tous les jours dimanche

mercredi 1 octobre 2014

du dimanche dans les mercredis

DSCF3088DSCF3090

DSCF3117DSCF3141

DSCF3159DSCF3167

Je ne rêve plus de mercredi paisibles et j’apprends juste à cueillir les moments qui peuvent être savourés. A partir de la semaine prochaine, il faudra, une semaine sur deux,  faire rentrer un cours de danse contemporaine dans le programme déjà plein à craquer de nos après-midi. Mais Aimé a envie d’essayer alors nous glisserons un voyage supplémentaire dans un des villages voisins entre le théâtre et la danse classique de Blanche mais je n’abandonne pas l’idée de prendre vol quelques uns des moments que je chéris, une promenade sur un chemin de campagne ou un gâteau pour le dîner. Nous devrions y arriver. Aujourd’hui, Blanche m’a accompagnée dans notre chambre pour une petite sieste de début d’après-midi, une de ces siestes très courtes qui permettent de retrouver l’énergie sans se sentir ramollie après. C’était si doux de la sentir s’assoupir aussi, d’entendre le battement de nos cœurs se rassembler. « maman, il est deux heures et demie passer » Georges a veillé à ce que nous ne dormions pas trop longtemps. Au rez-de-chaussée, toute la maison sent le coing et les lumières d’automne commencent à s’installer. Les enfants ont de la chance d’avoir un papa du mercredi, un papa le mercredi qui fait les allers retours, comme les autres jours et qui me laisse profiter de cette maison que je ne vois pas assez. Quand il est revenu du cours de théâtre avec les garçons, j’arrachais avec Blanche les ronces qui menacent d’étouffer le pied de vigne. Quand il est parti avec Blanche à la danse, j’ai proposé à Aimé de mettre quelques gouttes de bergamote dans notre gâteau d’aujourd’hui, très vite rejoints par Georges puis Marcel. Et puis nous avons écouté Bach et alors Marcel s’est mis à danser. Nous avons entendu les chasseurs dans le pré et je me suis rappelé que nous avions entamé le premier jour de l’automne. IL fait si beau que c’est presque étrange de le savoir déjà là, et pourtant les premières feuilles commencent à tomber. Le mercredi, c’est aussi le jour des fleurs, celui des baies, celui qui m’offre le temps de faire un bouquet, des roses et des herbes parfumées qui tiendront jusqu’au week-end, et peut-être au delà.

DSCF3091

DSCF3104

DSCF3110

DSCF3122

DSCF3151

DSCF3165

DSCF3171

DSCF3181

Posté par marionl à 22:20 - Permalien [#]


mardi 30 septembre 2014

baignés d'or

DSCF3035DSCF3054

DSCF3059DSCF3053

C’est au petit matin ou e soir, quand tout d’un coup, la lumière nous intime l’ordre d’arrêter tout ce qui nous occupe. On sait que ça ne reviendra plus, que c’est un instant qui ne se reproduira plus jamais, jamais exactement. Quoi qu’il nous arrive, quoi ne nous décidions, c’est une des choses que nous avons réussi à transmettre à nos enfants. Le gout de la lumière et celui de l’instant. Ça peut être au milieu d’une soirée trop chargée, la lumière peut venir se poser, comme hier, sur  un matin d’école qui ne laisse de temps pour rien, elle fait voler nos contraintes et nos obligations. LA parenthèse n’est jamais longue mais nous attrape un moment et nous rassemble dans un souffle d’admiration. ET tout d’un coup, il n’est plus besoin de leur expliquer pourquoi nous avons choisi de nous installer ici, tous engloutis par l’évidence de l’endroit et du moment, nous laissons les cartables et les peurs à nos pieds, pour goûter à cet unique instant. Je ne saispas ce qu’ils feront de cet apprentissage, de cette capacité que nous leur avons donnée, je ne sais pas s’ils sauront la garder, je ne sais pas si, comme moi, il leur apparaîtra qu’il s’agit peut-être bien de notre trésor de famille. Tout arrêter pour sortir dans le jardin et se plonger dans l’instant, faire corps avec ce qui nous entoure, quand je regarde mon petit garçon de quatre ans savourer, je savoure à mon tour. C’est notre devise depuis longtemps « regardez cette lumière ! » et  si l’un de mes enfants devenait insensible à la beauté de l’instant, je crois que je plongerai dans une infinie tristesse avant de me résigner. Non, ils ne sont pas obligés d’aimer ce que nous aimons, leurs émotions seront les leurs e beaucoup de leurs plaisirs me seront étrangers. Certains le sont déjà et je m’amuse souvent de ces étranges composition de couleurs et de goûts. Mais pourvu qu’ils gardent à l’esprit que  ces instants inondés de lumière et suspendus dans le temps constituent l’un des socles de leur histoire. Pourvu qu’ils se souviennent longtemps de l’évidence et de la force que nous donnaient à tous ces petits matins baignés d’or.

DSCF3040

DSCF3043

DSCF3049

DSCF3051

DSCF3055

DSCF3062

Posté par marionl à 20:04 - Permalien [#]

lundi 29 septembre 2014

quatre ans

DSCF3067

Ce petit garçon a quatre ans aujourd’hui.  Il croyait qu’il faudrait attendre encore trois jours. Pourquoi trois jours, je n’en sais rien.  il pensait aussi que cet anniversaire attendu lui donnerait le droit de passer dans la classe de Marcel, Georges restera encore en maternelle cette année et l’année qui vient. Mais j’ai essayé de lui faire comprendre que quatre ans, ce n’est pas rien. Bien sûr, il y a les grands qui savent tout faire, bien sûr, il y a cette heure du coucher qu’il faut encore respecter, même à quatre ans et des poussières, bien sûr, il y a ces gros mots qu’il n’aura toujours pas le droit de dire mais quatre ans, ça change tout.  Georges rit, Georges crie quand il est contrarié, il entend son père dire ce petit va nous mener par le bout du nez », il me demande une histoire du soir alors que je viens de lui dire qu’il était trop tard et comme à chaque fois qu’il est triste, il se prend la tête entre les mots avant de laisser les sanglots lui secouer tous le corps. Personne ne sait manier le drame comme ce petit garçon, personne ne sait se servir de son sourire comme lui. "allez maman, s’il te plaît ! ».  IL sait la constellation de gens qui l’aiment autour de lui, il les aiment aussi et n’oublient pas de leur dire et de leur dire encore. Il sait que ses frères auront toujours une avance sur lui. Peut-être pas toujours mais pour un paquet d’années, alors il continue de les observer. Il sait que ses grandes sœurs ont bien du mal à lui dire non, alors il lui arrive d’en abuser. Petit corps hilare qui coure dans toute la maison en hurlant sa joie, ou sa colère selon les soirs, petites mains potelées comme celles d’un bébé, petit garçon qui a encore besoin d’un biberon et que j’aime tant couvrir de baisers. Ce petit garçon est un cadeau de la vie qui me dit « j’ai peu des loups la nuit »  et qui part tout seul à la découverte des prés. Petit garçon de la campagne qui collectionne les tours Eiffel et rêve d’une « couverture  qui brille » pour son quatrième anniversaire. Petit garçon qui hurle des insultes dont il ne connaît pas le sens et murmures des secrets comme il offre des caresses. Ce matin, il m’a demandé de lui expliquer encore alors je lui ai répété qu’il était né il y a quatre ans, un vingt-neuf septembre comme celui-ci, que son papa et moi étions partis de la maison entre chiens et loups pour le rencontrer, je lui ai dit aussi que sa présence me remplit depuis de ce étrange et savoureux mélange d'évidence et de  douce folie. Une évidente et douce folie qui sent l'amour et les baisers.

Posté par marionl à 20:34 - Permalien [#]

dimanche 28 septembre 2014

beaux comme un camion

DSCF2709DSCF2732

DSCF2778DSCF2811

DSCF2853DSCF2878

DSCF2879DSCF2859

 

DSCF2889DSCF2925

J’ai traversé une partie du département pour aller glisser mon bulletin dans l’urne des sénatoriales. Si j’avais su qu’un jour je ferais partie des grands électeurs, j’aurai ri.  j’ai cherché la préfecture et ce n’était pas à la préfecture, j’ai enfin trouvé le palais des expositions et les urnes alignées. J’étais sûre de mon choix, j’ai signé et je suis repartie comme j’étais venue, j’avais hâte de retrouver mon dimanche mais sur le chemin du retour, je me suis surprise à penser aux résultats de ce soir avec une certaine impatience. La maison semblait m’attendre et c’était doux Il y avait de l’ombre sous la tonnelle et déjà la table dressée. C’était l’été en plus tranquille et plus doux, le poulet du dimanche avait mariné plusieurs heures dans les épices et les poires étaient fermes et sucrées. J’avais envie de jardin, de muret, d’oublier l’heure qui tourne dans le potager. Mais la promesse était faite et les petits garçons de la maison impatients de découvrir cet endroit dont nous leur avions parlé. Le hangar d’une petite usine désaffectée et son étonnante collection de vieux camions. Il y en avait de toutes les couleurs et pour toutes les utilisations, il y avait même un de ces cars américains qui traversent tout le continent, on pouvait monter dans les cabines et jouer au fou du volant. Blanche nous avait suivi en traînant les pieds, elle se retrouvait au volant d’un énorme camion et invitait Georges à monter à ses côtés. Ces vieux camions, c’était l’histoire d’un monsieur passionné et de tous les voisins qu’ils avaient aidé )à préparer l’exposition pendant tout l’été. On se souvenait du salaire de la peur puis on se voyait dans le désert ou dans le grand nord canadien, il nous restait des kilomètres à enfiler, des jours entiers à rouler, la vieille usine était plantée tout à côté de la voie ferrée et les nappes à carreaux donnait à l’endroit des airs de quatorze juillet.  A côté de ces gros camions brillants et bombés, à la tête d'une armée de frimousses barbouillés de cambouis et d'huile de moteur,  j’avais envie de robes à fleurs et de  flonflons sucrés, d’accordéon et de victoire fêtée.

DSCF2782

DSCF2833

DSCF2856

DSCF2905

DSCF2943

Posté par marionl à 23:25 - Permalien [#]

samedi 27 septembre 2014

images animées

DSCF2528DSCF2538

DSCF2557DSCF2559

 

DSCF2604DSCF2654

Le brouillard qui s’accroche à nos petits matins, les petits déjeuners désordonnés, la lumière qui change et les feuilles qui commencent à tomber, c était un samedi qui devait être ordinaire et nous nous apprêtions à partir  armés de la grandes échelles et de paniers pour récolter les poires de curé. Tout était normal, excepté le petit micro accroché au col de ma blouse et la petite boîte dans la poche de mon pantalon. Les enfants se disputaient le haut de la grande échelle  avant de trouver un modus vivendi, Tout était normal sauf les deux jeunes femmes caméra à la main qui regardaient notre vie à travers un petit carré depuis leur arrivée. J’avais reçu l’appel de l’une d’elle il y a quelques temps, me demandant si nous acceptions d’être le sujet de leur reportage. J’avais d’abord  expliqué que je n’étais pas seule à décider  avant de préciser que nous avions plusieurs fois refuser d’apparaître dans des émissions de tééréalités qui nous auraient volé des petits bouts de notre vie. Puis la jeune femme m’avait exposé l’appel à projets auquel elles participaient. Un sujet de trois minutes quinze et un sujet « dimanche tous les jours. »  et une émission à des années lumière de la télévision que nous détestons. Infra rouge. Nous avions fini par accepter la venue de ces deux jeunes femmes, caméra en mains. ET finalement nous avons vécu comme on vit ici, en préparant des gâteaux et des lasagnes de courgettes pour le midi, en descendant voir l’ânesse et les deux chevaux. Nous avons oublié, souvent, que le micro enregistrait chacun de nos mots et nous avons oublié, souvent, que les deux jeunes  femmes étaient là pour travailler. C’était à la fois étrange et joyeux de vivre sa vie comme un jeu, de ne rien changer, de ne rien rajouter, de ne rien enlever, juste la vie comme elle est, avec l’eau claire du ruisseau  et les hautes herbes du pré. Quand les deux jeunes femmes sont partis après le thé, nous avons tous croisé les doigts pour que leur reportage soit selectionné. Nous n’avons encore vue aucun des des images, nous n’avons aucune idée de leur montage, mais nous venions de passer une délicieuse journée et de nous attacher à deux jeunes femmes qui nous avient suivi stoute la journée dans le plus grand respect.

DSCF2515

DSCF2529

DSCF2542

DSCF2547

   

Posté par marionl à 23:05 - Permalien [#]



vendredi 26 septembre 2014

un bout de voie lactée

DSCF2464DSCF2491

DSCF2479DSCF2509

Les vacances de la toussaint sont encore loin  mais l’automne est beau  et les vendredi soir nous permettent de baisser les armes. C’est vendredi soir et puisque c’est vendredi soir, normalement tout va bien. Mais ce soir, c’est le chagrin et la fatigue d’une grande fille que j’ai entendu au téléphone  en rentrant, puis ce sont les larmes à peine séchées d’une petite collégienne épuisée que j’ai vus quand je suis allée la chercher.  Réunion, conseil municipal, ma soirée ne ressemblerait pas non plus à un début de week-end. Je me demande souvent si ces moments qui laissent l’épuisement tout balayer, même les doutes, sont indispensables à vos vies d’humains suffisamment heureux. Peut-être que oui, peut-être que sans ces tempêtes intérieures, nos vies se laisseraient endormir dans un bonheur mielleux, une sorte de satisfaction rectiligne qui nous feraient pourrir d’ennui. En vérité je crois que ces grandes vagues tristes ne servent à rien. Elles arrivent et c’est tout, accrochées à la fatigue  comme une bernique à son rocher. Ce soir Aimé m’a dit « moi aussi quelquefois, quand je suis vraiment trop fatigué je me mets à pleurer. » Et il sembler l’accepter comme une composante de sa vie. Voilà, quand on est fatigué, il arrive qu’on soit triste  sans autre vrai raison que celle-là. J’ai longtemps refusé de croire à cette affirmation là, qui me semblait recouvrir d’une étoffe trop grossière les racines d’un mal  qui avait besoin de larmes pour sortir. Mais les larmes ont peut-être elles aussi besoin de paix. L’automne et comme le printemps, gonflé de promesses et rendez-vous réconfortant, mais il est incertain et fatiguant. Casse sans cesse le rythme  il est caressant et traitre et peut sans en avoir l’air, retourner un vendredi soir qui s’annonçait joyeux . Les filles ont fini par sécher leurs larmes et  je me suis couchée beaucoup trop tard mais satisfaite de la manière dont les réunions s’étaient déroulées. La tête renversée pour apercevoir un bout de la voie lactée que cette nuit d’automne laissait apparaître, je me suis alors souvenue que ces tristesses pouvaient passer comme elles étaient venues, laissant même derrière leur passage une sensation douce et acre qu’il serait dommage de ne jamais avoir connue.

DSCF2466

DSCF2475

DSCF2501

Posté par marionl à 22:27 - Permalien [#]

jeudi 25 septembre 2014

une lettre

 

17092014-BLH_2934-photo B

Nous nous permettons de prendre contact avec vous pour vous faire une proposition. En effet, lecteurs de votre blog depuis des années, nous nous sommes aussi procurés les livres que vous avez écrits pour le secteur de l’édition jeunesse et cette série de portraits de gens ordinaires que vous avez réalisée il y a quelques années avec votre compagnon. Votre plume peut être à la fois douce et sans concession et vous arrivez particulièrement bien à rendre compte des petites choses du quotidien. C’est pourquoi nous vous proposons, si vous le souhaiter, d’écrire un billet quotidien dans notre journal. Ne chercher surtout pas à adapter votre style à notre ligne éditorial car c’est précisément ce petit côté « décalé" qui plait à notre équipe de direction. Il n’est pas question ici de reprendre les billets de votre blog « tous les jours dimanche » mais de publier des textes originaux. Vous pourrez y raconter, avec un nombre de signes préétabli, la vie comme vous la vivez et comme vous la voyez de votre petit coin de campagne. Il ne vous sera pas bien sûr interdit d’évoquer l’actualité mais toujours avec ce « pas de côté «  que vous permet le choix de vie qui est le votre. Nous avons tout à fait conscience que cette demande d’article quotidien vous demanderait un temps conséquent et c’est pour cette raison que je ne vous fais pour l’instant aucune proposition financière. La balle est dans votre camp  et je compte sur vous, si le projet vous intéresse, pour nous faire rapidement parvenir une proposition.  Je pense que dans ce regard à la fois décalé et ancré dans la réalité que vous nous proposer à travers votre écriture et les images qui l’accompagnent, beaucoup de lecteurs pourront à la fois se retrouver et rêver à la possibilité d’une vie différente. Je vous demande de réfléchir à cette proposition et attends de vos nouvelles avec impatience. Est il utile de vous préciser que les billets pourront être écrits de l’endroit où vous vous trouver même s’il ne me semble pas inintéressant que vous participiez une à deux fois par mois à une de nos conférences de rédaction. Il me semble vous avoir fourni tous les éléments nécessaires à votre réflexion. Dans l’attente, impatiente, d’une réponse de votre part.

 

Cordialement.

 

Cette lettre ne me parviendra bien sûr jamais mais quel exercice jouissif de la rédiger, surtout en pleine phase de doutes et de prospection. Je vous engage à vous pliez à ce jeu là, il fait un bien fou.

 

Posté par marionl à 21:39 - Permalien [#]

mercredi 24 septembre 2014

chercher les chaussons

DSCF2397DSCF2415

DSCF2422DSCF2437

Avant la pluie, nous sommes allés voir le potager. C’était un mercredi de début d’automne avec des pois de senteurs et des figues mûres, les premières figues de notre arbre rescapé, des patissons en préparation et du chèvrefeuille qui parfume encore une partie du jardin, quelques tomates et un poivron. Il a bien fallu nous résoudre à l’idée de nettoyer les carrés, enlever les pieds de tomates qui ne donnent plus de fruits, tailler les rosiers, accepter la fin de la saison des fruits. La pluie a commencé à tomber pendant le déjeuner, cette pluie fine qui n’interdit pas tout mais donne envie de rentrer se mettre à l’abri.  Notre invitée est arrivée et le café s’est étiré jusqu’à l’heure du thé.  Un thé très chaud, la porte ouverte sur le pré, et des mots échangés. Il était question d’ enthousiasme et de lassitude, de la nécessité de suivre le mouvement, de l’absence d’envies et d'envies bouillonnantes,  de l'attente et de la chance. J’ai failli oublié d’aller chercher les enfants au théâtre. Mercredi étourdi. La fin de la journée est site vite arrivée, je ne sais pas comment, j’avais pourtant la sensation d’avoir pris le temps. Aimé a choisi le gâteau qu’il avait envie de préparer. Trois cuillers à soupe de miel et une grosse pincée de quatre épices dans un cake qui donne envie d’entrer dans l’automne, l’odeur du beurre fondu qui se répand dans la maison, « maman, on peut goûter ? », les petits garçons qui cherchent leurs chaussons et enfilent un pull au dessus de leur tee-shirt d’été. La brume s’est réinstallée avant la nuit, l’humidité s’est accrochée à la journée et nous, petit à petit, réapprenons les jours d'automne,  leur goût pour la confidence, leurs pas hésitants entre le dehors et le dedans.  La petite musique n’est pas encore rodée, la maison est rangée mais je n’arrive pas à mettre de l’ordre dans tout ce qui se bouscule dans mon cerveau. Et puis il y a le monde qui gronde autour de nous,  la radio qui nous crache des bribes du chaos. Quelquefois, je voudrais pouvoir céder à mon envie de repli,  baisser les armes et me mettre en repos, comme la terre du potager à qui nous n'irons bientôt plus rien demander.

DSCF2386

DSCF2405

DSCF2407

DSCF2414

DSCF2435

Posté par marionl à 21:10 - Permalien [#]

mardi 23 septembre 2014

les victoires tissées

DSCF1767DSCF2352

DSCF2373DSCF2358

J’ai bien aimé me dire que c’était aujourd’hui et laisser s’installer la mélancolie. Celle qui sied à l’automne, celle qui se met à coller si on n’y prend pas garde. J’ai regardé par la fenêtre du bureau et j’ai vu que les feuilles du grandes arbres commençaient à fletrir. C’est si tôt. J’ai eu envie de tartans écossais et de gâteaux recouverts de crème, j’ai eu envie de sentir rougir mes joues, j’aurais voulu entendre le feu crépiter, j'ai eu envie de marcher sur le parquet. C’est étrange, cette envie de refuge après l’ivresse de l’été.  je me suis vue mille fois perchée sur mon vélo, sur la route qui traverse la forêt  tout près de la petite maison de grands parents, un jour de fin d’été la bouche grande ouverte pour goûter tous les parfums que m'offrais le vent. Je me suis vue pédaler, dévaler, rêver à ce que je serais après, une fois devenue adulte, la même en plus grande. Aujourd’hui, j’ai eu besoin de farfouiller dans ces souvenirs heureux, de gratter la surface pour retrouver mes envie de huits ans, il fallait que je vérifie ; Non, je ne suis pas très loin de tous les rêves que je dessinais. Aujourd’hui, j’ai eu envie de retrouver ce goût, de me dire encore que je ne me suis pas trahie., j’ai eu envie de tendre les bras vers le ciel et de n’avoir peur de rien. Aujourd’hui, j’ai envoyé bouler quelques assauts de nostalgie, Il fallait juste que je retrouve le point de départ, ces moments qui m’ont donné le goût du voyage et des maison hantées. Aujourd’hui, j’ai retrouvé mon goût pour la glaise, je suis allée voir où j’avais planté les racines de mes premiers désirs. Je les ai retrouvés, tels que je les avais laissés, il m’a suffit de souffler dessus pour les voir de nouveau pousser. Aujourd’hui, il m’a suffit de presque rien pour replonger les mains dans la boue et sentit l’odeur du lait chaud, son parfum amer et terreux. Et là, là-bas, là où j’avais planté mes premiers désirs,   j’ai laissé la vie m’étourdir. Il ne faut pas avoir peur du vertige. Joséphine, Blanche, Aimé, Marcel et Georges, la maison, le grand pré, les livres,  et lui. Et puis la caresse de ces premiers soirs d’automne, quand il fait bon dedans, quand on se sent encore assez fort pour affronter la pluie. Ce soir, sur le chemin de la maison, j’ai envoyé mes peurs s’assoir à l’arrière et j’ai roulé sans me retourner vers les galettes de sarrazin qu'il me préparait, pour me glisser sous la fine étoffe de toutes les victoires que j'ai tissées.

DSCF2363

DSCF2367

 

 

 

Posté par marionl à 21:17 - Permalien [#]

lundi 22 septembre 2014

les petites révoltes

DSCF2091DSCF2201

DSCF2095DSCF2183

DSCF2099DSCF2222

Il y a leur vie qui se construit, la mienne qui grapille tout ce qui passe à sa portée, leurs mots qui me font du bien. Il y a des cabanes dans les bois et des planches recouvertes de mousse au dessus de l’eau sombre, il y a  des rêves de loups, il y a  leurs premières révoltes les injustices qui leur donnent envie de crier, une petite fille qui le samedi lève le poing et rêve de monter un kolkhoze et qui se voit en princesse le dimanche « dans un grand château pour tous vous inviter à prendre le thé. » il y a le monde qu’ils s’imaginent avec des gens gentils et des gens qui le sont moins, il y a leurs questions sur l’engagement, sur la vie qui n’est pas juste, sur la lutte, sur les lois « alors comment on  fait si on veut que ça change ? ». Il y a leurs batailles dans le jardin, pistolet en mains et leurs questions sur la Syrie « mais alors quand ça pourra s’arrêter ? ».  Il ya leurs yeux qui brillent et moi, en pleine journée, je me mets à pleurer en écoutant Joan Baez. Il y avait mes rêves de petites filles qui se voyait princesse et voulait accueillir dans son château tous les réfugiés d’Argentine et du Chili. Il ya leurs question sur l’univers « mais alors, comment on peut être sûr qu’il n’y a  rien au-delà, rien ça n’existe pas ? » Il y a un petit garçon qui me demande ce veut dire le mot « mandat » et cette idée de justice qui revient en boucle. Il y a leur vie ensemble, comme une petite société. Il y a leurs questions quand ils écoutent la radio. Il y a leur crainte « mais est ce que tout le monde peut devenir un sans-abri ?  » , les pauvres et les riches, les joueurs de foot et les présidents de la république . Il y a leur fierté « c’est si bien d’être français, on se sent bien ici, il n’y a pas d’esclaves au moins  et personne n’a le droit de vendre des enfants» leur respect pour ce drapeau qui me surprend, l’envie d’appartenir à une communauté. « Et si on vivait sans argent, tu crois que ça marcherait? » Il y a quelques jours, j’écoutais mes enfants construire leur rêve de société, une groupe d’humains qui s’échangeraient juste ce dont ils ont besoin, un monde où l’indispensable serait gratuit , un monde « où on pourrait quand même gagner de l’argent mais pas trois-cent fois plus que maman. » J’écoutais Blanche discuter avec son père de la valeur des choses, de la droite, de la gauche puis je m’obstinais à l’objectivité. « Tu sais, chez les libéraux, il y a aussi des gens biens. » Mais non, je ne suis pas objective et des frissons me parcourent la peau quand j’entends mes enfants appeler à la révolte parce qu’ils trouvent Que « ce n’est pourtant pas si compliqué ». Non, je ne suis pas objective, et je m’autorise quelques soupirs jubilatoires quand j’entends leur révolte gronder.

DSCF2097

DSCF2189

DSCF2216

DSCF2231

Posté par marionl à 23:58 - Permalien [#]

dimanche 21 septembre 2014

des moments préférés

DSCF1998_2DSCF2002

DSCF2013DSCF2037

DSCF2048DSCF2138

DSCF2148DSCF2166

DSCF2258DSCF2260

DSCF2299DSCF2346

DSCF2303DSCF2324

 Sur la route du retour, alors que nous roulions droit vers la fin de notre dimanche et son cortège d'obligations,   Blanche nous a demandé si nous pouvions recommencer ,chaque  soir au dîner, à parler de nos moments préférés « il y en a forcément un par jour. » avait-elle ajouté. Dès ce soir, nous nous sommes exécutés. Aujourd’hui, l’exercice paraissait facile puisque nous revenions d’une promenade dans le parc d’un château qui nous avait enchantés. Blanche, Aimé, Marcel et Georges avaient beaucoup aimé les serres et le potager, les cabanes dans le parc et à l’intérieur du château, le grand cerf empaillé. Nous avions dévalé la grande pelouse en pensant aux châteaux anglais puis Aimé s’était rêvé en Nils Olgerson en nous montrant les oies. Comme les enfants, je crois que notre plus joli souvenir de cette visite resterait celle du jardin et du potager, ou celui des petites cabanes au fond du parc, celles qui nous avaient transformé en personnage d’un conte russe à inventer. Blanche a dit  « ah non, c’est vrai, mon meilleur souvenir de la journée, c’est quand maman s’est mise à chanter. » Devant le château qui nous attendait, je lui avais fredonné l’air de la flûte enchantée qu’elle étudie au collège. Elle avait raison, c’était un instant délicieux, comme une gourmandise dont le petit goût sucré reste longtemps après avoir été mangée. Il y avait le petit théâtre aussi, « comme un opéra de poche » avait dit Marcel, et le concert de cor devant les laquets en livraie « ça, c’était vraiment bien mais je ne peux pas dire que ce soit mon moment préféré » avait tranché Aimé. L’heure tournait, il ne restait plus que quelques miettes de choux fleur au gratin et j’ai pensé qu’il fallait vite aller chercher la crème anglaise pour le dessert. J’ai parlé de l’heure du coucher, des dents à brosser, des affaires à préparer, le lundi m’a rattrapée alors que j’aurais dû laisser le dimanche me réjouir encore un peu.  J’aurais dû leur dire que ce que j’avais par-dessus tout aimé, c’est être avec eux sur la pelouse de ce château, puis dans les serres et le potager, longer l’étang et regarder les oies, inventer un début d’histoire dans ces petites cabanes en briques et en bois , J’aurais du leur dire que ce que j’avais adoré, c’était  les voir se presser d’un endroit à un autre, impatients de découvrir ce qu’ils ne connaissaient pas encore,  c’était de nous presser avec eux, de nous émerveiller comme eux et nous imaginer avec eux, habitants cette grande bâtisse pour y inviter tous nos amis à pique-niquer. Avant de les envoyer se coucher en pestant parce qu'il était déjà trop tard pour un dimanche soir, j'aurais du leur dire ce que j'avais préféré, mais vraiment préféré, c'est cette sensation d'être un des membres de cette famille qui partagent bien plus qu'un nom et une longue liste de règles établies.

 

DSCF2073

DSCF2171

DSCF2262

DSCF2274

DSCF2321

DSCF2340

Posté par marionl à 23:12 - Permalien [#]

samedi 20 septembre 2014

le raisin parisien

DSCF1821DSCF1844

DSCF1834DSCF1882

DSCF1909DSCF1911

DSCF1915DSCF1939

DSCF1952DSCF1811

Se lever plus tard, se dire que c’est encore un peu l’été, qu’il reste quelques légumes dans le potager, envoyer les enfants les chercher, sentir le parfum des carottes au miel et se faire un café, prendre un thé avec la voisine sous la tonnelle qui nous fait encore de l’ombre, partir marcher et rentrer pour nos petites vendanges maison. Les enfants ont pris des paniers, on leur a encore raconté l’histoire de ce pied de vignes ramené des quais de Seine à Paris. Un pied de muscat de Hambourg parce qu’il est si bon à manger. Cette année, les frelons et les rats fruitiers nous ont laissé de quoi nous faire quelques desserts. Les grappes sont belles et les grains sont sucrés. Il faut d’abord monter sur le grand bac et cueillir les fruits juste à côté du pied, se défaire les pieds des ronces qui ont profité de notre négligence en cette fin d’été et tendre quelquefois la main très haut pour attraper. Nul n’est sensé manger pendant la récolte, mais les grains sont trop bons et il faut bien goûter pour vérifier.  Chacun des quatre enfants voulaient sa part de fruits et peu importe qu’une fois tout le raisin cueilli, tout serait mis dans le même panier. Aimé subissait les assauts d’un pince oreille et Georges n’essayait même plus d’être discret, pris en flagrant délit, les mains pleines de grains noirs et sucrés "tiens maman, tu devrait goûter toi aussi.". Je n’en reviens toujours pas de cueillir nos fruits pour les manger après, je suis encore une citadine ébahie par son petit jardin de campagne. Quant aux enfants, ils  ont beau être né ici, pour eux aussi la récolte est une fête et l’idée de pouvoir manger nos fruits tend à la magie. Après les pommes et le raisin, des derniers légumes du potager, nous espérons que les figues pourront enfin mûrir et le week-end prochain, nous irons de nouveau goûter les petites poires de curé pour vérifier qu’elles peuvent être ramassées. Elles ne sont pas les meilleures à manger mais font de succulents desserts. elles sont belles posées sur notre arbre d’hiver et celles qui n’y seront pas déposées iront rejoindre les pommes dans leurs casiers.

DSCF1813

DSCF1820

DSCF1869

DSCF1868

DSCF1888

DSCF1917

DSCF1925

DSCF1945

Posté par marionl à 22:51 - Permalien [#]

vendredi 19 septembre 2014

un soir sans pain

DSCF1778DSCF1792

DSCF1791DSCF1797

C’était vendredi soir. Un soir pour écouter l’orage tonner dehors ; pour écouter Schumann assise sur le canapé à côté d'une petite fille concentrée sur le livre qu'elle lisait. Quand je leur ai proposé des barres de chocolat et du turron , Marcel a crié mon dîner préféré ! ». j’étais toute seul avec eux, je n’avais pas l’intention de préparer à manger et ils n’avaient pas envie de mettre la table. Nous avons grignoté tous ensemble, en savourant l’idée du vendredi. Georges m’a dit « j’ai peur des éclairs » alors je lui ai dit de ne pas s’en faire et je lui ai chanté l’histoire de ce petit oiseau blessé qui finit par se marier. Le vendredi, les enfants ne se couchent pas plus tard que les autres soirs. Ils peuvent lire et dresser tous les plans pour imaginer le week-end qui les attend. J’ai besoin de ce moment de solitude, cette longue plage de détente absolue dès que je sent qu’ls sont endormis. ET ce moment, je l’aime encore mieux quand dehors il pleut fort, quand je me dis qu’on est bien à l’abri, quand il fait juste assez froid pour que j’ai envie de me glisser sous une des couvertures de la salle de jeux. Je me plonge dans un bain de calme après une semaine agité, une parenthèse où je me laisse envelopper par ce qui m’entoure . Quelquefois je m’endors, délicieux lâcher prise, mais je préfère encore somnoler et garder la conscience du temps. C’étai vendredi soir et je me suis allongée sur la canapé, j’ai décidé de ne pas faire de pain, il en resterait bien assez pour demain, et de m’en faire pour rien. Le temps d’une soirée, une fin de vendredi préservée  du tourbillon et de toutes les injonctions qui font notre vie. De toute façon à cette heure-ci, quand la pluie tombe si drue qu’elle fait trembler les petites vitres du plafond, il n’y a rien à décider. A un moment de la soirée, j’ai eu envie de descendre rechercher mon agenda pour vérifier qu’aucun des prochains vendredis ne serait pris. Conseil municipal pour le prochain vendredi. Il y aura d’autres soirs comme celui-ci , d’autres vendredis. Des moments qui laissent la fatigue prendre tous ses aises.

DSCF1783

 

Posté par marionl à 22:09 - Permalien [#]

jeudi 18 septembre 2014

des cailloux dans la forêt

DSCF0314_2

Dis- moi ; est ce qu’on pourrait laisser tout ça un moment, la  ne rien oublier mais fermer la porte derrière nous et partir marcher en forêt. Retrouver le goût, laisser parler nos doutes et rassembler nos certitudes. C’est avec toi que je veux continuer, je ne veux rien entendre des mises en garde et des angoisses qui nous entourent et nous pressent. Ou si, les écouter, les mâcher pour mieux les recracher, je ne veux pas d’autres craintes que les miennes. Dis moi, est ce que tu crois en moi toi ? Ces peurs, celles dont on me parlent, celles qui pourraient m’étouffer,  je les connais, parce que j’ai déjà traversé plusieurs vies avant de me retrouver ici. J’ai déjà tant de fois cru que j’allais tomber. Cette fois, je ne veux pas de combats, ou une bataille joyeuse, comme si la vie n’était qu’une fête du 14 juillet.   C’est avec toi que je trouverai ce que je cherche, qui je suis. La vie est une fête, d’abord une fête.  C’est avec toi que là-bas, sous les grands arbres de notre forêt même s’il fait trop froid, je veux retrouver cette foi qu’ils sont tant à nous  envier. Tu sais, cette foi des gens qui en croient en rien de précis. Tu sais, celle qui nous a fait nous installer ici, celle qui broyait la somme de toutes nos peurs pour en faire de l’énergie. Voilà, nous en sommes là, il faut vivre et je suis dévorée d’envies. Mais j’ai peur aussi. Je ne sais pas où aller, quel chemin défricher. Peut-être qu’il suffit de vivre, de laisser reposer la boue. Respirer, oui respirer, retrouver le souffle régulier, mon cœur en paix ; et laisser se détacher les peurs comme les croutes entraînent avec elles les dernières traces des plaies. Dis-moi, est ce qu’on pourrait laisser tout ça un moment, appeler les enfants et partir en forêt pour leur raconter une nouvelle histoire. Notre histoire,  Celle de ces parents qui sont allés se perdre avec leurs enfants en forêt, se perdre pour s’amuser et retrouver le chemin juste après, puisque leurs poches sont toujours remplies de petits cailloux blancs.  

Posté par marionl à 21:51 - Permalien [#]

mercredi 17 septembre 2014

entre chats

DSCF1724DSCF1737

DSCF1775DSCF1719

Mais oui, il y a encore nos mercredi, même rétrécis. Il y a nos déjeuners partagés, jambon purée « mais non maman, il n’y avait plus de patates alors on a fait du riz ! », le théâtre pour les garçons et la danse pour Blanche. La détente, le petit café rien que pour moi, juste après le déjeuner. Cette année, il y aura nos petits ateliers pour préparer le marché de Noël de décembre prochain.  Et puis il y aura toujours le thé sur le muret, ou sur la grande table du rez-de-chaussée quand la lumière nous fera faux bond, quand le froid nous poussera à rentrer. IL y aura toujours ces surprenants moments de silence en plein milieu de l’après-midi, les enfants disparus dans le grand champ. j’ai eu peur que cette année nous vole ces délicieux et décousus mercredis après-midi mais il résiste à l’assaut des activités, il faut juste apprendre à composer.   Aujourd’hui, je regardais  mes trois petits garçons entraîner leur invité  vers l’endroit qu’ils avaient répéré au milieu champ, Vélo sous le bras, ils rêvaient de creux et de bosses et dessinaient un parcours qui se corsait avec le temps « regarde maman, je sais même y aller sans les mains ! » Mercredi prochain, on sortira peut-être le cerf-volant, on marchera peut-être jusqu’à la forêt, on verra bien. J’ai retrouvé les mercredi soir qui arrivent bien plus vite que je ne le pensais, le dîner à préparer, les douches, les bains, les pyjamas égarés.  Précieuses soirées où nous retrouvons tous les deux après que les enfants se soient écroulés, épuisés par leur entrechats ou leurs courses à travers  les prés. Précieux moments que j’essaie de préserver des réunions  qui me convoquent et m’invitent sans arrêt. J’ai déclaré mon mercredi sacré.  Et ce n’est pas seulement parce que c’est le jour des enfants. C’est un luxe non négociable, une des composantes de notre choix de vie. Un moment, au milieu de la semaine, ou le cœur de notre vie est ici, ou peu importe d’avoir à ranger, à repasser, a repriser, parce que je le fais la porte grande ouverte sur le parfum de la menthe sauvage et celui du chèvrefeuille qui borde le potager.

DSCF1718

DSCF1729

DSCF1742

DSCF1757

DSCF1771

 

Posté par marionl à 23:10 - Permalien [#]

mardi 16 septembre 2014

le brouillard et la grande ourse

DSCF1650DSCF1653

DSCF1669DSCF1680

DSCF1671DSCF1670

Ce matin, j’ai cherché les dates des vacances sur mon calendrier. Tout le monde ici semble déjà fatigué. Nous voilà secoués ; pourvu que nous nous retrouvions bientôt. Les petits garçons sont pourtant pleins d’entrains, dès le matin, on profite de la fin de l’été et des fruits qu’il nous donne mais le temps file et même les mercredis courent plus vite que nous. Aiùé, Marcel et Georges adorent leurs nouveaux horaires d’école « si on pouvait faire du jardin tout le temps » me disaient Aimé ce matin et si je pouvais les emmener plus tôt encore à la garderie le matin ils sauteraient tous les trois de joie. Blanche se plie aux horaires du collège, un peu chiffonnée quand je la réveille et qu’il fait encore nuit puis déjà pipelette quand nous prenons le chemin du car. Tout va bien, tout le monde suit. Mais j’avais oublié que les semaines s’envolaient si vite, qu’elles m’empêchent de remplir la moitié des promesses que je me suis faites, m’obligeant à toujours remettre, remiser, rêver au moment qui m’offrira le temps. Et pourtant il y a nos petits matins la fenêtre encore ouverte, les dus soir qui se répètent pendant le câlin du matin, et ce petit moment pour nous que nous arrivons à sauver le soir en envoyant les enfants en haut. Tout va bien. Tout va très bien. Il  me tarde juste de retrouver une poignée de journées sans sonneries du réveil, des moments qui m’offre le luxe de ne pas avoir à faire de choix. Rien que vivre et c’est tout. Savourer ce qui vient. Et pourtant, nous arrivons à faire les gâteaux dont nous avons envie, à célébrer les anniversaires et même à discuter de la vie qui vient. Il faut que je me pose avant de chercher du travail parce que je ne sais pas où chercher. J’ai juste envie de regarder les étoiles, de les entendre me dire une fois encore, qu’il n’y a rien de plus beau qu’un ciel de fin d’été et que l’important c’est juste d’être là et que le reste attendra, que rien n’est grave à part ça. Rien de plus important que la chance d’être là et lire avec mes petits garçons la carte du ciel qui change mois après mois mais qui revient toujours au même endroit. «Mais qui est ce qui bouge alors maman, elles ou nous? » je ne sais plus très bien. Mais nous, on est là et toujours, comme le premier brouillard de septembre, la grande ourse revient.

DSCF1643

DSCF1660

DSCF1677

Posté par marionl à 22:49 - Permalien [#]

lundi 15 septembre 2014

des pommes dans les cageots

DSCF1531DSCF1545

DSCF1567DSCF1586

DSCF1612DSCF1628

DSCF1631DSCF1619

Il y a des pommiers plein de fruits rouges et sucrés, juste acidulés comme il faut, il y avait nos cinq enfants qui couraient a travers le jardin, il y avait ce soleil de fin d’été, juste assez chaud pour me caresser la peau, il y avait ce vertige que j’ai trouvé je ne sais où, cette sensation que tout allait recommencer, il y avait le goût des figues pas encore tout à fait mures et le plaisir de l’évidence. Il y aura des kilos de pommes pour tout le reste de l’automne « celle là pour le crumble, celles-ci pour le cageot ». il y avait un petit garçon qui m’a demandé « mais tu crois qu »’on va devoir quitter la maison ? » et ma réponse qui l’a rassuré. Il y avait de lavie partout, presque trop, c’était presque trop beau. C’était dimanche soir et je n’ai plus de place pour le blues dont la fin de week-end est souvent flanquée. Il faudra que je sois plus forte que le doute cette fois-ci et je m’y sens prête. Il y aura encore des moments exquis comme celui-ci, des soirées pleines de soleil et mes enfants si doux quand ils sentent que la vie est dure avec moi. Il y avait leur légèreté partout, leurs envies, leur joie qui faisait voler toutes mes craintes en éclat. C’était dimanche soir  et j’avais envie de rêver. Il y avait des courgettes du potager et le gros gâteau à terminer. Il y avait assez de roses et de fleurs dans mon carré pour faire un des derniers bouquets parfumés de l’année. Il y avait des enfants qui me murmuraient « c’est si bien de faire les devoirs avce toi. » et moi, qui en aurait bien repris un peu . « en dessous de cent, on met en tiret », il y avait ce poème écrit par ma petite fille de onze ans « t’as vu, j’ai fait un peu comme Raymond Queneau » il y avait les rêves d’Ecosse et nos doigts croisés avec notre étudiante, il y avait les premiers brouillards de l’arrière saison, quelques soupirs à l’idée du lundi mais la certitude que les dimanche ne s’arrêteraient jamais, que toujours ils reviendraient. Il y avait ce vol de Corneilles et la nuit qui se met à dévorer le jour. Il y avait quelques gouttes de Crémant qui rstaient.  Il y aura eu, ce dimanche soir de septembre, alors que le soir commençais à refroidir les carreaux, alors que j’enfilais mes chaussettes de laine dans mes sabots dorés,  ma décision ferme et définitive de ne pas laisser l’inquiétude nous ronger. Pourvu que j’y crois, pourvu que je m’y tienne, pourvu que la vie continue à m’aimer autant que je l’aime.  

DSCF1530

DSCF1568

DSCF1594

DSCF1617

DSCF1626

DSCF1639

Posté par marionl à 23:44 - Permalien [#]

dimanche 14 septembre 2014

des billes argentées et des pétales de roses

DSCF1417DSCF1433

DSCF1440DSCF1456

DSCF1461DSCF1510

C’était un week-end d’anniversaires et aujourd’hui,, c’était autour de Blanche d’être célébrée. Son père était revenu hier de trois jours loin de la maison et j’avais promis un cake d’amour pour ce midi. La matinée s’était étirée comme au début d’un dimanche ordinaire, laissant penser à la petite fille de la maison que, peut-être, étourdis que nous étions, nous aurions pu oublier le fête promise pour ce midi. Nous avions juste laissé au soleil le temps de s’installer et de nous promettre un délicieux midi sous la tonnelle. J’avais préparé le gâteau aux seize blancs d’œufs puis nous étions partis nous faire beaux. A l’heure ou d’autres sortent de banquets, nous étions presque prêts, la table dressée  et les cadeaux empaquetés. Comme d’habitude, Blanche avait disparu le temps de nous laisser préparer les lieux. Le déjeuner ferait aussi office de goûter, un brunch comme Blanche l’avait demandé, avec du fromage, du bacon, du jambon Italien et des tomates du jardin. Elle avait ouvert ses cadeaux , des cadeaux de jeune fille, et puis nous avions parlé de ce week-end promis, juste elle et nous, dans une ville qui resterait un mystère jusqu’au jour et à l’heure du départ. Peut-être au printemps prochain, et d’ici là, et malgré les supplications de ses frères, personne ne saurait rien de cette mystérieuse destination. Cette année, le cake d’amour ne cachait pas de bague magique, juste une pluie de petites boules argentées et une poignée de pétales de roses qui pouvaient se manger. Blanche portait la bague de l’année dernière à son doigt, la petite bague des dix ans, diamant de pacotillle qui réveillait quelques souvenirs émus. Je m’écartais un moment de cette tablée du dimanche pour mieux la regarder. Pour goûter encore à cette joie que je laisse volontiers s’emparer de moi, capturer tous mes sens, quand le parfum du chèvrefeuille et celui de la lavande se mêlent au silence de la campagne qui nous entoure, comme si la nature  avait décidé de veiller pour toujours sur les plus jolis moments de notre vie.

DSCF1426

DSCF1436

DSCF1474

DSCF1496

DSCF1501

Posté par marionl à 23:09 - Permalien [#]

samedi 13 septembre 2014

des enfants et des fourmis

DSCF1373DSCF1385

DSCF1388DSCF1382

DSCF1392DSCF1370

 

Joséphine avait été déclarée « prix Nobel de l’organisation d’anniversaires . » Alors cette fois encore, elle avait  cédé et s’était mise à préparer la fête. Dix jeux pour onze enfants, des filles et des garçons de six à onze ans. La veille au soir, j’avais terminé les petits sacs commandés par le roi de la fête. Cette année, il s’était creusé la tête « peut-être la mer et les bateaux ou les explorateurs. » avant de décider que son anniversaire fêterait les insectes. Des grosses fourmis, des araignes, des coléoptères se promèneraient autour de son gâteau préféré, le cake au citron avec du glaçage blanc. J’ai entendu des jeux de statues, des chaises musicales, des hourras et des courses dans le pré, je ne me suis mêlée de rien, et pendant que les enfants étaient occupés j’ai dressé la table autour du gâteau et du saladier de bonbons. Georges m’a rejointe un moment ; un peu fatigué de devoir suivre des grands, il en profitait pour remplir son sac de sucreries qu’il choisissait avec soin. Nous connaissons la plupart de ces enfants et chaque année, je les vois un peu plus grand. Pendant que je piquais les bougies sur le gâteau de huit ans, Georges s’assurait encore une fois que pour la première fois cette année, lui aussi aurait le droit à un anniversaire avec ses amis. C’était d’accord et ce serait quatre copains pour ses quatre ans « ou mais si j’ai cinq amis tu crois que je pourrais les inviter aussi ? » Cinq, on verrait, mais aujourd’hui, de toute façon, c’est d’Aimé dont il était question et puis en plus, c'était aussi sa fête aujourd'hui. Il recevait les petits et gros cadeaux que ses invités lui avaient apporté et je remarquais, amusée, le petit mot de remerciement qu’il adressait à chacun. Clara « deviendrait artiste » parce qu’elle lui avait fait un si beau dessin et Lila  « le connaissait vraiment bien » pour lui avoir fabriqué un tel porte-clés.   Pour faire voler le cerf-volant, on attendrait demain. Le gâteau dévoré, ils repartaient tous à l’assaut du grand pré en espérant que les parents oublieraient l’heure de la fin. « et tant fais pas, je les connais moi, ils papoteront et on pourra continuer à jouer pendant longtemps. "

DSCF1364_2

DSCF1381

DSCF1366

DSCF1383

DSCF1397

DSCF1399

 

Posté par marionl à 22:33 - Permalien [#]

vendredi 12 septembre 2014

onze ans

DSCF1317DSCF1341

Ce matin, j’ai réveillé cette petite fille pour lui fêter son anniversaire. Il faisait encore nuit et le petite cadeau surprise du petit déjeuner l’attendait à côté de son petit déjeuner. Une robe cousue en secret avec ce tissu qu’elle avait choisi sans oser me le demander.  Elle a alors décidée de l’enfiler pour la journée. Nous sommes parties toutes  les deux sur le chemin du car qui l’emmènerait au collège et je lui ai dit qu’un premier devoir pour le jour de ses onze ans, c’était une sorte de cadeau, le signe qu’elle grandissait vraiment. Je savais qu’elle était prête., plus curieuse qu’inquiète.  Je l’ai regardée partir, guillerette, et je me suis nourrie de sa joie pour animer ma journée. Je savoure ces temps –ci cet âge si délicat, comme un joli entre-deux qui  sait qu’il peut revenir en enfance de temps en temps, pour se reposer un moment et repartir plus fort vers ses envies d’adolescence. Je l’entend me dire avec les yeux qui brillent les compliments des grandes filles de troisième puis je la regarde qui retrouve ses poupées et les emmène sur le muret. Je la regarde et je me dis que ce n’est peut-être pas si difficile de devenir papillon quand on est une jolie petite chenille.  Je la vois partir le matin et je savoure le moment, quel cadeau précieux que de voir partir son enfant vers la vie qui l’attend, surtout quand on sait qu’il revient le soir et qu’on pourra le serrer dans ses bras. Et comment ne pas oublier cette certitude qui remontait du plus profond de moi, que cette petit fille serait douée pour la vie, elle n’avait que quelques mois et je sentais que son envie serait plus grande que tout.  Il faudra que je lui dise encore comme j’apprend en la regardant grandir, avancer au rythme qu’elle a choisi, se frayer un chemin vers l’adolescence en se gardant des petits coins d’enfance, rêver à sa vie d’adulte en  se délectant des plaisirs que connaissent les petites filles. Je crois qu’il m’arrive de lui envier cette facilité pour la vie. Et puis l’instant d’après, je me dis le cœur battant que je ne suis peut-être pas pour rien dans ce goût qu’elle a pour le jour qui vient.

DSCF1348

DSCF1351

Posté par marionl à 22:27 - Permalien [#]



Fin »