tous les jours dimanche

dimanche 20 juillet 2014

champions de dessert

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Nous avons retrouvé les vide-greniers. Un vide greniers, des chapeaux à un euros et des livres à quelques centimes, un fauteuil pour trois euros. Deux vide-greniers, une jupe en liberty et ma gêne de l’emporter là encore pour quelques centimes. Mais la dame était contente de voir notre sourire. Puis une veste pour cet hiver, trésor des trésor et un autre sourire, une confiance partagée « vous pouvez encaisser le chèque dans quelques jours ». C’est dans le vide-greniers d’été que je trouve les plus beaux trésors d’hiver. La pluie est revenue, d’abord fine et puis beaucoup plus drue. Alors on rangé nos trésors et on s’est mis à cuisiner. Pendant que Marcel préparait les petites crèmes avec son père, j’avais promis à Aimé de lui transmettre les secrets du gâteau au chocolat de famille. Il avait raison, Blanche possédait bien ceux du gâteau breton. « Mais tu crois que ça marche aussi de mère en fils ? » Bien sûr, évidemment, et plus tard il pourrait les transmettre à ses enfants. Seulement si il en a envie et seulement s’il trouve le gâteau très bon. Nous étions d’accord et je l’ai regardé séparer les blancs des jaunes avec brio. Lui et moi au gâteau, le reste de la famille accepté pour lécher les plats. Il y a longtemps que je n’avais pas goûté à ce gâteau au chocolat. Il avait choisi un moule en forme de cœur et il restait assez de pâte pour les doigts trop gourmands pour attendre que ce soit cuit. Une fois le soir tombé, l’heure du dessert venu, même si Aimé à trouvé que les petites crèmes de son frère ne comportait pas assez de vanille alors que Marcel jugeait le gâteau « pas si bon que ça. » l’alliance des deux dessert nous enchanteait. Les deux à la fois. Les deux frères acceptaient de se reconcilier, acceptant du bout des lèvres de reconnaître que le dessert de l’autre n’était pas si mauvais, « surtout mélangé. »Aimé continuera ses expériences de cuisinier « Et cette fois, on choisira une recette dans un vrai livre. » et par le jeu savant des tours de crème « du plus petit au plus grand puis du plus grand au plus petit, ce sera encore à Marcel de faire les crèmes demain matin.

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samedi 19 juillet 2014

le long chemin de la forêt

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Les enfants ont laissé leur vélo à la lisière de la forêt. On pourrait les reprendre plus tard, ici rien ne disparaît. Nous nous sommes enfoncés dans le bois, sur ce chemin rose que tout le village connaît. Nous l’avons parcouru tant de fois à cheval et à pieds qu’il pourrait nous donner l’illusion que nous connaissons parfaitement chaque mètre parcouru. Mais il change tous les ans au rythme des parcelles coupées et entretenues et les saisons savent nous tromper. Aimé a repéré un énorme buisson de houx pour Noël prochain, saurons nous le retrouver ?  Nous avions déjà marché de la maison au chemin mais les arbres nous protégeaient de la chaleur et nous avançions sans nous soucier du chemin qu’il faudrait forcément refaire à l’envers. On va jusqu’à la lumière ? » on marchait jusqu’au point de lumière entre feuillus et conifères. « Et si on allait jusqu’au bout du chemin ? » On reviendrait chercher les vélos plus tard et oui, on pouvait tenter de marcher jusqu’au bout du chemin « mais pourquoi on l’appelle pas le chemin rose et vert ? » Même Georges se sentait capable de relever le défi. Une fois arrivés de l’autre côté, il nous resterait cinq bons kilomètres pour rejoindre la maison en traversant deux hameaux du village. La journée avançait et il ferait forcément plus frais. « c’est quand qu’on est arrivé ? ». Georges a une fois regretté, j’ai commencé à sentir les effets secondaires de la piqûre de guêpe de ce midi. Tout d’un coup, mon bras tout entier devenu douloureux m’a semblé un poids énorme à porter. Je savais que la douleur passerait et j’essayais de me concentrer sur les histoires d’Aimé qui me parlait de l’année à venir et de ses jeux de l’été. La promenade me paraissait longue mais au bout d’une descente au milieu des sapins, nous arrivions sur la route qui mène à la maison. Le soleil frappait encore fort mais l’église était presque ne vue. Ça y est on la voyait. Les enfants reconnaissaient le parcours que j’emprunte chaque jour « alors ça veut dire qu’on est presque à la maison ! ». Blanche portait dans ses bras le costume de reine de la forêt qu’elle s’était fabriquée pendant notre promenade et Aimé avait accepté de porter les précieux bouts de bâton et la plume que Georges lui avait confiés « parce que c’est beaucoup trop lourd pour moi tu comprends. » La maison était là, elle nous avait gardé le frais entre ses murs épais. Au loin, en regardant bien, on pouvait suivre tout le parcours que nous venions d’emprunter.

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vendredi 18 juillet 2014

le plaisir aux carrés

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Il y avait eu longtemps la pluie, il y avait eu les amies, il y avait eu si longtemps que je ne m’étais pas retrouvée un moment seule au potager. J’ai commencé pat désherber au milieu des tomates, j’avais décidé que rien ne m’arrêterait avant que je ne sois arrivée au bout de carré. Le matin même, mon voisin hollandais m’avait dit « Marion, si tu es fatiguée il faut jardiner. » je mettais ces conseils à exécution, convaincue depuis longtemps qu’il avait raison.  Me concentrer sur tout ce qui restait à arracher et laisser aller toute seule mes pensées. Quand je suis là, assise sur la terre les mains occupées, tout ce qui n’est pas herbe est secondaire et maintenu de l’autre côté de la barrière. J’y pense à distance, rien n’est grave pourvu que les dahlias survivent à ce temps très chaud après des jours et des jours de pluie sans discontinuer. Mon carré de fleurs a souffert mais il a semblé beaucoup aimer que je fasse de la place à celles que j’avais plantées. L’année prochaine, nous dessinerons un autre carré. Je me sens si bien ici.  Et puis il y a eu les haricots et les petits pois à arracher. LA veille, les enfants m’avaient déjà aidée à désherber leurs carrés.  Aimé avait protesté parce qu’un potager n’a jamais fini d’être nettoyé puis hurlé quand je lui avait proposé de reprendre son petit bout de terre pour y planter ce que je voulais. « Que personne ne s’avise de me piquer mon carré ! ».  J’étais restée là plusieurs heures, baignée de soleil, les mains et les pieds noirs de terre et j’arrivais maintenant au bout de ce que je m’étais fixé pour la journée. « viens maman, on va dîner ! » je crois que j’aurais pu restée là une partie de la soirée, y regarder le jour tomber et les légumes reprendre de la vigueur. Mais avec les jours de pluie j’avais aussi oublié les plaisirs des dîners d’été, le passage du jour à la nuit alors qu’on est encore dehors, les enfants qui négocient des minutes de jeux supplémentaires et les chants des oiseaux de jour qui petit laissent leur place aux oiseaux de nuit.

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jeudi 17 juillet 2014

une grande fille et des petits bateaux

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Aujourd’hui Joséphine est rentrée. Elle était à la maison quand les enfants sont arrivés. Elle était là avec ses valises de souvenirs, des petits bateaux et des carnets, et des tonnes d’histoires à raconter. Il y avait une amie tout à côté, arrivée elle aussi dans l’après-midi, mais Blanche, Aimé, Marcel et Georges n’en avaient que pour leur très grande sœur qui s’apprête à passer plusieurs semaines avec nous ici. Elle a vite repris sa place et ouvert ses grands sacs de voyage, écouté tout ce qu’ils avaient eux aussi à lui raconter. Les premiers jours du centre de loisirs, le Brésil,  le 14 juillet et la mer vers laquelle nous allons tous bientôt aller « c’est quand déjà les vraies vacances maman ? » Les vacances, ce soir, c’était ici, sous la tonnelle, au moins ça y ressemblait drôlement. Parce qu’on ne pensait à rien d’autres qu’aux choses qui font du bien, au moins on essayait, et les enfants se sont couchés trop tard et les adultes aussi, beaucoup plus tard encore parce qu’il fallait voir le ciel étoilé. Joséphine était encore un peu décalée, encore un peu dans son vol de retour, passé quelques heures avant juste au dessus de l’Ukraine. A quelques petites heures près. Nous nous sommes sentis chanceux avec elle, vernis. Qu’est ce qu’on allait faire ce week-end ? On en savait encore trop rien, peut-être nous laisser porter. Ça dépendrait du temps qu’il ferait. Peut-être que cette fois-ci, l’été a bel et bien décidé de s’accrocher. La nuit était trop douce pour ne pas nous promettre d’autres très belles journées. ET puis Joséphine vient de rentrer, à la maison ça sent l’été, les petits bateaux dans les grandes bassines et les petits garçons torses nus, les lasagnes à la ratatouille et le crumble de pêche. Les petites filles en fleurs  trop contentes de retrouver leur grande sœur. Et si on fêtait ça avec un petit verre de blanc bien frais ? Pas pour les enfants.  Demain, c’est encore un jour au centre de loisirs, le dernier de la semaine « oh c’est bête que ce soit déjà fini ! » Mais non, c’est juste pour le week-end.  Un week-end avec les parents, les amis des parents, et cette grande sœur qui peut toujours mieux comprendre et mieux écouter.

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mercredi 16 juillet 2014

des citrons et des tomates

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Je ne me ferais jamais à cette bouffée d’immédiate nostalgie à chaque fois que les invités s’en vont. Peut-être qu’il me faudrait un petit carnet ou je pourrais marquer les dates ou ils reviendront, même si les plans doivent changer après. Je ne me ferais jamais à ce manque qui met beaucoup de temps à e dissiper mais j’ai aussi appris à me remplir que les gens ont souvent laissé derrière eux, comme les petits objets qu’ils oublient. C’est comme si, même eux partis, ont trinqué encore une fois à la vie et à ce qu’elle nous a permis. Cet après-midi, nous nous sommes retrouvés tous les deux à l’ombre de  la tonnelle puis dans le potager et j’ai senti qu’était restée intacte l’énergie de ces deux dernières journées. Je me suis remise à désherber et c’est comme si j’entendais  les suites de notre conversation de la veille autour du carré d’aromates. L’heure est venue de monter chercher les enfants qui revenaient d’une journée au centre de loisirs. Ils ont remarqué la barrette oubliée et m’ont demandé des nouvelles des invités, puis à quelle heure elles étaient partis.  Oui, oui, elles reviendront et peut-être même aussi qu’on pourra les voir à Paris. Une fois fait le compte rendu de la journée de notre côté, les enfants nous ont raconté, épuisés par cette journée de liberté, leur chasse aux térsors et les cocktails aux fruits qu’ils avaient appris. Le soleil était encore haut et plus de la moitié du potager restait à désherber. Vu l’état de fatigue de la troupe qui se dressait devant moi avec difficultés, je voulais bien m’y attaquer. En échange de quoi , Blanche nous préparait une des ces citronnades dont elle a désormais le secret. Aimé, galvanisé par ses expériences culinaires de l’après-midi, cherchait ce qu’il pourrait nous préparer pour le goûter. Il coupait des tomates avant de les disposer dans un plat, recouvertes de poivre et de sel, exactement ce dont nous avions besoin pour nous désaltérer. La vie reprenait et nous nous retrouvions autour de leur carrés. Les premières tomates sont déjà là et nous avons trouvé quelques fraises des bois. Dommage que les invitées soient partis, on leur aurait montré le fenouil et les betteraves prêtes à être cueillies.

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mardi 15 juillet 2014

tout de suite ou jamais

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Deux jeunes femmes s’étaient installées dans notre maison. Elles parlaient de leur vie en construction, de ce qu’elles avaient déjà bâti, des enfants déjà nés et de ceux qui naîtraient, de ce qu’elles demandraient  aux années qui s’annoncent. Je parlais avec elle et réalisais à quel point , depuis quelques mois, je m’étais laissée dévorer par la certitude du ‘tout de suite ou jamais» comme si ma propre vie n’avait plus grand chose à m’offrir, ou plutôt comme si je n’allais plus vivre qu’une série de dernières fois, autant de drames mal dissimulés par l’injonction de les vivre dans la joie. J’étais dans une course folle et j’aurais peut-être encore couru un moment avant qu’un médecin ne décide se stopper le mouvement et qu’au milieu de ces jours de repos imposé, le soleil n’arrive en même temps que ces  deux jeunes femmes que la vie couvrait de promesses. Alors je me suis posés avec elle et j’ai commençait à de nouveau distinguer ce qui comptait pour moi, nous sommes tous ensemble nous promener en forêt et j’ai retrouvé ce pour quoi nous sommes venus nous installer ici. Le s raies de soleil à travers les feuilles des arbres l’été, les odeurs de sous-bois, les enfants libres et les moments d’euphorie que peut provoquer un ciel étoilé. Et même les moments de rien assis sur le muret, quand ne compte que le parfum de l’air qu’on respire à grandes bouffées. Bientôt je retournerai travailler et le cycle des réunions reprendra. Je m’y ferai et j’essaierai de la faire bien. Mais sur ma ligne d’horizon, il y a des points de repères que j’avais peut-être perdus et que je vois de nouveau se dessiner, indélébiles,  des éléments de bonheur nécessaire. Quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, aussi fort que ce qui pousse ces jeunes femmes à embrasser la vie, il me faudra ma dose que dimanche quotidienne, des promenades en forêt et des moments dans le potager, de longs moments à regarder grandir les enfants et pourquoi pas de nouvelles promenades à cheval, l’ivresse des galops en forêt. La vie comme je l’entends et comme je la vois, comme je l’avais rêvée et comme j’ai le droit de la rêver encore.

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lundi 14 juillet 2014

les filles du 14 juillet

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Il y  aune éternité que je n’ai pas assisté à un feu d’artifice du 14 juillet, que je n’ai pas senti mon cœur battre à l’unisson des pétards lancés. je crois que cette année, les flonflons m’auront manqué. C’est comme ça, il y avait du foot à la télé, il pleuvait et nous étions fatigués. Mais il y a quand même eu les drapeaux tricolores accrochés en fin de matinée et ce verre de l’amitié pris juste à côté de l’église. Une histoire de village et le rêve d’un bal et d’un défilé de lampions pour l’an qui vient. Et puis il y  au les amies, deux très grandes filles, une petite et une toute petite, il y a eu le soleil revenu pour leur arrivée et l’été qui s’est installé,  les repas bricolés et le canapé teint en noir , une balade jusqu’au moulin et la vie qui retrouvait son goût léger, le goût du dimanche toujours renouvelé. Il avait tant plus jusqu’ici, notre muret nous avait manqué. Georges  et Rose sont partaient voir l’ânesse alors que Blanche s’occupait de la toute petite fille en me disant qu’elle n’avait jamais vu de si joli bébé. On cherchait le couffin pour enfin le remplacer par la carriole qu’on montait au premier pour la transformer en berceau de fortune. Les enfants repartaient dans le champ pour entraîner Rose jusqu’au pieds de la balançoire en oubliant de lui dire de faire attention au fil électrique. Nous avons bu du vin blanc et de la bière venue d’un pays que nous aimons, dîné tard d’une soupe d’hiver et d’un crumble d’été, regardé encore ce tout petit bébé  et constaté que nos enfants ont bien grandi, et puis discuté tard en espérant qu’il ferait encore beau demain. Espéré que l’été s’était vraiment installé parce que l’été, on parle de la vie autrement, tout est plus joyeux et plus doux, même les emmerdements, même les accrocs, parce qu’on peut rêver aux vacances qu’on a prises  et à celles qu’on prendra, on peut parler de l’année qui s’annonce et de l’été qui viiendra sans nous laisser prendre dans l’étau de l’angoisse.  On peut passer de la tonnelle au muret et rire de cet malédiction de l’électroménager qui décide de liguer tous ces appareils qui nous lâchent tous ensemble ce début d’été. Faire comme ci nous faisions de ce peuple élu que la chance ne quittera plus jamais.

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dimanche 13 juillet 2014

des tours de crèmes

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On a cru au soleil, tellement cru qu’on l’a vu. Quelques temps, une heure ou deux au milieu de la journée. Demain, il sera là, on nous l’a promis. En attendant, j’ai décidé de changer la couleur du canapé même s’il me faudra attendre demain ou après-demain pour mettre mes projets en application. Faire du presque neuf avec du vieux, c’est une des choses que j’aime le mieux. Pendant que je rêvais au noir profond, la vie reprenait autour des fourneaux. Notre four nous a lâchés , ce qui ne veut pas dire que nous allons nous arrêter de cuisiner. Je n’étais pas là au moment des négociations qui furent très serrées, d’après ce qu’on m’a raconté, mais je sais que les enfants ont établi des tours pour seconder leur père dans la préparation des petites crèmes. Aujourd’hui, c’état le tour d’Aimé. Georges réclamait des crêpes depuis plusieurs jours espérant à chaque repas que son vœu serait exaucé et regrettant à grand bruit à chaque fois qu’il ne le soit pas. Ce soir, Georges a triomphé, d’autant qu’il était le premier de la tournée. Beurre, sucre, miel et citron pour tout le monde et pour Blanche, une crêpe supplémentaire qu’elle avait elle même retournée. « t’as entendu ? papa m’a dit que j’étais digne de porter un nom breton. » Pendant le repas il avait été question des bonnes manières « mais pourquoi quand on est à table on n’a pas le droit de chanter ? » et des obligations. « au moins avec les crêpes, on n’est pas obligé d’attendre que le dernier soit servi pour commencer à manger. » Et puis crêpes ou pas il n’était pas question de traîner et les enfants réussissait à négocier avce leur père de regarder la première mi-temps d’un match qui, en fait, ne passionnait personne. « et toi maman , t’es pour les argentins ou pour les allemands ? » En cas de victoire de l’Argentine, nous irions l’annoncer aux chevaux  dans le pré demain matin. « ils seront contents parce que c’est leur pays quand même. » L’un d’entre eux ne s’appelle pas Azul pour rien. « bon les allemands on les aime bien quand même. » Fallait il vraiment que je choisisse un favori ?  « moi je suis pour les français et je suis Lionel Messi » décidait Georges en finissant sa crêpe au miel. C’est peut être lui qui ira murmurer à l’oreille des chevaux demain que le pays d’où ils sont arrivés n’a pas démérité.

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samedi 12 juillet 2014

le murmure des jeux au premier

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Puisqu’il a encore plu toute une partie de la journée, puisqu’il a fait presque froid et qu’il était si difficile de s’imaginer en juillet, il ne restait plus qu’à réapprendre à vivre dedans. Lire, écouter de la musique, retrouver nos vieux canapés et laisser passer le temps. J’ai retrouvé la marche autour de la maison, la forêt sentait presque l’automne et c’est à la rentrée que je n’ai pas pu m’empêcher de penser, comme si l’été allait nous oublier. Mais on nous a promis qu’il allait arriver. Bientôt nous aurons de nouveau trop chaud, bientôt nous retrouverons notre jardin et notre potager. Les tomates sont prêtes à rougir et les petits pois continuent de monter. Mais en attendant de retrouver le goût de l’été, j’enfile des chaussettes et j’apprends le rythme lent. Le dernier jour d’école nous paraît loin et il y a très longtemps que nous n’avions pas passé ensemble tant de jours à la maison. Cet après-midi, j’assistais au ballet du petit Georges décidé à empêcher la lecture de son père « papa, est ce que tu veux un bisou ? » puis je montais voir les plus grands qui retrouvent leurs jeux et leurs jouets préférés. Marcel protestait à l’idée de s’habiller puis négociait son tee-shirt préféré. Nous les entendons pendant des heures jouer au premier puis tout d’un coup, les alliances objectives explosent, les cris s’emparent de tout l’espace sonore de la maison et les coups se mettent à pleuvoir. Ce n’est jamais de la faute de celui qui crie, pas celle des autres non plus, c’est toujours l’autre qui a commencé le premier et nous finissons toujours, presque toujours, par punir celui qui justement n’a rien fait. La maison tremble aux cris d’une injustice caractérisée et puis le silence se fait, juste avant que nous ne percevions de nouveau les murmures des jeux et les rires croisés. Je n’ai aucune idée des souvenirs qu’ils garderont des ces heures passés ensemble à la fois tout près et si loin de nous. Mais je sais que ce qui se joue entre eux fonde une partie de leur vie.  Pourvu qu’aucun d’eux ne soit marqué par un quelconque sceau, celui de la défaite répétée ou celui de la victoire obligée.

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vendredi 11 juillet 2014

dans l'armoire de la salle de jeux

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C’est comme un jeu de chaises musicales et c’est presque chaque année. Cette fois, c’est le bureau de la salle de jeux parti dans la chambre de Blanche qui nous obligeait à changer les plans. Et puis il y avait eu cette « journée cabane » pendant laquelle les enfants avaient vidé intégralement  vidé le contenu des armoires et des étagères du premier pour les répartir dans leur maison de fortune.  Impossible de reculer, il fallait ranger. J’ai emmené quatre enfants très mécontents pour ouvrir avec eux cette armoire qui laissait tomber tous les jouets qu’elle contenait à ses pieds. « Chose après chose » serait la devise de notre journée, d’abord les jeux de société achetés pour la plupart dans les vide-greniers. Finalement, il ne manquait pas tant de pièces que ça et mes compagnons de rangement redécouvraient des trésors oubliés. Ils commençaient à trouver que cette journée n’avait pas que des mauvais côtés. Georges retrouvait un puzzle en bois, nous décidions de réserver un coin pour les travaux manuels. Les petites voitures, les châteaux de princesse, les playmobils retrouvaient leurs cheveux et je continuais à ramasser chacune des petites pièces de légos que je trouvais en pestant contre ceux qui les avaient éparpillés. J’ai crié, pas trop, râlé, un peu mais moi aussi, je me suis amusée quand j’ai retrouvé la boîte de vieux cubes en bois que j’avais rangés là avant de les oublier. Chaque chose avait trouvé sa place et la grosse armoire fermait de nouveau. Le rangements avait avancé beaucoup plus vite que je ne le pensais et nous nous sommes alors attaqués à un des autres micro-chantier qui devaient être menés cet été. Les feutres et les stylos, les pastels et les ciseaux, la peinture à l’eau et les pinceaux. Le gros bureau nous avait laissé tout son contenu à trier et tout devait trouver une place dans des petits pots. La légion de crayons de couleurs écrasait par son nombre la poignée de feutres qui avait survécu aux heures passées sans bouchons, il y avait finalement plus de paire de petits ciseaux à bouts ronds que de paires de petites mains dans cette maison et  j’interdisais d’emblée le rachat de gommes pour la rentrée. Convaincus, les enfants me promettaient qu’ils respecteraient les lieux en rangeant la bazar un peu chaque soir. Je voulais bien y croire, comme chaque année au milieu de l’été je suis persuadée que cette fois nous allons y arriver.

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jeudi 10 juillet 2014

j'avais retrouvé mes sabots dorés

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Il n’était pas question d’annuler nos vacances, impossible même d’y penser, de se laisser effleurer par l’idée. De toute façon, on irait et puis on avait compté et recompté, au bout du compte on s’était dit que ça passerait. Le gros fauteuil du bas attendrait d’être changé, on l’avait rafistolé et il tiendrait bien encore une ou deux petites années. Les volets eux aussi sauraient bien attendre qu’on puisse les  repeindre, on n’est jamais à une année près quand on est un volet. En attendant, je pourrais assouvir mon goût pour les travaux en peignant le bureau de Blanche, un bureau de grande fille qui va en sixième l’année prochaine. Je me disais que finalement, l’été serait un peu étriqué mais il serait doux, j’en étais convaincue, malgré la pluie, malgré ce satané sèche-linge qui ne voulait plus démarrer. Le monsieur est venu dans l’après-midi, il a réparé la panne et le sèche-linge n’a pas redémarré. Juste avant de partir, il avait aussi regardé la four avant de nous annoncer qu’il ne pourrait pas être réparé. « il vous reste la résistance du haut » avait il alors rajouté. IL avait raison. On pourrait toujours se débrouiller avec un four qui ne marche qu’à moitié, on s’habituera pendant quelques mois aux gâteaux un peu mous en dessous. Je crois que c’est à ce moment là, en toute fin d’après-midi, que j’ai choisi de rire de tout ce qui se passerait encore aujourd’hui. Le fil électrique mangé par une souris, la connexion internet qui ne voulait plus marcher, cet arrêt de travail posté vendredi dernier et jamais arrivé à destination,  t ce linge qui s’accumulait. Et cette pluie. Il y a bien longtemps qu’un thé chaud ne m’avait pas fait tant de bien et notre petite fille était très contente de sa chambre de grande. Le dîner, quel dîner ? La moitié des enfants avaient oublié de s’habiller et ils osaient nous parler de dîner. Bon, en rangeant j’avais retrouvé mes sabots dorés, égarés depuis tellement de jours que je les croyais perdus. La journée n’était donc pas totalement pourrie . Alors qu’elle se terminait, je pouvais même lui trouver un certain charme.  La pluie qui venait à la fenêtre et l’averse de contretemps nous avaient bousculés, malmenés, mais ce soir, nous dinions tous les six et je me rappelais de me vie de maman célibataire, quand la vie me malmenait aussi, et je savourais le goût de la vie à deux, deux pour tout affronter et pour rire de tout.

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mercredi 9 juillet 2014

des pensées au rayon froid

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Il y a des jours où tout d’un coup, le réfrigérateur doit être nettoyé, des moments où la chose la plus importante au monde est cette pièce du rez-de-chaussée qui doit être toute entière briquée. Et malgré la radio qui te raconte ses nouvelles du monde, malgré les voix qui en sortent pour te dire qu’il y a d’autres vies, d’autre voies, d’autres choses plus dignes que ces étagères encrassées, pour toi, il n’y a que cela et rien ne te détournera de cette nécessité. Parce qu’à ce moment là, tu sais que l’intérieur de ton cerveau doit, à peu de choses près, ressembler à ces étagères encombrées de pots à moitiés vide qui doivent être jetés, de dates périmées et de pensées passées depuis longtemps derrière la ligne des dates limites de consommation. Parce que tu sais qu’à ce moment, là, tu as besoin de ces gestes précis et efficaces de celle qui nettoie, de celle qui veut que « ça se voit », que « ça avance. « , parce qu‘à ce moment là, tu ne sais pas très bien quoi mais tu es décidée à jeter. A faire du vide, du tri. Tu sais aussi que i ce n’est pas toi, personne ne le fera alors au lieu de crier à l’injustice, alors que tu devrais revendiquer ton droit à l’égalité des charges concernant l’entretien du frigo, au lieu de lever le poing, tu cherche l’éponge, tu la tords, jusqu’à l’étrangler, et tu t’y mets. Tu jettes les confitures moisies et les mauvaises pensées. Les pots sucrés au dessus et le salé dessous, tu ne penses qu’à ça, surtout pas d’histoire parallèle. Tu demandes à ton cerveau de laisser tomber un peu ses idées saugrenues. Un pot de moutarde est un pot de moutarde et quand tu en trouves deux parfaitement identiques, tu t’arranges pour n’en faire plus qu’un. Tu avances et tu te surprends même à te dire que tu ne déteste pas, que tu devrais le faire plus souvent. Ça fait de la place sur les rayons de ton frigo et dans ton cerveau. A la fin, tu t’aperçois q’a part ces quelques pots de confiture et de chutney, ce frigo ne comporte presque plus rien. Ton cerveau aussi s’est allégé. Se concentrer sur ces rayons lui a fait du bien. Il n’y a plus rien à manger mais ça ne fait rien. Et tout d’un coup l’idée te vient de sauter un repas, ou de leur proposer de grignoter. Des restes de confiture et du pain, pour le reste, on pourrait se contenter de mots et de belles pensées, pour une fois.

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mardi 8 juillet 2014

ce jour-là

Album sans titre 3 - 2

Album sans titre 3 - 3

On s’est promis un restaurant, rien que tous les deux, quand on pourra, même si on doit attendre un moment. On a partagé un petit verre de vin blanc, pour se souvenir de cette journée qu’on a tant aimée. C’était il y a très longtemps, il y a huit ans. Depuis, j’ai appris à dire « mon mari » plus souvent, je ne sais pas ce qu’il dit quand il parle de moi. Je crois qu’il prononce juste mon prénom, même à ceux qui ne me connaissent pas . Depuis ce jour-là, notre vie a beaucoup changé, cette année je crois que pour la première fois j’ai pensé « c’était il y a longtemps. » Ce jour là, Blanche n’avait pas trois ans, toute petite fille noyée dans la joie, Joséphine était encore une petite fille de douze ans. Notre petit garçon n’était pas encore né et nous ne nous doutions pas que deux autres viendraient après. C’était bon, comme la vie ici souvent. Il y avait quelques absents, nous les avons retrouvés depuis. D’autres ont coupé les ponts. Je continue à trouver la vie ingrate et trop violente parfois. Ce jour là, je la trouvais monstrueusement généreuse et belle. C’était si doux. six ans avant ce jour-là, je ne savais même pas qu’il existait, je n’avais aucune idée de ce que serait notre vie partagée aujourd’hui. Je continue à penser qu’elle est quelquefois trop dure avec ceux qui comme nous, l’aimons vraiment beaucoup.Mais il y a des jours où la joie me rappelle celle qui m’envahissait ce jour-là, ce sentiment de force et de gratitude, et  ce bonheur que je voulais être capable de partager à l’infini.  Il y a huit ans, nous nous sommes mariés ; je me souviens de nos oui, de cette certitude que la vie serait à la hauteur de cette journée, pour tout le temps qui restait. Je ne pensais pas au temps qui restait. Ce jour là, il s’agissait d’éternité.  Pour toujours, c’était assez flou mais ça m’emplissait. Pour toujours, je crois qu’aujourd’hui, huit ans après, je commence à mieux savoir ce que cette expression veut dire. Et elle m’emplit toujours de cette joie tranquille même si elle laisse quand même échapper quelques rires, quand j’essaie de lui faire croire que nous sommes chaque jour en danger.

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lundi 7 juillet 2014

des maillots à Londres et un thé sur le canapé.

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Peu importe le temps qu’il faisait, je me suis installée sur le canapé de la salle de jeux au milieu des enfants. Avant de sentir que je ne pourrais pas résister au sommeil qui m’appelait, j’ai retrouvé l’air d’Heidi que je leur ai chanté, puis ils m’ont raconté le début du film que j’ai regardé avec eux et ce tour de France encore un peu anglais. Je n’aurais jamais imaginé regarder une étape du tour de France et trouver ce moment délicieux. Si je n’ais pas envisagé un tel moment, j’étais loin de penser qu’il constituera peut-être l’un de mes moments préférés de cet été. Je savais que je leur faisais plaisir en les rejoignant dans la salle de jeu, je me doutais qu’ils seraient interloqués quand je leur dirais que la télévision pouvait rester allumée. D’abord, ils n’en sont pas revenus puis ils m’ont vite acceptée comme l’une des leurs, une occupante invitée et pour cette fois-ci pas trop gênante, dans cet espace qu’ils ont souvent tendance, dans la journée,  à considérer comme une inviolable forteresse. J’ai tant aimé que Georges vienne s’allonger tout contre moi, luttant contre la sieste alors que moi je n’y résistais pas, j’ai adoré entendre Aimé dire à sa sœur « elle a dit qu’à l’arrivée à Londres il fallait la réveiller. » et regarder Marcel et Blanche chercher dans le grand panier de légos ce qui conviendrait le mieux à leur construction. J’ai accueilli ce moment comme un petit cadeau de la vie qui me permettait d’être ici, avec les enfants, au milieu d’eux et de les voir célébrer ainsi leur première véritable journée de vacances. Il s’agissait de faire ce dont ils avaient envie, de s’inventer des mondes et des histoires qui pourraient continuer les jours d’après. Ils comprenaient que je n’avais aucune intention de gêner la construction de leur scenarri et que je n’y apparaîtrais que sur leu demande. Le reste du temps, je me voulais une maman et spectatrice bienveillante qui resterais ici jusqu’à l’heure du thé, à peu près, et qui passais ainsi l’un des après-midi les plus réconfortants qu’elle ait vécu depuis longtemps.

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dimanche 6 juillet 2014

pendant la pluie en juillet

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Nous nous sommes levés pour aller donner manger aux poules, celles de la voisine, celles qui avaient peur de nous et qui ne voulaient pas s’approcher. Et puis il a fallu rentrer parce que la pluie venait de commencer à tomber, cette pluie qui tomberait toute la journée. Dans ces cas là, je préfère oublier que ‘est l’été, ne plus y penser. Plusieurs fois dans la journée, j’ai vu le rideau de pluie épais arriver jusqu’à la porte de la maison, j’ai entendu l’orage gronder et je me suis sentie si bien dedans, avec les cantates de Bach qui m’accompagnaient. Nous avons tout les deux rêvé à cette maison encore agrandie. L’important c’est de rêver. La cuisine prendrait la place de l’étable et serait grande ouverte sur le reste du rez-de-chaussée. Dans dix, quinze ou vingt ans. Dans dix ans ce serait mieux, on pourrait en profiter. A un moment, autour de midi bien que l ‘heure de midi soit une référence très aléatoire chez nous, la pluie s’est arrêtée et nous sommes sortis pour continuer de rêver à d’autres horizons. Un jour les enfants seront grands, un jour, ils quitteront la maison. Ils reviendront ici avec leurs amours et leurs amis, surtout l’été. Il la faudra cette maison agrandie. Et peut-être même qu’on jour ils auront des enfants. « Alors papa cette cabane, quand est-ce que tu vas la fabriquer ? » Dans les rêves, on peut tout s’autoriser, pas dans les réponses qu’on donne aux enfants forcément impatients.  De toute façon, il faudra commencer par cette cabane et de toute façon, il faudra attendre encore quelques années. « et elle sera pour toit ou pour nous. » elle pourra peut-être faire une chambre d’amis.  Ou une chambre pour les parents quand ils auront trop d’enfants à la maison. Dans cette cabane, ll y aura une grande fenêtre à l’est un peut-être un poêle pour l’hiver, il y aura des lits et tout autour, une terrasse pour regarder les saisons passer. Dans les rêves on peut tout s’accorder, surtout quand il pleut très fort dehors alors qu’on vient d’entamer juillet.

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samedi 5 juillet 2014

des pâtes au gruyère râpé

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Il y a une petite fille qui est a partie chez une amie, trois petits garçons restés à la maison et qui ne réalisent pas encore que les vacances ont vraiment commencé. Normal, les cartables, lancés au milieu du passage devant l’escalier n’ont même pas encore été rangés. Il y a un petit garçon de trois ans et demi, ne surtout pas oublier le "et demi " qui nous dit « mais vous ne comprenez rien, on ne veut plus de parents ! » et qui nous assure qu’il pourrait très bien se débrouiller tout seul. Il y a cette sensation de pouvoir enfin me poser et la prise de conscience de la fatigue accumulée. Il y a ce temps étrange qui hésite entre beau et pluie, tout ce temps qui s’ouvre devant moi. Il y a trois petits garçons qui vont assister au spectacle d’une marionnettiste et qui retrouvent leurs amis de l’école à peine quittés. C’est étrange de se dire qu’on se retrouve à la rentrée, c’est si loin la rentrée. Et puis dehors comme dedans, on dirait que ça ne ressemble pas vraiment à un mois de juillet. C’est plus lent, pour l’instant. La porte est grande ouverte quand même et on pense aux invités qu’on aura cet été. « les cousins ont fait promettre à leur parents qu’ils reviendraient ici au moins une fois par an. » Mais si, c’est le début du mois de juillet, les soirées sont longues et les lumières  très douces longtemps après que les enfants ne soient montés se coucher. Ici, il n’est pas prévu de se coucher plus tard que le reste de l’année. Sauf exception. Et un premier week-end de vacances  est toujours un terrain d’exception. « Maman, tu vas rester combien de jours à la maison ? » Ce n’était pas prévu au programme et les enfants sont ravis. Même si. Premier week-end de juillet, les vacances des enfants viennent de commencer et je dois me poser, me reposer. Je crois que tout cela est compatible,  j’en suis persuadée, je dois en être persuadée. Après tout, la salle de jeux n’a pas besoin d’être rangée et les pâtes au gruyère râpé constituent un excellent dîner, même quand on en a déjà mangé au déjeuner.

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vendredi 4 juillet 2014

un soir toute petite

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Ce soir, il y a une petite fille qui vient de s’endormir juste à côté de moi. Une petite fille qui m’a rejointe sr le lit du bureau, celui qu’on réserve d’habitude aux amis, une petite fille qui avait besoin de ce moment de paix et qui m’a dit « dans ces moments là, je me sens toute petite et à la fois je sens que je grandis. ». Quelques heures avant, elle avait vu couler les larmes que n’avait pas pu retenir sa maîtresse, elle avait franchi pour la dernière fois le portail de l’école puis elle avait fondu en larmes à son tour, dans la jolie robe qu’elle avait choisi pour son dernier jour d’école primaire. Elle avait cru, un moment, que l’équipe de France de football allait l’aider à trouver cette journée plus belle. « mais non, c’est vraiment trop triste aujourd’hui ». Elle avait voulu discuter avec sa grande sœur à l’autre bout du monde mais s’était fait rapté une partie de la conversation par ses frères à l’assaut de l’écran de l’ordinateur, elle était sortie pour prendre l’air et profiter de la lumière de cette fin de journée d’orage et alors elle avait presque oublié. Mais non, il y a des émotions qui sont trop fortes pour être remisées une fois qu’elles ont été exprimées. Celle-là mettrait un moment à se fondre dans la légereté retrouvée et même au milieu des jours qui viendraient, forcément plus gais, elle pourrait revenir par vagues inattendues. « oui, je crois que c’est une des plus grosses émotions de la vie » m’avait elle dit au moment de monter dans son lit. Cette nuit, elle ne dormira pas dans son lit mais dans celui de la chambre d’amis où elle est venue se réfugier. « tu te rends compte que mon prochain jour d’école, ce sera en sixième ? » D’ici là, nous aurons acheté les fournitures scolaires et le cartable, réfléchi à la tenue de la rentreé. Mais avant cela, il reste près de deux mois de vacances pour grandir en sécurité, quelques jours, quelques nuits pour rester toute petite, il reste deux mois pour sentir gonfler l’envie. Il reste du temps pour encore penser à cette maîtresse qui lui a dit qu’elle était prête et qu’elle pourra revenir quand elle veut pour discuter.

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jeudi 3 juillet 2014

des petits sacs et une bouteille vide

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Broder les petits sacs pour les maîtres, maîtresses et pour les dames qui s’occupent de la garderie, c’était exactement le programme qu’il ma fallait pour occuper cette étrange première journée de repos. Comme les autres années, les enfants avaient dessiné ce qu’ils souhaitaient me voir broder sur les petits sacs qui contiendraient les pots de confiture. Comme les autres années, ils avaient suivi la broderie pour vérifier sie je respecter les originaux. Il me restait quelques heures et j’avais envie de me concentrer sur ces petits points de couleurs à aligner. Fixer mon regard sur ces bouts de tissus qu’ils emmèneraient demain matin. Une aiguille à la main et une pièce de tissu dans l’autre, j’autorisais ma fatigue à s’exprimer sans la laisser me déborder. J’avais besoin de me concentrer. J’avais encore besoin de quelques heures avant de complètement lâcher prise. A chaque petit dessin brodé, je sentais s’éloigner les préoccupations qui me taraudaient encore la veille, les questions auxquelles je ne peux pas répondre, les doutes et les mauvaises pensées. La maison pouvait même se remettre de temps en temps à tanguer, j’étais là, allongée sur ce canapé, dans cette grande pièce dont la porte s’ouvrait sur le chant des oiseaux.  Je n’avais aucune idée de la couleur du ciel, de la température du dehors, je brodais et rien ne comptait d’autre que ces morceaux de toile épaisse qui se transformeraient bientôt en petits sacs  à offrir aux maîtresses. Ma course folle venait de s’arrêter et je commençais à sentir comme j’avais poussé loin ce corps obéissant. Je me rappelais cette épisode de plongée sous-marine. Le moniteur s’était trompé et m’avait donné une bouteille presque vide. D’abors, personne ne s’en était aperçu et une fois descendue au fond de l’eau, j’avais alors respiré si régulièrement que j’avais vidée la réserve sans l’ouvrir manuellement et j’étais arrivée au bout du bout, avec obligation de remonter en catastrophe et des sinus abimés pour plusieurs années. Je crois que ces dernières semaines, j’ai été à la fois le moniteur trop sûr de lui et la plongeuse trop confiante en la vie.

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mercredi 2 juillet 2014

la revanche du corps

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Et un jour le corps lâche. Il ne veut plus avancer, plus entendre, plus émettre la moindre pensée, le corps à qui je demande de me suivre sans brocher depuis des semaines a aujourd’hui décidé de me laisser tomber. Et j’ai failli tomber. C’était au milieu d’une réunion que je devais animer. Il y a d’abord eu le décor qui s’est mis  à tourner, puis le sol devenu incertain. Après, après rien. J’était sensée passer au point suivant et aucun mot n’a voulu sortir de ma bouche, aucune pensée, rien que cette idée tenace qu’il fallait rester droite sur ma chaise et tenter d’arriver au bout de cette réunion sans tomber. J’aurais dû tout arrêter, tout expliquer à ceux que j’avais invités. Peut-être un trop plein d’orgueil mal placé mais j’ai rejoins ma voiture pour rentrer à la maison. J’aurais du m’arrêter sur le bord de la route et l’appeler pour qu’il vienne me chercher mais de point de repère en point de repère, j'y suis arrivée. Oui j’aurais du m’arrêter, mais il y a toujours ce bout du chemin qu’on se fixe, cette suite d’injonctions qu’on se fait à soi-même. C’est lui qui m’a emmenée chez le médecin et qui m’a remmenée à la maison après. 18 jours d’arrêt de travail et tout d’un coup le reste de ce qui tenait encore qui se permet de lâcher.  Dans le cabinet médical, j’avais raconté ces dernières semaines, le travail qui est loin d’aller comme je voudrais, les nouvelles fonctions, les doutes, les obligations, le désir de tout mener de front et ses premiers signes que le corps m’envoyait depuis un moment et que j’avais volontairement négligés. « Vous êtes un peu déprimée aussi non ? » m’avait dit la femme médecin. Je lui avais répondu que non, pas du tout, que c’était juste une grande fatigue et puis que peut-être je m’étais un peu perdue dans cet empilement soudain. Alors j'ai voulu aussi lui dire mon désir d'écriture étouffé ces derniers temps. Elle a posé des mots bienveillants sur cet épuisement et je suis rentrée à la maison. Je n’avais plus qu’une seule envie, être avec lui, avec les enfants, oublier le reste et dormir, comme on me l’avait prescrit. Mettre de la distance entre le monde et moi avant même de réfléchir à ce qui est vraiment important pour moi au milieu de ce fracas.  M'assoir et ne plus faire que regarder la vie autour de moi.

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mardi 1 juillet 2014

quelques jours encore

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Dernier lundi, denier mardi, dernière semaine d’école primaire. Blanche veut profiter de chaque journée à l’école, de chaque heure passée  avant le grand saut. Encore deux mois et ce sera une nouvelle vie pour elle, alors elle savoure chaque jour et  ressent le besoin de nous dire qu’elle  pourra toujours  y retourner, revoir se maîtresse et parler avec elle, lui raconter la sixième. Dernier mercredii, dernier jeudi, dernière séance de piscine et dernière jour à dire « maîtresse ». Je sais moi aussi que c’est une des dernières fois les plus bouleversantes, comme un point noté sur le I de fin de l’enfance,  un plongeon qui attire et fait peur à la fois, un cocon qu’il est si difficile de quitter. Hier soir, il y a eu le petit mot encourageant laissé au bas de son bulletin, Blanche est prête et plus que prête. Elle le sait, nous aussi. Avoir peur, ça fait partie de l’histoire, ne pas avoir envie quelquefois, se laisser envahir par des moments de nostalgie, ça aussi, c’est la vie. Le dossier d’inscription est au collège  et la carte de bus arrivera cet été à la maison. Ce matin, dans la voiture, je lui ai demandé si elle voulait toujours  que je lui fasse une chemise à fleurs pour le jour de la rentrée. Ce parrainage était pour elle, pour nous, comme une cérémonie rituelle. Ça y est,elle est déjà un peu passée de l’autre côté. Oh non, pas tout à fait, il lui reste encore quelques jours pour aller poser son cartable au bout de la cour de sa petite école, pour me parler du site de l’école, des exposés qu’elle y  a rédigés, de tous ses amis qui partent vers un autre collège. Histoire de secteurs. Quelques jours pour se laisser envahir par des bouffées de nostalgie et pour rêver, encore en sécurité, à ce que sera l’an prochain. Une nouvelle vie qui donne envie et qui donne des frissons. Une nouvelle vie pour elle avec des levers au petit matin et de très longues journées. Une aventure à préparer pendant tout l’été. Bientôt, nous irons choisir son nouveau cartable, forcément un sac à dos, je lui dirai qu’elle est grande, que je suis fière, et que les jours de tempête, elle pourra toujours compter sur nous pour l’aider à retrouver la petite fille qu’elle est, le temps de souffler, le temps de quelques heures à la maison.  

et merci à Dominique la marraine pour cette si jolie photo

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