène la voisine. Des œufs avec des mouillettes ou pour faire des gâteaux, des gâteaux de printemps sur des tables dressées, comme si la vie se résumait à un goûter géant. Des sucreries. Tout est si léger. On peut essayer, se tromper, le vent emmènera tout avec lui après. Au printemps, on plante et on voit si ça pousse après. On essaie. J’ai le droit d’essayer ?  Si le temps le permet. Du temps, on e a encore pour toute une année, presque une année, le meilleur d’une année. Le plus dur est derrière nous. C’est ce qu’on se dit toujours à ce moment de l’année, non ?  Il y a toutes ces questions, tous ces projets qui s’envolent comme le poil blanc du pissenlit. Ils disparaissent ou ils se ressèment un peu plus loin ? on n’en sait rien. Je ne suis pas sûre de vouloir savoir, tout savoir, je veux juste avancer, prendre ces brassées de printemps comme elles s’offrent à moi, ne plus savoir démêler mes certitudes de mes doutes puis  réaliser que ce n’est pas si grave, après tout. De toute façon, tout partira à la volée. Il y a cet air si doux sur ma peau, ce frisson, parce que c'est un micro-instant parfait, parce qu'il est déjà terminé, parce qu'il peut recommencer, parce que ça ne marche pas à tous les coups.  Est-ce qu’on pourra, est ce qu’on saura ? est ce qu’on sera capable ? On est capable de tout. Si on se srvait un thé avant de commencer ?

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09 avril 2014

un parfum ordinaire

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C’était un mercredi rassurant, parce que rien ne le distinguait des autres mercredis. Un jour de milieu de semaine ordinaire avec son rendez-vous en ville, un petit carnet acheté cinq euros pour la mairie,  et un retour la fenêtre ouverte sur les champs dorés. J’aime les regarder mais je suis si contente que notre petit bout de terre soir épargné par les champs de colza et leur immensité. Chez nous, il n’y a que des prés séparés par des haies, des vaches et des troupeaux de moutons, des prés qui ont laissé pousser d’énormes chênes et quelques arbres fruitiers, comme sur le tableau d’un peintre japonais. Aujourd’hui, j’avais envie de coudre, d’occuper mes mains à quelque chose d’utile, de tangible, j’avais besoin de voir quelque chose se dessiner sous mes doigts. J’ai trouvé un grand jupon que ma grand-mère m’avait donné et que j’avais teint en bleu il y  a quelques années, j’ai taillé dedans pour en faire une petite robe d’été, sans angoisse ni patron. Une seconde vie pour un jupon que j’aimais beaucoup sans avoir jamais trouvé comment le porter,  une petite robe légère pour ma grande fille de dix ans.  Et puis j’avais besoin de retrouver les odeurs de la forêt pour ne pas manquer ce moment où tout renaît, le vert tendre des feuilles et la vie qui grouille sous la mousse. Blanche, Georges et Marcel sont venus avec moi pour cueillir des brassées de fleurs, des bouquets de printemps qui ne dureront pas plus d’un ou deux jours mais qui nous aurons rendu heureux un instant.  Et puis, il y a eu le goûter des enfants, comme un  rendez-vous sacré, les crêpes de leur père, le thé trop chaud, puis trop froid parce qu’on l’avait oublié,  et la fin de journée qui m’a emmenée au potager. J’ai cueilli quelques feuilles de menthe pour les écraser entre mes doigts, j’ai dit aux rosiers mon impatience de les voir en fleurs, j’ai cherché les nouvelles pousses avant de rentrer pour préparer le dîner. Cette semaine, nous aurons réussi à vivre avec les restes.Je m’en suis amusée et j’ai fait un pain pour demain. Un pain et du riz au lait, rien que pour le mélange des parfums.

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08 avril 2014

le pied léger

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Il y a aussi les petites choses légères  et Pâques qui arrive à grands pas. Il y a  aussi la haie qui mène à la maison et qui croule sous le lilas, le poirier qui nous émerveille et le cerisier qui nous promet des kilos de fruits. Il y a mes envies de tissus fleuris et d’improbables couleurs. Il y aura bientôt du chocolat à chercher partout  et l’agneau de sept heures, une jolie table, un repas de famille et le gâteau de Pâques que j’ai emprunté aux souvenirs polonias d’une dame que j’ai rencontrée. Un joli dimanche dont on rêve déjà, entre nous.  Encore des fleurs, à coudre et à planter, à poser sur des gâteaux, à glisser dans les glaçons, à boire et à manger. il y a tout ce qui fait notre vie légère, Impossible de laisser filer le printemps.  L’autre jour, un nouvel oiseau est venu chanter sur le muret, noir et blanc, beaucoup plus petit qu’une pie. Et toujours, la petite musique de notre vie. La route qui monte à l’église et la course vers la rivière, l’ânesse qui perd son poil d’hiver et bientôt le muguet dans la forêt. J’ai promis à Blanche d’aller demain jusqu’au bois avec elle pour cueillir les jolies fleurs bleues que nous avons aperçues  en bord de clairière. Du printemps, nous aurons bientôt tous les parfums, toutes les envies. Je sais où se trouve notre cahier de jardin et je dois déjà y marquer quelques plantations pour cette année. Il y a toutes les enveloppes  posées juste à côté, des promesses en graines, des fleurs, des légumes et des fruits. Il y a tous ces détails sans importance que j’ai très envie de retrouver, des détails qui font ce que nous sommes ici, le parfum du géranium citronnelle,  les petites fleurs du jasmin, et notre promesse qui tient toujours, de la vie dans nos veines. Il y a notre maison, le rocher auquel nous nous accrochons et qui nous permet la légèreté, malgré tout, envers et contre tout, comme une permanente invitation. Il y a l’arbre de Pâques que nous garnirons bientôt, comme un repère, des poignées d’œufs colorés en guise de petits cailloux blancs, du carton bouilli et des papillons en papier pour nous rappeler de ne jamais nous laisser nous perdre dans la gravité.

 

psssiiit: je suis désolée, j'ai été un peu négligeante ces derniers jours, dernières semaines, avec les commandes de livres "tous les jours dimanche" que j'ai reçues vie "contacter l'auteur". Je vais m'en occuper, n'hésitez pas à me relancer si je ne vous ai pas répondu.

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